Signal fantôme

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Paris. 02h17.

Je déteste cette heure.

C'est toujours à ce moment-là que les choses qu'on ne devrait jamais voir apparaissent.

Mon écran est noir. Silencieux. Normal.

Et pourtant... j'ai ce pressentiment.

Comme si quelque chose m'observait à travers le système.

Je reste immobile quelques secondes avant de taper mon code.

Une fois.

Deux fois.

Trois couches de sécurité.

Rien ne devrait passer.

Et pourtant...

💻 BIP.

Un signal s'ouvre.

Je fronce les sourcils.

C'est impossible.

Une ligne s'affiche.

CODE BERLIN ACTIVÉ

Mon cœur rate un battement.

Je relis.

Encore.

Non... ce nom ne devrait plus exister.

Berlin est mort.

C'est ce qu'on est censé croire.

Mes doigts tremblent légèrement, mais je les force à rester calmes. Je déverrouille un dossier caché, enterré sous des couches de fichiers que même moi j'oublie parfois avoir créés.

Un seul nom apparaît.

LADYÏ PROTOCOL.

Je murmure sans m'en rendre compte :

— "Donc c'était réel..."

Je me lève.

Je ne suis plus une étudiante.

Pas à cet instant.

03h04 — Parking souterrain

L'air est froid.

Trop silencieux.

Mira est déjà là, adossée à la voiture, comme si elle m'attendait depuis toujours.

Elle me regarde et comprend directement.

— "T'as ce regard-là... c'est grave."

Je ne réponds pas tout de suite.

Parce que si je le dis à voix haute, ça devient réel.

— "Berlin est de retour."

Elle se redresse.

— "C'est une blague ?"

Je la fixe.

— "J'aurais aimé."

Un silence tombe entre nous.

Et pour la première fois... je sens un doute chez elle.

04h11 — Le groupe

Ils arrivent un par un.

Onizuka casse le silence en premier :

— "On est encore dans une histoire illégale ou vous avez juste décidé de ruiner ma nuit ?"

Je ne souris pas.

Uranus regarde déjà tout, analyse tout, comme s'il cherchait une faille dans l'air lui-même.

Bené ne parle pas.

Mexico, lui, comprend trop vite.

— "Si DA nous a réunis... c'est que c'est déjà trop tard."

Lala me fixe un peu trop longtemps.

Comme si elle essayait de lire quelque chose en moi.

Et Athéna...

Athéna, elle, ne cligne presque pas des yeux.

Comme si elle savait déjà.

Je pose une clé USB sur la table.

Le bruit résonne.

— "Ce n'est pas un braquage classique."

Je les regarde tous.

Un par un.

— "C'est un système."

Je marque une pause.

— "Et quelqu'un vient de l'activer."

Uranus fronce les sourcils.

— "Qui ?"

Je respire lentement.

Puis je lâche :

— "Berlin."

04h20 — Ce que personne ne dit

Il y a un moment de silence.

Mais pas le silence normal.

Le silence où tout le monde pense la même chose mais n'ose pas le dire.

Et puis...

Lala parle doucement :

— "Et si ce n'était pas Berlin... mais quelqu'un qui joue avec nous ?"

Je la regarde.

Un peu trop longtemps.

Parce que cette question... je me la pose déjà.

Onizuka croise les bras.

— "Et on est censés faire quoi ? Suivre un fantôme ?"

Je réponds sans hésiter :

— "Non."

Je marque une pause.

— "On va suivre le plan."

Même si au fond de moi... je sens déjà que ce plan ne m'appartient plus.

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