Paris, 03h12 du matin.
Le silence est lourd, presque oppressant, comme s'il retenait son souffle avec elle. Dans l'obscurité de son petit studio, Maëva enfile son manteau sans allumer la lumière. Chaque bruit, chaque craquement du plancher, la fait tressaillir. Ses gestes sont précipités, nerveux. Elle n'a pas pris grand-chose : un sac à dos avec quelques vêtements, son passeport, un carnet de croquis abîmé, et l'argent liquide qu'elle a pu retirer en urgence.
Elle ne fume pas. Elle n'a jamais eu ce réflexe d'évasion. Son ex, lui, disait que c'était « pas cool ». Mais elle s'en moquait. Elle n'a jamais eu besoin de nicotine pour fuir l'angoisse.
Et pourtant, ce soir, elle donnerait tout pour pouvoir calmer cette boule dans sa gorge, ce feu glacé dans sa poitrine. Car ce qu'elle fait, c'est plus que partir. C'est fuir.
Tout a commencé il y a un mois. Un simple stage de traduction dans une société de production audiovisuelle. Un rêve pour une étudiante en langues. Elle adorait traduire les scripts, écouter les dialogues, travailler tard le soir avec son casque sur les oreilles. Jusqu'au jour où elle est tombée sur ce dossier.
Un enregistrement audio, perdu dans un dossier mal étiqueté. Des voix d'hommes. Un échange cynique, calculé. Ils parlaient de montages financiers, de contrats frauduleux, de pressions politiques... Le genre de conversation qu'on ne devrait jamais entendre.
Et l'une des voix, elle l'a reconnue : celle de Marc Elkoubi, ancien ministre, homme d'affaires redouté, qui traîne depuis des années des rumeurs de corruption sans jamais être inquiété.
Elle aurait pu supprimer le fichier. Faire semblant de rien.
Mais elle a transmis la preuve de manière anonyme à une journaliste d'investigation. Elle pensait que ce serait la bonne chose à faire. Que quelqu'un la protégerait.
Elle s'est trompée.
Les menaces ont commencé quelques jours plus tard.
Des appels muets en pleine nuit. Une enveloppe glissée sous sa porte avec une photo d'elle, prise à son insu. Des mots tracés à la main : "Tu n'aurais pas dû."
Et puis, ce soir, une ombre derrière elle dans la rue. Une voix sifflante. Un rire. Pas de doute possible : elle est suivie.
Elle n'a pas attendu plus longtemps.
À l'aéroport Charles-de-Gaulle, elle passe les contrôles le cœur battant, son passeport provisoire bien en main. Un contact d'une association de défense l'a aidée à réserver un billet sous un faux nom, lui interdisant de révéler sa destination. Elle a effacé tous ses réseaux, laissé son téléphone dans un train à Lyon. Elle a tout perdu. Mais elle respire encore.
Vol 988 pour Séoul.
La porte d'embarquement apparaît enfin. Maëva s'arrête un instant avant de franchir le seuil. Elle jette un dernier regard par la baie vitrée. Paris dort. Ou fait semblant.
Ses mains tremblent, mais ses jambes avancent.
Elle ne sait rien de la Corée. Elle ne parle que quelques mots. Elle n'a ni famille là-bas, ni ami. Seulement une promesse : un endroit où elle pourra disparaître, du moins pour un temps.
Elle serre les dents. Elle ne craquera pas. Pas maintenant.
Une nouvelle vie commence.
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A PLACE BY YOUR SIDE
RomanceMaëva, une jeune française de 20 ans, fuit son pays après avoir été mêlée à un scandale politique qui met sa vie en danger. Seule, sans repères, elle s'exile à Séoul, espérant disparaître dans l'anonymat d'une grande ville étrangère. Par un enchaîne...
