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Chapitre 1

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Je me réveille encore ce matin, avec le même manque d'énergie, le même manque de motivation que les autres matins. Sauf que cette fois, je ne dois pas traîner. Je n'arrive pas à me lever. Et puis, qu'est-ce que ça changera si je ne me lève plus? Je voudrais encore dormir. Malheureusement, faut bien se lever, et puis ça ne sert à rien de rester couché pour rester qu'avec mes pensées. Je reste encore un peu dans mon lit, malgré le retard que j'ai déjà, mais c'est la rentrée, je trouverais bien une excuse bidon à sortir.

Je me lève 15 minutes avant de partir, c'est assez finalement. Je vérifie d'avoir ma trousse et des feuilles, et c'est parti pour une journée encore trop loin de mon lit. Le soleil me fait réaliser que cela fait bien trop longtemps que je suis chez moi, ça fait une semaine que je suis un zombie errant dans mon appart. J'aurais voulu prendre le bus, mais je voudrais éviter le moindre contact avec l'espèce humaine juste le temps de me réveiller. Je fais alors le trajet à pied, passant par les petits chemins et les parcs souvent déserts.

La musique dans les oreilles, tout y passe: PNL, Nirvana, Damien Saez, So La Lune... Femtogo/Baby hayabusa... c'est souvent lui qui me libère de la vie quand je l'écoute, malgré que ce soit lui qui s'en rapproche le plus, ça fait du bien. Autant de mal que de bien.

Le chemin se fait dans le calme, je ne sais pas où se trouve mon lycée, alors le chemin est beau à découvrir, enfin du moins quand je ne croise personne. Je me pose quelques minutes près d'un genre d'étang, certains moments sont plus durs à oublier que d'autres. Mais quel moment dans ma vie a été facile à oublier?

L'eau m'angoisse autant qu'elle m'attire, je veux m'y plonger dedans, l'espace d'un instant. Je sens quelqu'un passer derrière moi, je me retourne brusquement. Un passant. Je me pose contre la rambarde, dos à l'étang. Un passant.

Je regagne le chemin malgré moi.

J'arrive devant ces bâtiments aussi vieux que mal entretenus, ils sont tout blanc/gris avec des tâches dans les coins beaucoup plus foncées, on dirait que ça s'est fait avec le temps. Le portail est ouvert et il y a encore du monde qui rentre, je ne suis pas totalement en retard, ça va. Les portes d'entrée sont grandes ouvertes, comme pour nous attirer. Malheureusement, moi, je voudrais partir encore plus loin.

Les murs à l'intérieur sont d'un bleu pâle abîmé, la seule chose neuve que je remarque, ce sont les bancs; ils ne sont pas très beaux pour autant, mais quand même en bon état. Les escaliers sont tout ce qu'il y a de plus banal.

Les gens poussent à moitié pour passer, je me demande ce qui leur donne autant envie de venir. L'odeur des gens et la sensation d'étouffer commencent à monter. Et on est que le premier jour, encore 10 mois comme ça. Jusqu'à l'année d'après.

Les couloirs ont l'air tout aussi froids et pâles que le reste. Je ne préfère pas imaginer les salles. Les gens continuent de passer tout en parlant comme s'ils étaient seuls ici. Ils se racontent leurs vacances, leurs boulots de cet été, leurs rencontres... Ça fait parasite dans mes oreilles.

Quand je me suis dirigée dans le couloir, je l'ai directement aperçue. Les souvenirs sont remontés comme des bulles d'air dans l'eau, remontant à la surface. L'impression de me noyer.

Cela remonte à il y a un peu plus de deux ans, mais les images en tête sont restées intactes. Elle rentre dans la salle, je finis par sortir la tête de l'eau et réalise ce qu'il va arriver pendant un an, ma noyade intérieure prend fin.

Je vais à mon tour dans la salle, je balaie la pièce du regard. Elle est au troisième rang, côté mur. Ça rappelle des souvenirs. Elle ne m'a pas vu, trop occupée à parler. Je me dirige vers le fond de la salle, côté fenêtre.

Lina, une amie que j'ai rencontrée au lycée, s'installe à côté de moi:

- On se retrouve encore! Comme quoi les choses sont bien faites!  S'exclame-t-elle en posant son sac sur la table à côté de la mienne.

Sous la surfaceStories to obsess over. Discover now