Le soleil se levait lentement sur les collines de Busan, enveloppant le campus d'une lumière dorée. L'Université Privée de Busan pour Élites scintillait comme un joyau, avec ses façades de marbre blanc, ses jardins zen parfaitement taillés, et ses fontaines sculptées qui murmuraient le luxe à chaque goutte.
Devant le portail principal, une berline noire s'immobilisa. Des élèves en descendirent, silhouettes impeccables, uniformes taillés sur mesure, sacs griffés à l'épaule, lunettes de soleil dernier cri. Ils se saluaient avec des sourires polis, des regards mesurés. Ici, tout était apparence. Tout était rang.
Mais ce matin-là, une silhouette brisa l'harmonie.
Yuna descendit seule d'un bus public. Ses baskets usées crissaient sur le gravier, son sweat trop grand flottait autour d'elle, et son sac à dos élimé semblait porter le poids de bien plus que des cahiers. Elle serrait contre elle son dossier d'admission, comme un talisman. Devant elle, les lettres dorées de l'université brillaient comme un défi.
"Tu n'es pas là pour te faire aimer. Tu es là pour apprendre. Et pour rester invisible." Elle inspira profondément, puis franchit le portail.
Yuna n'était pas une élève comme les autres. Sous son allure discrète se cachait une force. Elle n'avait jamais rêvé de gloire, seulement de liberté.
Officiellement, elle avait été admise pour ses résultats scolaires. Officieusement, c'était sa bourse qui lui avait ouvert les portes. Mais ça, elle préférait le faire taire. Moins on la regardait, mieux elle respirait.
Pendant ce temps, dans le hall principal, No-ah traversait les couloirs comme un prince dans son palais. Héritier du groupe Kang, costume noir impeccable, montre en or, regard distant. Il ne parlait qu'à ceux qu'il jugeait dignes. Les nouveaux ? Il les ignorait. Les boursiers ? Il les méprisait.
— Encore une boursière ? lança-t-il à son ami Minjae. Ils devraient leur construire un bâtiment à part. Ça gâche la vue.
— Tu dis ça à chaque rentrée, répondit Minjae, amusé. Et pourtant, tu finis toujours par t'y intéresser.
— Je m'intéresse à ce qui mérite mon attention. Pas à ce qui s'accroche à une bourse comme à une bouée.
Dans la salle d'orientation, Yuna s'installa au fond, carnet en main, indifférente aux chuchotements. No-ah entra à son tour, entouré de ses fidèles. Leurs regards se croisèrent. Elle ne détourna pas les yeux. Lui, fronça les sourcils.
— Elle me fixe ? murmura-t-il.
— Ou peut-être qu'elle regarde à travers toi, répondit Minjae. C'est nouveau, hein ?
Intrigué, No-ah s'approcha.
— Tu sais que fixer les gens, c'est impoli ?
— Tu sais que parler sans qu'on t'adresse la parole, c'est aussi impoli ?
Un silence. Quelques rires étouffés. No-ah la dévisagea. Elle ne rougit pas. Ne s'excusa pas. Elle retourna à son carnet.
— Intéressant, souffla-t-il.
L'après-midi, Yuna poussa la porte du gymnase. Le coach, un homme au regard sévère, l'attendait.
— Tu es la boursière ?
— Oui. Han Yuna.
— On ne donne pas de place ici. Il faut la mériter.
Sur le terrain, les regards étaient lourds. Parmi les joueuses, une silhouette se détachait : Jisoo, capitaine de l'équipe, élégante, puissante... et ex de No-ah. Elle croisa les bras, jaugeant Yuna.
— Tu sais que ce n'est pas un club de récréation ?
— Je suis venue pour jouer. Pas pour plaire.
— Alors joue. Et essaie de ne pas nous ralentir.
Yuna attrapa le ballon de handball. Elle courut. Elle tira. Le ballon fila droit dans la lucarne. Silence.
— Tu joues comme si ta vie en dépendait, dit le coach, impressionné.
— C'est le cas.
Jisoo serra les dents. Elle venait de comprendre : sa place de reine n'était plus assurée.
Le soir, dans sa petite chambre étudiante, Yuna s'assit sur son lit. Elle sortit une lettre d'un tiroir. Un sceau doré. Elle ne l'ouvrit pas. Elle la connaissait par cœur.
"Tu es née pour briller, mais tu dois d'abord apprendre à marcher dans l'ombre."
Elle regarda par la fenêtre. Le campus s'illuminait doucement. Ce monde n'était pas fait pour elle. Et pourtant, elle était là.
"Je ne suis pas une intruse. Je suis juste en avance sur mon destin."
Le lendemain, le soleil frappait les vitres du gymnase, projetant des éclats brûlants sur le parquet lustré. L'air vibrait des cris du coach, des ballons qui fusaient, des chaussures qui glissaient. L'équipe féminine de handball s'entraînait avec intensité. Et au milieu de cette tempête, Yuna. Silencieuse. Concentrée. Elle ne jouait pas pour briller.
Mais ce jour-là, l'air semblait plus lourd que d'habitude.
Jisoo, la capitaine, l'observait avec un regard dur. Depuis l'arrivée de la boursière, les regards avaient changé. Les murmures aussi. Et Jisoo n'aimait pas ça.
— Yuna, arrière gauche. Jisoo, tu mènes la défense, lança le coach.
Un frisson parcourut l'équipe. L'arrière gauche, c'était le poste de Jisoo. Elle s'approcha de Yuna, sourire figé.
— Tu sais que ce poste demande plus que de bons réflexes ? Il faut de l'expérience. Du sang-froid.
— Je suis là pour jouer. Pas pour voler ta place, répondit Yuna.
— Tu ne peux voler que ce qui est à ta portée, répliqua Jisoo, plus sèche.
L'entraînement reprit. Jisoo lui lança des passes trop fortes, trop hautes, trop rapides. Une fois. Deux fois. Trois fois. Yuna luttait pour suivre.
— Concentre-toi, Yuna ! cria le coach.
Mais elle savait. Ce n'était pas elle. C'était un autre jeu qui se jouait.
Puis, lors d'un exercice de tir, Jisoo se plaça volontairement sur sa trajectoire. Collision. Chute. Le choc résonna dans le gymnase.
— Tu devrais regarder où tu tires. C'est dangereux, lança Jisoo, faussement innocente.
— Tu devrais regarder où tu te places. C'est suspect, répondit Yuna en se relevant.
Dans les gradins, No-ah observait. Silencieux. Il voyait tout. Il connaissait Jisoo. Trop bien. Et Yuna... elle ne pliait pas.
— Elle est douée. Et elle encaisse bien, murmura Minjae à ses côtés.
— Elle est une boursière. Elle encaisse parce qu'elle n'a pas le choix, répondit No-ah, froid.
Mais au fond, il était intrigué. Elle ne jouait comme personne. Elle ne réagissait comme personne.
Dans les vestiaires, Yuna trouva son casier ouvert. Son maillot trempé. Son sac renversé. Quelqu'un avait fouillé. Elle ne dit rien. Elle rangea. Elle nettoya. Elle remit son sweat.
Jisoo entra, l'air innocent.
— Tu devrais faire attention à tes affaires. Ici, tout le monde n'est pas aussi... bienveillant.
Le soir, Yuna s'assit sur son lit. Épuisée. Elle ouvrit son carnet et écrivit :
"Le terrain n'est plus neutre. Mais je ne suis pas là pour fuir."
Elle regarda sa bague. Le symbole royal brillait doucement sous la lumière.
"Je suis là pour me battre. Mais pas comme eux."
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Rivalité en Or
Mystery / ThrillerCe roman se déroule à l'Université Privée de Busan pour Élites, un lieu où se côtoient les héritiers des plus grandes familles de Corée. Dans ce monde de luxe, de pouvoir et de rivalités, arrive Han Yuna, une jeune fille boursière. Son entrée marque...
