Prologue

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Prologue

ANDREÏ

Natasha était à genoux devant mon bureau. Elle ne tremblait pas encore, et elle savait qu'il ne le fallait pas.

— Je suis enceinte, a-t-elle dit. De toi, depuis quatre mois. Si tu ne nous reconnais pas, l’enfant et moi, j’irai voir les Koltsov. Tu sais ce que vaut un héritier de Markov sur le marché.

Je n’ai pas répondu tout de suite. Quatre mois. Trop tard pour forcer un avortement et trop tôt pour nier. Elle avait bien choisi son moment.

— Bien, ai-je dit. On verra à la naissance.

Elle croyait avoir gagné. Elle ignorait que j’avais déjà un coup d’avance.

À six mois de grossesse, mon médecin de confiance m'a confirmé ce que je soupçonnais : l’enfant n’était pas de moi. Je n'ai rien dit. J'ai laissé Natasha croire que son plan fonctionnait.

J'ai laissé les Koltsov s'imaginer que j’avais une seconde ligne de succession vulnérable. J'ai laissé l’enfant naître. Un pion sans père reconnu vaut mieux qu’aucun pion, surtout lorsqu'on peut le façonner soi-même.

La nuit de l’accouchement, l’appartement empestait le sang et le mensonge. Elle hurlait cette gamine, petite et toute rouge. Dès que je l'ai prise contre moi, elle s'est tue.

Natasha me regardait, épuisée mais triomphante :

— Tu vas la reconnaître, nous officialiser.

J'ai posé l’enfant dans le berceau avant de me retourner vers elle.

— Je garde l’enfant.

Elle a souri, soulagée.

— Bien, alors—

— Mais toi, tu n’es plus d’aucune utilité. Je sais que cet enfant n’est pas le mien. Le test a été fait à six mois. Tu pensais vraiment que je ne vérifierais pas ?

Le sang de Natasha s'est glacé dans ses veines.
— Andrei, je t’en supplie... garde-la. C’est juste une gamine. Elle n’a rien fait !

— Évidemment que je vais la garder, ai-je répondu d'un ton plus serein. C’est pour elle que j’ai accepté de passer pour un abruti pendant six mois. Mais toi... tu n’as jamais été qu'une pute qui a cru pouvoir manipuler un Markov. Tu connaissais pourtant les conséquences d'un tel mensonge.

Je n’ai pas eu besoin de lever la voix. Mes hommes se sont chargés d'elle.

Quand je suis ressorti, l’appartement était vide. L’enfant reposait dans mes bras. Silencieuse et utile, je l'ai nommée Irina. Elle ne porterait pas le nom de sa mère. Elle porterait le mien...

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Rien n’était jamais laissé au hasard chez les Petrovsky-Markov.

La petite Irina avait un destin bien tracé, dessiné à l'encre rouge par les ambitions du vieux Pakhan. Mais Andrei n'avait pas anticipé une chose : la venue de cette enfant au domaine allait déclencher une guerre froide, immédiate et viscérale.

L'affrontement a débuté lorsqu'elle avait neuf ans et lui quatorze. Alexei, l'héritier légitime, n'avait vu en cette intruse qu'un parasite à éliminer pour purger le sang des Markov.

Treize ans plus tard, Irina garde les séquelles de cette haine ancrées dans sa chair. Une décennie à vivre dans l'ombre de la violence de son frère, jusqu'à ce que l'exil soudain de ce dernier lui offre enfin un sursis.

Aujourd'hui, le répit est mort.

Alexei passe la porte du manoire de son père. Il n'est plus l'adolescent furieux qu'on a envoyé à l'autre bout du monde. Il est immense, forgé par la violence des cartels, le regard sculpté dans l'acier. On l'appelle désormais Volk : Le Loup.

Lorsqu'il pose ses yeux noirs sur Irina, la pièce se vide d'air. Ils s'observent comme deux prédateurs prêts à s'égorger, persuadés que la guerre pour la succession de la Bratva vient de sonner. Ils pensent tous les deux qu'ils vont se disputer un trône de sang.

La partie commence, et le loup a faim.





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À SUIVRE...

Née Pour Etre Mienne Stories to obsess over. Discover now