PROLOGUE

38 7 0
                                        


— Écartez-vous ! cria une voix au loin.

Un groupe de secouristes fendait la foule en courant. Les passants se poussaient dans la précipitation tandis que certains tentaient encore d'apercevoir ce qui se passait au centre de la rue.

— Laissez-nous passer !

— Vite, bougez !

Autour d'eux, c'était le chaos.

Une femme pleurait en appelant quelqu'un au téléphone d'une voix tremblante. Un homme tenait sa tête entre ses mains, incapable de détourner le regard. Plus loin, plusieurs personnes filmaient la scène avec leur téléphone malgré les policiers qui tentaient de les repousser.

Les sirènes des ambulances hurlaient dans la nuit. Leurs gyrophares projetaient des éclairs bleus et rouges sur les façades des immeubles, donnant à la rue des allures irréelles.

Partout, c'était le chaos.

L'air était lourd.

Une odeur de fumée flottait encore dans la rue.

Mélangée à celle du sang.

Au centre de la chaussée, les secouristes s'affairaient autour d'un adolescent allongé sur l'asphalte.

Son visage était pâle.

Beaucoup trop pâle.

Couvert de sang, de bleus, de coups et de déchirures.

— Pas de pouls !

— Continuez les compressions !

— Préparez une autre dose !

Les gestes s'enchaînaient sans interruption.

Un secouriste appuyait de tout son poids sur la poitrine du garçon tandis qu'un autre préparait du matériel médical.

Autour d'eux, le temps semblait suspendu.

Personne ne parlait.

Personne n'osait s'approcher davantage.

Quelques mètres plus loin, adossé contre un mur fissuré, un autre adolescent observait la scène.

Ou du moins, ses yeux étaient tournés dans cette direction.

Son regard était vide.

Comme absent.

Comme si son esprit refusait encore d'accepter ce qui venait de se produire.

Un ambulancier s'approcha de lui et s'accroupit à sa hauteur.

— Hé, tu m'entends ?

Aucune réponse.

— Regarde-moi.

Toujours rien.

L'homme posa une compresse contre sa tempe avant d'y appliquer une poche de froid.

La douleur fut immédiate.

Le garçon sursauta brusquement.

Sa main monta instinctivement jusqu'à sa blessure.

Ses doigts rencontrèrent quelque chose de chaud.

De collant.

Il les regarda.

Du sang.

Sa main en était recouverte.

Pendant quelques secondes, il resta immobile.

Autour de lui, les bruits semblaient s'éloigner.

Les sirènes devinrent étouffées.

Les voix confuses.

Comme s'il était sous l'eau.

Puis certains sons émergèrent peu à peu.

— Steve !

— STEVEN !

— Quelqu'un a vu Steven ?

Une autre voix cria :

— King !

— Où est King ?!

Le garçon cligna des yeux.

Sa respiration se fit plus rapide.

Son cœur frappait contre sa poitrine avec une violence insupportable.

Il releva lentement la tête.

Les ambulances.

Les policiers.

Les visages terrifiés.

L'ambulancier.

Les traces de sang sur la route.

Puis le garçon allongé au sol.

Des images lui revinrent soudain.

Un éclat de lumière.

Du verre qui vole.

Un cri.

Puis un choc terrible.

Il fixa de nouveau le corps étendu au milieu de la rue.

Une peur glaciale lui serra la gorge.

Sa bouche s'ouvrit.

— C'est...

Sa voix se brisa.

Les mots refusèrent de sortir.

Il avala difficilement sa salive.

Puis murmura :

— C'est quoi ce bordel... ?

Niveau 1Cerita yang bikin terobses. Temukan sekarang