Chapitre 1 - L'arrêt de bus

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Le soleil de Dakar se levait à peine, mais déjà la chaleur collait aux peaux. Les vendeuses de café Touba s'activaient, leurs voix aiguës se mêlant au grondement des bus qui passaient à toute vitesse. 

L'arrêt de la pharmacie "Atlantique" des Mamelles était mon point de départ quotidien.

Je me tenais là, mon sac de cours serré contre moi, vêtue de mon uniforme bleu et blanc du Collège Sacré-Cœur. À quelques pas, adossé au kiosque de journaux rouillé, il y avait lui : Aldi.

Je l'avais remarqué dès les premières semaines. Il portait l'uniforme d'ITECOM : chemise repassée, pantalon impeccable. Toujours sérieux, ses écouteurs vissés dans les oreilles. Mais ses yeux... ils cherchaient les miens.

Ce matin-là, il a pris une inspiration, et il a osé.

« Bonjour... toi aussi tu attends le bus de l'ASECNA ? »

Sa voix était douce, un peu hésitante.

Je l'ai observé, intriguée.
« Non, celui de Sac '»

Un silence s'installa. Le bus arrivait au loin dans un grondement de moteur fatigué. Il reprit, vite, comme s'il avait peur que le moment s'échappe :

« Ah d'accord ! On dirait qu'on a les mêmes horaires. »

J'ai souri. Ce sourire timidequi, sans le savoir, l'encouragea à revenir chaque matin.

Les Silences du CœurMga kuwentong kahuhumalingan mo. Tumuklas ngayon