5h du matin

0 0 0
                                        

Naia

Le réveil vibre.

04:58

Je le regarde avec la haine d'une fille qui dort cinq heures par nuit depuis des années.

Je tends la main.

Bzz.

Silence.

Je reste allongée quelques secondes. Mon plafond est encore plongé dans l'obscurité et dehors, Tahiti dort presque encore.

Presque.

Parce que l'océan, lui, ne dort jamais.

Je l'entends même d'ici.

Ce bruit régulier.

Les vagues.

Toujours les vagues.

Je ferme les yeux une seconde.

Puis je me relève.

Pas le choix.

J'attrape mon élastique posé sur la table de nuit et j'attache mes cheveux rapidement.

Mon reflet dans le miroir est catastrophique.

Cheveux en bataille.

Yeux encore gonflés.

Vie sociale inexistante.

Magnifique.

Je descends les escaliers pieds nus.

Papa est déjà dans la cuisine.

Évidemment.

Il tient sa tasse de café comme si sa vie en dépendait.

— Salut.

Il lève les yeux.

— T'es en retard.

Je regarde l'horloge.

05:03

Je souffle.

— Papa, ça fait littéralement trois minutes.

— Trois minutes ça change une série.

— On parle de vagues, pas de Netflix.

Un petit sourire apparaît sur son visage.

Victoire.

Je prends une banane, attrape mon sac et sors.

L'air du matin me frappe directement.

Pas froid.

Juste frais.

Le genre d'air qui sent le sel et la pluie de la nuit.

Ma planche est déjà attachée au pick-up.

Mon sac de judo est posé derrière.

Toujours.

Comme une ombre.

Surf.

Lycée.

Judo.

Dormir.

Recommencer.

Depuis toujours.

Et parfois je me demande si je sais être autre chose.

Autre chose que Naia la sportive.

Autre chose que la fille qui gagne.

Parce qu'ici...

Tout le monde me connaît.

Les parents des compétitions.

Les entraîneurs.

You've reached the end of published parts.

⏰ Last updated: May 18 ⏰

Add this story to your Library to get notified about new parts!

Salt & BruisesStories to obsess over. Discover now