*BOOM*
*BOOM*
*PAW*
*PAW*
Une pluie de fusillades retentissait dans le hall de l'entreprise.
La panique régnait à bord.
– Je vous rappelle plus tard, Monsieur, dis-je à mon interlocuteur, avant de raccrocher sans attendre sa réponse.
Je m'aventurai dans les couloirs, voyant tous mes employés se précipiter vers les sorties de secours.
Je voulais rejoindre le hall, mais ma secrétaire m'arrêta brusquement.
— Elsyn, tu ne peux pas rester ici. Sors par l'issue de secours, la sécurité t'attend.
Ne sachant quoi dire, je courus vers une sortie.
Dehors, la nuit était noire. La ville grondait, agitée, stressée, assourdie par les cris et les tirs.
Mes oreilles sifflaient. Je ne savais plus où donner de la tête.
Je voulais fuir, courir loin de l'entreprise...
Mais, trou noir.
Quelqu'un m'attrapa.
Puis, plus rien, juste l'odeur d'un mouchoir imbibé...
Et le néant.
...
Je me réveillai au bruit d'un moteur. Étourdie. Lourde. Enfermé.
Il faisait noir. J'étais dans un coffre.
Je m'agitai, poussant un cri étouffé par le tissu qui couvrait ma bouche.
Je paniquai.
— Заткнись, или я тебя убью.
Zatknis', ili ya tebya ub'yu.
(la ferme derrière, sinon je te tue)
Je restai figée. Terrifiée par ses mots.
Qu'est-ce que j'ai fait ? me murmurai-je.
Ce soir, à 19h30, une fusillade a éclaté au siège de Syn's Corporation Export.
Je tendis l'oreille. Une voix de radio parlait.
Les autorités ignorent encore la cause de cette attaque.
La femme d'affaires Elsyn Kaora est portée disparue depuis son évacuation.
Une enquête a été ouverte. Un avis de recherche est en cours.
Mes ravisseurs éclatèrent de rire à l'écoute de la nouvelle.
Moi, je restai figée. Désespérée.
•••
Cela fait cinq mois.
Cinq mois que j'ai été kidnappée.
Cinq mois enfermée dans ce bunker perdu, quelque part en dehors de Moscou.
Je n'entends rien. Aucun bruit de vie. Aucune voiture. Rien.
Je n'ai plus accès au monde.
Plus de contact humain.
Excepté eux. Mes ravisseurs. Toujours anonymes.
Je n'ai jamais vu leurs visages. Toujours cagoulés.
Vêtus de noir.
Ils ne viennent que pour m'apporter de quoi survivre.
Une fois toutes les trois semaines.
Je souffre.
J'ai perdu espoir.
Personne ne me trouvera.
Clac... Clac...
J'entendis la serrure du bunker tourner.
Ils sont là.
Je reste recroquevillée dans un coin de ma cellule, sans bouger d'un poil. Je les fixe.
— Alors, tu veux toujours pas nous parler ?
Je ne réponds pas.
Ils rient.
— Tout ça, c'est à cause de toi. Nous, on veut juste que tu répondes, et on ne te fera rien...
— JE VOUS AI DÉJÀ DIT QUE JE NE CONNAIS RIEN DE MON PASSÉ !
La gifle claque.
Une habitude, maintenant.
— TU ME PARLES SUR UN AUTRE TON, ET TU VAS SOUFFRIR POUR TON PÈRE. CYKA !
Suka (Chienne)
Alors ils me frappent.
Des coups de pied, de poing, de câble... tout ce qui leur tombe sous la main.
Je serre les dents. Je saigne. Je ne pleure plus.
— Такие маленькие черные девочки, как ты, заслуживают того, чтобы их раздавили.
Takiye malen'kiye chernyye devochki, kak ty, zasluzhivayut togo, chtoby ikh razdavili.
(Les petites nègres comme toi mérite d'être écrasé)
Je le regarde sans émotion.
Une rage sourde s'anime en moi... mais je suis trop faible, trop fatiguée.
Je n'ai aucune réponse à leurs questions.
Je ne sais pas qui était mon père.
Ni ma mère.
Ni aucun membre de ma famille.
Je sais juste qu'ils sont morts.
Comment ?
Aucune idée.
Ils finissent par partir, me laissant à moitié consciente.
Mais avant cela, je les vois se laver les mains, couvertes de mon sang.
Et là, sur l'avant-bras de l'un d'eux, un tatouage : un ours entouré de sabres.
Ils m'ont tabassée pendant ce qui m'a semblé des heures.
Et bien sûr... toujours rien à manger.
Je voulais qu'ils en finissaient avec moi...de ne plus être dans cette cellule monotone, humide et triste.
Mais un jour... pour la première fois...
J'ai entendu de l'agitation dehors.
Des cris. Des bruits de pas précipités.
BOUM.
La porte explose.
— FBS ! LEVEZ LES MAINS !
Plusieurs agents font irruption dans ma cellule.
Ils s'arrêtent net en me voyant.
Leurs armes se baissent.
— Madame Kaora ? Elsyn Kaora ?
Je hoche lentement la tête, figée.
— Suivez-nous, madame. Vous êtes en sécurité maintenant.
Je n'y crois pas.
C'est faux.
C'est un rêve.
Ça ne peut pas être vrai.
———————
MERCII beaucoup d'avoir lu, ce prologue.
En espérant que ça vous mets directement dans le bain, vous avez fait la rencontre de ELSYN KAORA the main character.
N'hésitez pas à me laissez des commentaires constructifs, pour que je puisse m'améliorer.
Comme vous l'aviez compris notre histoire se passe en Russie 🇷🇺
vous aimez les quelques phrases que j'ai mis en russe ?
Je mets toujours la prononciation et la traduction !
BISOULLE 😙
SAMDO.
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A Feu Lent
AcciónOn croit qu'on a survécu, qu'on a repris le dessus. Mais parfois, il suffit d'un homme. D'un seul. Et tout ce que j'ai fui revient, avec son odeur de plomb et de peur.
