Bulle de confort

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- Imany... Imany ?

L'alcool empeste dans la chambre de Charles alors que j'y pénètre. Guidée par le son de sa voix pâteuse, je le retrouve allongé au milieu d'un tas de bouteilles de bière vides, son regard noir me détaillant me met mal à l'aise.

- Tu bois de plus en plus, constatais je.

Je le soulève du mieux que je peux afin de l'étaler sur le lit, cependant il m'entraîne dans sa chute.
Couchée près de lui, sa main autour de ma taille, je l'entends ronfler au bout d'une minute. L'endormissement fût rapide.

Débarrassée de son emprise, j'entreprends un nettoyage rapide de la pièce. Après avoir terminé, je m'assois sur le canapé face au lit et observe celui qui semble être mon compagnon.

Sa poitrine se soulève au rythme de sa respiration. Il semble si paisible. Pas comme lorsqu'il est éveillé. Depuis des jours déjà il était un cauchemar à vivre, répétant inlassablement les mêmes paroles : Je vais faire faillite.

Il ne m'avait plus embrassé depuis, pensais je en observant ses lèvres rougies. Il n'avait plus prêté attention à moi depuis des jours comme à chaque fois qu'il avait un problème.
Espérons que la nouvelle que j'ai à lui annoncer règle le différend.

Je tiens en mains un contrat qui indique que j'ai payé la dernière maison qu'il était chargé de bâtir.

Charles était promoteur immobilier. Il avait déjà construit de nombreuses maisons durant sa carrière mais la dernière en date était la plus importante de toutes. Il avait misé gros et un mauvais calcul avait mené à sa destruction, entraînant la perte de ses investissements, parmi lesquels des prêts fait à la banque.

J'avais remboursé l'ensemble des prêts cet après midi. Mon premier gros cachet y était passé. Il y en aurait d'autres mais tout de même.

Un rapide coup d'œil à ma montre m'indiqua qu'il était vingt deux heures passées. Je n'aimais pas traîner dehors, alors je laissais le document et rentrai chez moi.

Ma maison. Mon refuge.
Il n'y avait aucun endroit au monde où j'étais le plus à l'aise. Seule loin de tous, uniquement le travail me forçait à le quitter. J'avais dessiné chaque recoin de cet endroit, j'avais modelé chaque pièce à mon image. Des teintes de gris qui recouvraient les murs, au mobilier en velours... J'avais tout choisi.

Ayant pris un bain, je me glissais dans mon lit en quête de sommeil et presque aussitôt, je sombrais profondément.

Comme d'habitude je m'éveillais à quatre heures du matin et faisait ma routine. Prière et méditation, sport, nettoyage, entretien corporel et petit déjeuner.

À sept heures j'avais terminé. Je prenais mon téléphone et je n'avais reçu aucun message. Pas surprenant, Charles devait être encore endormi. Et mes amis... Ils étaient sûrement fatigués de mon autarcie.

Après tout je répondais rarement à leurs invitations. J'étais présente mais uniquement à distance et en majorité dans les moments difficiles. Je préférai ne pas ternir leurs joies de mon humeur maussade. Il y a longtemps que mon bonheur n'était plus euphorique... Il était. Tout simplement.

Je montais à bord de mon véhicule. Une modèle assez récent de chez Toyota. J'aimais conduire. Le sentiment de liberté qui me vivifiait lorsque je dévorais le bitume n'avait pas son égal. Très vite j'arrivais au bureau, trop vite à mon goût.

J'étais la cheffe d'un cabinet d'architecture et de décoration. Nous étions parmi les meilleurs du pays depuis peu. Naturellement, les demandes affluaient, fructifiant les affaires, me laissant peu de répit, chose assez plaisante, je n'aimais pas rester sans rien faire. Je n'aimais pas laisser mon esprit divaguer, chose qu'il faisait aisément.

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⏰ Last updated: Jan 27, 2025 ⏰

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