La chambre de motel empeste le désinfectant bon marché et l'électricité résiduelle. Les néons grésillent dehors, saccadant la lumière sur les murs jaunis. Sam est parti se coucher dans la pièce voisine, trop fatigué pour entendre les tensions palpables entre Dean et Castiel.
Dean tourne en rond, comme un lion en cage. Ses bottes martèlent le lino. Son souffle est court, les mains sur les hanches, les yeux évitant soigneusement ceux de l’ange.
— Tu vas continuer longtemps à me suivre comme un foutu fantôme, Cas ?
Castiel penche légèrement la tête.
— Tu semblais avoir besoin d’aide.
— Ce que je voudrais, c’est comprendre ce que tu fais encore là, après tout ce que tu nous as caché.
Il y a du venin dans sa voix, mais ce n’est pas de la haine. C’est du feu. De la frustration, du désir comprimé, de la colère mal digérée. Depuis le Purgatoire, depuis ce baiser manqué dans les ténèbres. Depuis l’instant où Cas avait choisi de ne pas revenir… jusqu’à ce qu’il revienne.
Castiel ne bronche pas. Il s’avance d’un pas, puis un autre. Sa voix est grave, basse, plus humaine que d’habitude.
— Je ne suis jamais parti vraiment.
Dean éclate d’un rire sans joie.
— T’appelles ça "être là" ? Tu te pointes, tu disparais, tu nous laisses avec les morceaux. Tu m’as laissé, Cas.
Le silence retombe, lourd. Et puis Dean craque. Il fait un pas en avant, brutal, et attrape Castiel par le col de son trench-coat.
— T’as aucune idée de ce que c’était, là-bas. Sans toi.
— Si, Dean. J’y étais.
Leurs visages sont proches, trop proches. Dean halète, son front frôle presque celui de Cas. Il voudrait le frapper. Il voudrait l’embrasser. Il voudrait crier. Au lieu de ça, il serre encore plus fort, tremble légèrement.
— Dis-le. Dis que t’as eu peur. Dis que t’as choisi de rester loin de moi.
Castiel ne recule pas. Ses yeux brillent d’un éclat étrange.
— Je ne suis pas resté loin parce que je le voulais.
Et tout bascule.
Dean l’écrase contre le mur dans un baiser brutal, désespéré, une morsure à moitié contenue. Les doigts de l’ange agrippent son dos, comme s’il avait peur qu’il s’efface s’il le lâche. Les corps se pressent, les années de tension éclatent dans cette étreinte rugueuse.
Dean grogne entre deux baisers :
— Tu me rends dingue. Depuis des putains d’années.
Les vêtements tombent, un à un, comme des armures jetées à terre. Le trench-coat s’écrase au sol. La chemise de Dean suit, déchirée à moitié. Chaque contact est brut, mais chargé d’émotion, de manque.
— Dis-moi que t’en as envie, Cas, murmure Dean, sa voix rauque au creux de son oreille.
— J’en ai toujours eu envie.
Alors il le prend, contre le mur, sans préavis. C’est brûlant, vrai, tremblant parfois, mais d’une intensité rare. Les souffles se mêlent, les gémissements étouffés dans la peau. Dean s’accroche à lui comme à une bouée. Cas répond avec la même force, la même douleur, la même passion étouffée trop longtemps.
Quand c’est fini, leurs corps restent emmêlés. Le front de Dean contre celui de Cas, les yeux fermés.
— Dis-moi que tu restes, cette fois.
KAMU SEDANG MEMBACA
Entre les lignes du silence
Fiksi PenggemarSaison 8, quelques jours après l'épisode "Hunteri Heroici". Sam et Dean enquêtent sur des meurtres étranges. Castiel, revenu du Purgatoire, les accompagne, mais les tensions avec Dean sont à leur comble...
