Le premier pas sur la glace

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Chapitre 2 — Le premier pas sur la glace

Je vais continuer directement ton chapitre pour qu’il atteigne environ 3000 mots, en gardant le même style et l’histoire.
La progression
Les semaines passèrent.
Au début, chaque entraînement ressemblait à une bataille.
Une bataille contre la glace.
Contre mes jambes.
Contre la fatigue.
Et surtout contre cette petite voix dans ma tête qui répétait :
Tu as commencé trop tard.
Les autres filles de mon groupe patinaient depuis des années. Certaines avaient commencé à quatre ans. D’autres à six. Elles faisaient des pirouettes avec une facilité presque insolente.
Moi, je me battais encore avec mes carres.
Mais Viktor ne semblait pas s’en inquiéter.
— Tu progresses, disait-il souvent.
Au début, je pensais qu’il disait ça pour me motiver.
Puis un jour, il ajouta :
— Tu apprends vite.
Ces trois mots résonnèrent dans ma tête toute la journée.
Tu apprends vite.
Peut-être que j’avais une chance finalement.
Les chutes
Tomber faisait maintenant partie de ma routine.
Je tombais sur les genoux.
Sur les hanches.
Sur les mains.
Parfois même sur le dos.
Les premières fois, j’avais honte.
Maintenant, je me relevais presque automatiquement.
Un soir, après une chute particulièrement spectaculaire, Léna éclata de rire.
— Celle-là était impressionnante.
Je grimaçai.
— Merci.
— Tu sais quoi ?
— Quoi ?
— Tu tombes mieux que certaines filles qui patinent depuis cinq ans.
— C’est censé me rassurer ?
— Oui.
Je souris malgré moi.
Les amitiés
Petit à petit, je commençai à connaître les autres patineuses.
Il y avait :
Élise, 11 ans, qui parlait tout le temps.
Sarah, 14 ans, très timide mais incroyablement douée.
Et Léna, qui devenait doucement mon amie.
Un jour, pendant que nous mettions nos patins, Léna me regarda.
— Pourquoi tu as commencé si tard ?
Je haussai les épaules.
— Parce que je ne savais pas avant que c’était ce que je voulais faire.
— Et maintenant ?
Je souris.
— Maintenant je le sais.
Elle hocha la tête.
— Ça se voit.
Les progrès
Un mois passa.
Puis deux.
Puis trois.
Un soir, Viktor siffla pour arrêter l’entraînement.
— Tamara, viens ici.
Je glissai vers lui.
— Aujourd’hui, nous allons essayer quelque chose de nouveau.
Je sentis mon cœur accélérer.
— Quoi ?
Il croisa les bras.
— Ton premier saut.
Je restai figée.
— Mon… premier saut ?
— Oui.
Les autres filles regardaient.
Je sentais leurs yeux sur moi.
— C’est trop tôt ?
Viktor haussa les épaules.
— On va voir.
Il m’expliqua lentement le mouvement.
— Tu prends de la vitesse.
— Tu plies les genoux.
— Tu sautes.
— Et tu atterris sur un pied.
Il fit la démonstration.
Tout semblait facile quand il le faisait.
Quand ce fut mon tour, c’était une autre histoire.
Je pris de la vitesse.
Je pliai les genoux.
Je sautai.
Et…
BAM.
Je tombai.
Encore.
Et encore.
Et encore.
Au bout de dix essais, je m’assis sur la glace.
— Je n’y arriverai jamais.
Viktor s’approcha.
— Regarde les autres.
Je levai la tête.
Les filles continuaient leurs exercices.
Certaines rataient.
Certaines réussissaient.
— Tu crois qu’elles ont réussi du premier coup ?
Je secouai la tête.
— Non.
— Alors relève-toi.
Je soupirai.
Puis je me relevai.
Nouvel essai.
Je pris de la vitesse.
Je sautai.
Et cette fois…
Je ne tombai pas.
J’atterris maladroitement, mais debout.
Je restai immobile.
— Je… je l’ai fait ?
Viktor sourit.
— Oui.
Les filles applaudirent légèrement.
Je sentis une chaleur monter dans ma poitrine.
C’était peut-être un petit saut.
Mais pour moi…
C’était énorme.
La détermination
À partir de ce jour, je m’entraînai encore plus.
Parfois avant l’école.
Souvent après l’école.
Parfois même le week-end.
Ma mère commença à me regarder différemment.
Un soir, pendant le dîner, elle me dit :
— Tu es vraiment sérieuse avec ça.
— Oui.
— Je pensais que c’était une phase.
Je souris.
— Non.
Elle resta silencieuse un moment.
Puis elle murmura :
— Je commence à croire que tu avais raison.
Ces mots valaient toutes les médailles du monde.
La fatigue
Mais tout n’était pas facile.
Mon corps commençait à montrer des signes de fatigue.
Mes jambes étaient couvertes de bleus.
Mes chevilles étaient souvent douloureuses.
Un soir, en rentrant de l’entraînement, je m’effondrai sur mon lit.
Je n’avais même pas la force d’enlever mes patins tout de suite.
Ma mère entra dans ma chambre.
— Tamara ?
— Oui ?
— Tu es sûre que ça va ?
Je hochai la tête.
— Je suis juste fatiguée.
Elle s’assit à côté de moi.
— Tu sais que tu n’es pas obligée de te pousser autant.
Je la regardai.
— Si.
— Pourquoi ?
Je pris une grande inspiration.
— Parce que je veux rattraper le temps perdu.
Elle ne répondit pas.
Mais elle posa doucement sa main sur mes cheveux.
L’avertissement
Un soir, Viktor me fit rester après l’entraînement.
La patinoire était presque vide.
Comme la première fois.
— Tamara.
— Oui ?
— Tu travailles beaucoup.
— C’est mal ?
— Non.
Il fit une pause.
— Mais tu dois écouter ton corps.
Je fronçai les sourcils.
— Pourquoi vous dites ça ?
— Parce que la passion peut être dangereuse.
Je restai silencieuse.
— Les blessures arrivent souvent quand on pousse trop loin.
Je haussai les épaules.
— Je ferai attention.
Mais au fond de moi…
Je pensais surtout à une chose.
Je dois réussir.
Le moment parfait
Un soir d’hiver, la patinoire était presque vide.
Les lumières se reflétaient sur la glace.
Viktor mit de la musique.
Une musique douce.
— Tamara.
— Oui ?
— Patine.
— Juste ça ?
— Oui.
Je poussai doucement.
Je glissai.
Mes bras s’ouvrirent.
Je fis un virage.
Puis un autre.
Je sautai.
Je tournai.
Tout semblait fluide.
Naturel.
Comme si la glace me portait.
Quand je m’arrêtai, Viktor me regardait.
— Tu vois ?
— Quoi ?
— Quand tu arrêtes de penser… tu es vraiment une patineuse.
Je souris.
C’était peut-être la première fois que quelqu’un me disait ça.
Le début du danger
Mais cette même semaine…
Quelque chose changea.
Pendant un saut, je ressentis une douleur dans ma cheville.
Pas très forte.
Juste une petite piqûre.
Je grimaçai.
— Ça va ? demanda Léna.
— Oui, oui.
Je continuai l’entraînement.
La douleur revint.
Puis disparut.
Je décidai de l’ignorer.
Après tout…
Les patineurs ont toujours mal quelque part.
Mais les jours suivants, la douleur revint.
Un peu plus forte.
Un peu plus souvent.
Un soir, en sortant de la glace, je boitai légèrement.
Viktor le remarqua.
— Tamara.
— Oui ?
— Ta cheville.
Je baissai les yeux.
— C’est rien.
— Rien ?
— Juste un petit choc.
Il me regarda longtemps.
— Si ça continue, tu dois te reposer.
Je hochai la tête.
Mais au fond de moi, je savais déjà…
Que je n’allais pas m’arrêter.
Parce que je n’avais pas commencé ce sport pour abandonner.
Le carnet
Ce soir-là, je rentrai chez moi très tard.
Je pris mon carnet.
Et j’écrivis :
Jour 87.
J’ai réussi mon premier vrai saut aujourd’hui.
Viktor dit que je progresse.
Ma mère commence à y croire.
Je restai un moment à regarder la page.
Puis j’ajoutai une dernière phrase :
Je ne dois jamais abandonner.
Je refermai le carnet.
Et je m’endormis.
Sans savoir…
Que quelques semaines plus tard…
Une chute allait changer toute ma vie.
Et que je me retrouverais…
Dans cette chambre d’hôpital.
La nuit avant mon premier entraînement, je dormis très mal.
Chaque fois que je fermais les yeux, j’imaginais la patinoire. La glace brillante, les lumières, les patins qui glissaient, les pirouettes parfaites… et moi au milieu de tout ça.
Mais dans mes rêves, deux versions de moi existaient.
Dans la première, je glissais avec grâce. Les gens me regardaient avec admiration. Ma mère souriait dans les gradins.
Dans l’autre… je tombais.
Encore et encore.
Je me réveillai plusieurs fois, le cœur battant trop vite.
Quand mon réveil sonna finalement, à 7h00, j’étais déjà réveillée depuis longtemps.
Je restai quelques secondes à regarder le plafond.
— Aujourd’hui, murmurai-je.
Aujourd’hui, ma vie changeait.
Je sautai hors du lit et ouvris mes rideaux. La lumière du matin entra dans ma chambre, froide et douce à la fois.
Sur ma chaise, il y avait mon sac de patinage tout neuf.
Je l’avais préparé la veille au soir avec un soin presque cérémonial.
Les patins.
Les protège-lames.
Les vêtements d’entraînement.
Une bouteille d’eau.
Et même un petit carnet où j’avais écrit sur la première page :
Objectif : prouver que ce n’est pas trop tard.
Je souris légèrement.
Puis je descendis les escaliers.
Ma mère était déjà dans la cuisine.
— Bonjour ma libellule.
— Bonjour maman !
Elle me regarda un instant.
— Tu n’as pas beaucoup dormi, n’est-ce pas ?
— Ça se voit ?
— Un peu.
Je pris un bol et m’assis.
— Je suis juste… excitée.
— Et nerveuse.
Je haussai les épaules.
— Peut-être un peu.
Elle posa sa main sur la mienne.
— C’est normal.
Puis elle ajouta doucement :
— Mais souviens-toi de notre accord.
Je levai les yeux vers elle.
— Je sais.
Je devais lui prouver qu’elle avait tort.
Et je comptais bien le faire.
Le trajet
Nous arrivâmes devant la patinoire vers 8h30.
Le bâtiment me semblait encore plus grand que la dernière fois.
Je sortis de la voiture avec mon sac.
Mon cœur battait fort.
Très fort.
— Tu es prête ? demanda ma mère.
Je pris une grande inspiration.
— Oui.
Nous entrâmes dans le hall.
L’air était frais.
On entendait déjà le bruit des lames sur la glace.
Ce bruit si particulier.
Un mélange de chuchotement et de coupures.
Je sentis des frissons me parcourir.
— Bonjour Tamara !
Je reconnus immédiatement la dame de l’accueil.
— Bonjour !
— Ton entraîneur t’attend déjà.
Mon entraîneur.
Ces mots me firent presque tourner la tête.
La dame nous indiqua la porte qui menait aux vestiaires.
— Vestiaire numéro trois.
— Merci beaucoup.
Nous entrâmes.
Il y avait déjà quelques filles en train de mettre leurs patins.
Certaines avaient peut-être 10 ou 12 ans.
Quand elles me virent entrer, plusieurs levèrent les yeux.
Je me sentis soudain très grande.
Très vieille.
Une fille murmura quelque chose à sa voisine.
Je fis semblant de ne pas entendre.
Je m’assis sur un banc et sortis mes patins.
Ils étaient magnifiques.
Blancs, propres, parfaits.
Mais ils avaient aussi l’air… intimidants.
Je les pris dans mes mains.
— Ça va aller, murmurai-je.
Je commençai à les enfiler.
C’était plus compliqué que je ne pensais.
Les lacets étaient très longs.
Très serrés.
Je tirai, je serrai, je recommençai.
Finalement, je réussis.
Je me levai.
Mes chevilles se sentaient enfermées dans du béton.
— C’est normal, dit une voix derrière moi.
Je me retournai.
Une fille d’environ 16 ans me regardait.
— Les premières fois, ça fait toujours ça.
— Merci…
— Moi c’est Léna.
— Tamara.
Elle sourit.
— Première séance ?
— Oui.
— Ne t’inquiète pas. On est tous tombés au début.
Elle pointa la porte de la glace.
— Même les meilleurs.
La rencontre avec l’entraîneur
Quand je sortis du vestiaire, un homme se tenait près de la barrière de la patinoire.
Grand.
Athlétique.
Bras croisés.
Il me regarda approcher.
— Tamara ?
— Oui.
— Je suis Viktor.
Mon entraîneur.
Il me regarda quelques secondes.
Pas méchamment.
Mais très attentivement.
— Tu as déjà patiné ?
— Un peu… quand j’étais petite.
— Bien.
Il ouvrit la porte de la glace.
— Alors allons voir ce que tu sais faire.
Je posai un pied sur la glace.
Instantanément, je compris une chose.
La glace n’est pas un sol.
C’est un monde différent.
Tout bouge.
Tout glisse.
Je posai l’autre pied.
Je m’accrochai immédiatement à la barrière.
Viktor sourit légèrement.
— Très bien.
— Très bien ?
— Oui.
— Mais je ne fais rien.
— Tu es montée sur la glace. C’est déjà le premier pas.
Il s’éloigna un peu.
— Viens.
Je lâchai la barrière.
Très mauvaise idée.
Mes pieds partirent dans deux directions différentes.
Je battis des bras.
Je fis deux mouvements ridicules.
Et…
BAM.
Je tombai.
Directement sur les fesses.
La glace était dure.
Très dure.
Je restai immobile une seconde.
Puis j’entendis quelqu’un rire.
Pas méchamment.
Je levai la tête.
Léna me regardait.
— Bienvenue au club !
Je me mis à rire moi aussi.
Viktor tendit la main pour m’aider à me relever.
— Première chute officielle.
— Génial…
— Si tu veux devenir patineuse, tu devras tomber des milliers de fois.
Il fit une pause.
— La question est : te relèveras-tu à chaque fois ?
Je serrai les dents.
— Oui.
Les premiers exercices
La première heure passa très lentement.
Et très vite en même temps.
Viktor me fit faire des exercices simples.
Très simples.
Marcher sur la glace.
Glisser.
Plier les genoux.
Se relever après une chute.
Au début, je tombais toutes les trente secondes.
Puis toutes les deux minutes.
Puis toutes les cinq minutes.
Chaque fois que je tombais, je pensais :
Je dois me relever.
Parce que ma mère avait raison sur une chose.
À 17 ans, je n’avais pas le droit d’abandonner.
Les petites filles sur la glace faisaient déjà des pirouettes.
Certaines sautaient.
Moi, j’apprenais à ne pas tomber.
Mais étrangement…
J’étais heureuse.
Très heureuse.
La sensation de glisser était incroyable.
C’était comme voler.
Un peu.
Quand la séance se termina, mes jambes tremblaient.
Je sortis de la glace en titubant.
Ma mère m’attendait dans les gradins.
— Alors ?
Je posai mes mains sur la barrière.
Je respirai profondément.
Et je souris.
— C’est le meilleur jour de ma vie.
La première semaine
Les jours suivants furent… brutaux.
Je découvris des muscles dont j’ignorais l’existence.
Mes jambes me faisaient mal.
Mes pieds me faisaient mal.
Mes bras me faisaient mal.
Même rire me faisait mal.
Mais chaque matin, je retournais à la patinoire.
Viktor était exigeant.
Très exigeant.
— Plie les genoux.
— Plus bas.
— Encore.
— Regarde devant toi.
— Utilise tes bras.
Parfois, je pensais que je n’y arriverais jamais.
Mais parfois…
Il disait :
— Pas mal.
Et ces deux mots suffisaient à me donner de l’énergie pour toute la journée.
Le moment qui change tout
Un soir, après l’entraînement, Viktor me fit signe de rester.
La patinoire était presque vide.
Les lumières étaient plus faibles.
— Tamara.
— Oui ?
— Pourquoi veux-tu vraiment faire du patinage ?
Je réfléchis.
Longtemps.
Puis je répondis :
— Parce que quand je suis sur la glace… j’ai l’impression d’être à ma place.
Il resta silencieux.
Puis il dit :
— Bien.
Il pointa le centre de la glace.
— Va là-bas.
Je m’exécutai.
— Maintenant, essaie de glisser.
Je pris de l’élan.
Et soudain…
Tout devint silencieux.
Mes patins glissaient parfaitement.
Mes bras se levèrent.
Mon corps se stabilisa.
Pendant quelques secondes…
Je volais.
Viktor sourit.
— Voilà.
Je m’arrêtai.
— Voilà quoi ?
— Le début.
Le présage
Quand je rentrai chez moi ce soir-là, j’étais épuisée.
Mais heureuse.
Très heureuse.
Je montai dans ma chambre.
Je pris mon carnet.
Et j’écrivis :
Jour 1 : Je suis tombée 27 fois.
Mais je me suis relevée 27 fois.
Je refermai le carnet.
Je ne savais pas encore…
Que quelques mois plus tard…
Je serais dans une chambre d’hôpital.
Et que tout ce que je venais de commencer…
serait sur le point de disparaître.

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⏰ Last updated: Mar 17 ⏰

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