Chapitre I

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La nuit commençait à tomber sur la mer, et les étoiles se reflétaient sur les flots tumultueux. Annie était assise en tailleur sur l'herbe mouillée, emmitouflée dans une veste épaisse. Ses cheveux blond vénitien coupés au carré étaient cachés sous un bonnet du même jaune tournesol que sa veste. Ses yeux vert sauge étaient tournés vers l'horizon, brillant d'émerveillement. Soudain, un homme assez grand et portant le même bonnet qu'Annie s'approcha et s'accroupit.

"Hey, ça va ? demanda-t-il en se blottissant contre Annie.
- Regarde ça, murmura-t-elle. C'est tout simplement splendide...
- Hmm, acquiesça l'homme. Depuis combien de temps es-tu là ?
- Est-ce vraiment important ?
- Tu ne fais que m'inquiéter encore plus, l'avertit-il.
- Ça fait environ une heure et demie... Mais le coucher de soleil était magnifique, et il faisait plus chaud avant, se justifia Annie.
- Une heure et demie ! s'écria l'homme. Tu es complètement folle !
- Calme-toi, John. Tout va bien. Je suis une adulte, je peux prendre mes propres décisions, se moqua-t-elle.
- Mouais, répondit John, toujours pas convaincu. Bon, en attendant, rentrons, j'ai quelque chose à te dire."

Annie leva les yeux aux ciel en souriant, et marcha en direction du camping-car bleu métallique garé quelques mètres plus loin. Une fois à l'intérieur, elle s'assit sur la banquette la plus proche du poêle et se blottit sous une couverture.

"Tu vois ?! cria triomphalement John. Je savais que tu avais froid."

Il leva les bras en un signe victorieux et s'installa en face d'Annie, les jambes sur la table au milieu des banquettes. Annie le regarda faire son petit numéro en faisant semblant d'être irritée, tandis qu'un sourire imaginaire se traçait dans son esprit.

À seulement vingt-deux ans, on aurait pu trouver étrange que John et Annie soient aussi amoureux, où qu'ils vivent dans un camping-car. Aucun des deux n'avaient fait de grandes écoles, ils avaient tout arrêté après le bac. Dans le cas d'Annie, c'était pour s'occuper de sa sœur de quinze ans qui venait d'apprendre qu'elle était enceinte, et pour John, c'était l'envie de peindre qui avait été la plus forte. Dorénavant, aucun des deux ne regrettait son choix. Ils vivaient au gré du vent, là où la vie les menaient. John peignait les merveilleux paysages qu'ils voyaient chaque jour, et Annie écrivait des livres pour enfants. Sa nièce, Suzie, et sa sœur, Marie, étaient toutes deux en parfaite santé.

"Annie ? Tu m'entends ? demanda John, sortant Annie de ses pensées.
- Oui, pardon, s'excusa Annie. Tu disais ?
- Autant reprendre depuis le début, se désola John, exagérant sa peine. Je disais qu'un accrobranche vient d'ouvrir, dans le nord du Vermont, en Amérique.
- C'est bien... Où veux-tu en venir ?
- Ce n'est pas n'importe quel accrobranche, précisa John. C'est un gigantesque accrobranche, le plus long du monde, permettant de voir toute la faune et la flore du Vermont.
- Wow, souffla Annie.
- Et ce n'est pas tout, continua John. J'ai téléphoné à Cynthia et Gaspard, et, dans quinze jours, on prend tous l'avion. Destination le Vermont !"

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