Le jour où tout a basculé

39 0 0
                                        

Tout a commencé en 2022.

À peine rentrée de mes vacances, je n'ai pas pris le temps de poser mes valises. Je suis allée directement chez ma grand-mère il me restait encore quelques jours de repos, et je voulais les passer avec elle simplement, comme on le faisait chaque été.

Le lendemain matin, on se préparait pour sortir tandis qu'elle prenait sa douche, je me suis installée pour prendre mon petit déjeuner, en l'attendant. Les minutes passaient.
· 30 minutes
· 35 minutes
Le silence devenait étrange , inquiétant...

Je me suis levée j'ai frappé doucement à la porte aucune réponse , j'ai claqué la porte, appelé son prénom : « mamie ouvre la porte » rien...
Alors, paniqués, on a forcé la porte de la salle de bain, et là...

je l'ai vue allongé sur le sol , le choc a été violent je suis restée figée quelques secondes, incapable de comprendre , puis les larmes ont coulé, les cris sont sortis tous seuls.

On a appelé l'ambulance , je me suis assise près d'elle, le cœur serré et d'un geste, elle m'a attrapé la main... elle a pleuré. Nous avons pleuré ensemble.

À l'hôpital, le diagnostic est tombé : AVC, causé l'oubli de son traitement pour la tension.
Pendant une semaine, je suis restée à son chevet j'étais sa garde malade car voulais être là pour elle, à chaque instant .

Puis un jour j'ai eu besoin de souffler juste un jour je suis partie passer la journée chez ma tante et si seulement je suis pas parti...

Ce soir-là, le 29 juillet, à 22h45 , ma cousine a appelé, sa voix tremblait : « Mamie est partie. »

Le sol s'est effondré sous mes pieds je revivais chaque moment, chaque rire, chaque parole comment était-ce possible ? Comment pouvait-elle disparaître si vite ? Ce n'était pas réel ça ne pouvait pas l'être.

J'ai fait une crise de panique mon cœur battait à tout rompre, mes jambes tremblaient, mon souffle était court j'avais l'impression que mon corps allait lâcher , une douleur brutale, animale, incontrôlable .

Cette nuit-là fut la plus longue, la plus terrible de toute ma vie , impossible de dormir, impossible de penser à autre chose qu'à elle , comment continuer
ma vie sans ma grand-mère ?

Le matin venu, les gens ont commencé à arriver la maison se remplissait, mais moi, je n'attendais qu'une chose : la revoir.
Je ne pouvais pas croire qu'elle était vraiment partie..

Et puis elle est revenue...
Pas comme avant , pas comme je l'imaginais...
Dans un linceul blanc
elle était là, paisible, silencieuse...
Presque irréelle

Mon regard s'est embrouillé , mes yeux se sont remplis de larmes tout tournait autour de moi.
C'est à cet instant que j'ai compris que...
Je ne la reverrai plus jamais.

Après le décès de ma grand-mère qui me considérait comme sa petite fille et plus elle était tout pour moi ma mère , mon père , mon ami...

Après l'avoir perdu j'ai eu un sentiment de vide profond , mêlé à une immense tendresse, il y'a cette douleur sourde dans la poitrine , ce pincement quand je repense à sa voix , à ses gestes , à ses histoires pleins de sagesses...

C'est une perte enveloppée de souvenirs comme une chanson douce que j'entendrais plus jamais .
Je ressens de la gratitude pour l'amour et l'attention qu'elle a donné sans compter , mais cette gratitude se heurte souvent a une absence brutale, à un silence pesant .

C'est un deuil intime qui réveille souvent l'enfant en moi celui qui courait vers elle chaque weekend et chaque mardi devant l'école en souriant , celui qui sortait , qui voyageait avec elle en gardant de magnifiques souvenirs à ses côtés , et qui maintenant aimerait juste pouvoir la prendre dans ses bras et lui dire pour la dernière fois :
- au revoir mamie et merci pour tout ce que tu as fait pour moi je t'aime , à jamais dans mon cœur .

Je ressens comme si une partie en moi est restait bloqué dans le passé qui repense à tout ce qu'elle a vécu avec ma grand-mère :
nos soirées films chaque jeudi , nos siestes bien collé à elle , nos sorties comme les jours où elle m'apprenait à faire ses délicieux repas .

Parfois je me dit :
- je n'ai pas assez pleuré
- je ne lui ai même pas dit au revoir comme il faut 

C'est une sensation de culpabilité , c'est comme si un poids sur la poitrine ou comme un refus de croire à sa perte .
Tout ça s'est transformé en :
fatigué émotionnellement , tristesse inexpliqué... comme une douleur sourde qui reste là silencieuse mais persistante .

Je me demande encore comment tout a pu disparaître si vite comme si le bonheur n'avait été qu'un rêve trop court...

Et pourtant je croyait être si forte que ça mais la vérité une fois que je me retrouve seule...
je m'effondre en larmes pour un simple souvenir , je repense à ces instants simples, son rire , ses blagues.

Je ne savais pas que c'était la dernière fois .
Si seulement je l'avais su...
Peut-être je l'aurait retenu plus fort .

Je me sens creuse comme si mon coeur avait été arraché de sa place, je souris mais...
Ce n'est qu'un masque , même entouré de gens je me sens si seule complètement seule , je me sens comme un fantôme .

Je suis là , mais plus vraiment. J'écoute, je réponds, mais tout me semble loin , j'ai l'impression de flotter dans quelque chose de vide , et je me dit :
- si seulement elle est là avec nous

Tout le monde continu de vivre comme si rien n'avait changé , est-ce ce que je suis la seule à ressentir ce vide ? Pourquoi est-ce que ça me fait si mal ?

Cette tristesse est devenue usante , paralysante au point où dans ma tête ça sonne comme ça :
- à quoi bon de me lever ? chaque jour ressemble au précédent. Il n'y a plus rien qui m'attire dehors.

J'ai l'impression que plus rien n'a de goût , même les choses que j'aimais .

A chaque fois comme si je retombais ,Encore et encore.

Loin des regards, près du cœur Stories to obsess over. Discover now