Ça faisait deux mois que j'étais ici.
Ils disaient que c'était pour mon bien. Que j'allais aller mieux.
Mais est-ce que je leur avais seulement dit que je voulais guérir ?
- Madame Jones, il est l'heure de vos médicaments.
Je relevai les yeux vers l'infirmière.
- Merci. Posez-les sur la table, s'il vous plaît.
Elle m'adressa un léger sourire avant de quitter la chambre.
J'attendis quelques secondes, le temps d'entendre ses pas s'éloigner dans le couloir.
Je pris les comprimés dans ma main.
Ils étaient censés m'aider à lutter contre la dépression.
Moi, j'avais surtout l'impression qu'ils m'enlevaient le peu d'émotions qu'il me restait.
Je me dirigeai vers la salle de bain, versai les cachets dans le lavabo, puis ouvris le robinet. L'eau les emporta en quelques secondes.
Selon le psychiatre, ma dépression était sévère.
Il répétait souvent que pour avancer, je devais passer par trois étapes.
D'abord, sortir du déni.
Ensuite, en parler.
Enfin, accepter.
Dit comme ça, ça avait l'air tellement simple.
La dernière fois qu'il avait essayé de me faire parler de ce qui s'était passé, j'avais fait une crise d'angoisse en plein milieu de la séance.
Alors non.
Ce n'était pas si simple.
Je laissai échapper un soupir.
Au fond... cet endroit n'était pas si horrible.
On finissait par s'habituer aux murs blancs, aux portes verrouillées, aux infirmiers qui passaient toutes les heures et aux regards des autres patients.
Trois coups frappèrent contre ma porte.
- C'est qui ?
- Ouvre, man ! J'ai des nouvelles !
Je souris malgré moi.
Léo.
J'ouvris la porte.
- Quoi de neuf ?
Il affichait un immense sourire.
- Il y a un nouveau... et il est carrément canon !
Je levai les yeux au ciel.
- Tu sais que les visites entre patients sont interdites. Sors de ma chambre avant qu'on se fasse attraper.
Il éclata de rire.
- T'es vraiment pas drôle.
- Je m'en fiche.
Son sourire disparut un instant.
Il me détailla du regard.
- Tes cernes sont encore plus marquées qu'hier.
Je haussai les épaules.
- Et toi, tes cicatrices sont plus nombreuses.
Le silence retomba quelques secondes.
Léo baissa instinctivement les yeux vers ses avant-bras cachés sous les manches de son uniforme.
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ActionMaria Jones n'a jamais vraiment compris ce que signifiait être heureuse. Derrière son nom, sa richesse et les apparences d'une vie parfaite se cache une jeune fille qui a passé des années à se sentir seule, incomprise et étrangère à sa propre famill...
