Isaac

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Isaac

Je m’appelle Isaac, j’ai 16ans, et je suis en classe de seconde.
Pour être plus précis : la classe de 2nd 1

Nous étions un peu plus d’une trentaine et également la classe la plus élitiste de mon lycée actuel.
J’étais bien trop réservé et timide pour aller voir qui qu’onc, je n’avais pas pu m’intégrer dans un groupe en début d’année et me retrouvais donc seul depuis mon entrée dans cet établissement.
Je supportais bien la solitude, elle ne me dérangeait pas, mais tout de même, j’étais content que ce dernier trimestre se termine bientôt. Je commençais à en avoir marre, entre les cours et mon incapacité à adresser la parole à quelqu’un, je m’ennuyais à mourir.
C’était le mercredi 1er juin. J’étais en vacances seulement 6 jours plus tard, mais, en attendant, j’avais encore cours aujourd’hui.
Ce 3ème jour de la semaine n’était pas très chargé, je ne travaillais que le matin et ce durant 3 heures. J’avais commencé à 9h avec de l’Anglais avec Mme Careless. Puis, après une courte récréation, nous avions commencé nos 2 heures d’Histoire-Géographie.J’avais horreur de cette dernière matière. Pourquoi ? Pas à cause de ce qu’on y apprenait, non, au contraire, je trouvais ça intéressant, mais… il y avait un autre problème. Le bruit. L’ambiance. Tout. M.Duchamps était loin d’être le meilleur professeur dans la gestion de sa classe. Les élèves se levaient, criaient, discutaient, dansaient, etc… en bref : la salle était plongée dans un brouhaha permanent. C’était insupportable, je ne pouvais supporter le moindre cri. J’étais incapable de me concentrer sur quoi que ce soit, chaque son résonnait dans ma tête et attirait mon attention si bien que je fus obligé de me boucher les oreilles avec mes mains et qu’un puissant stresse se mit à m’envahir un peu plus chaque seconde.
Dans un bon comme dans un mauvais sens, j’étais placé au fond de la salle, à côté de la porte. Cela me permettait de sortir rapidement après la sonnerie, mais cela me donnait également une vision bien plus large des lieux et de ce qu’il s’y faisait. J’étais donc encore plus distrait et anxieux de ne pas être capable de suivre ce qu’il se passait.
Un grand sursaut d’espoir me submergea lorsque j’entendis la petite musique annonçant la fin de l’heure retentir dans le bâtiment. Je me mis à ranger mes affaires le plus vite que mes bras me le permettaient. Je bondis hors de ma chaise et ouvris la porte avec impatience. Je devais sortir de cet endroit. La panique m’avait gagné malgré la fin de la journée et je savais que je surmonterai avec difficulté l’envie de pleurer qui montait en moi depuis quelques minutes. Une fois dehors, je me précipitai vers le portail blanc à l’entrée du lycée afin de m’en échapper.Seulement, il y avait un problème, devant ma seule possibilité de fuir, il y avait une énorme troupe d’adolescents ayant également fini leur matinée et ne cherchant qu’à rentrer chez eux tout en bavardant avec leurs amis.
J’étais bousculé dans tous les sens et je me « battais » pour me diriger vers la porte de sortie.
J’avais horreur de ça, le moindre contact physique me paniquait. Je ne pouvais pas rester, autrement j’allais craquer, je me pressais donc de plus belle, jouant des épaules pour passer plus vite. A l’aide de ma carrure je parvins à mon objectif assez rapidement en évitant de fondre en larmes.
Désormais, la foule était moins épaisse et, je pouvais me faufiler entre les groupes sans les toucher d’un poil. Je me frayais donc un chemin pour m’éloigner de l’attroupement.
Mon stresse était toujours présent et mes jambes tremblaient légèrement. Je continuais d’avancer et je commençais enfin à apercevoir le bout de la troupe.
Je marchais, marchais droit devant moi, tête basse, quand soudain, je vis une personne s’approcher de moi, mon cœur faillit louper un battement à sa vue. C’était ma petite amie : Laura.
Enfin, pas vraiment, cela faisait environ deux semaines qu’elle était froide et distante.
A vrai dire, je savais qu’elle n’avait plus le moindre sentiment pour moi, même si j’essayais de me convaincre du contraire.
Ces derniers jours avaient été un vrai calvaire pour moi, je ne pouvais pas penser à autre chose qu’à elle, je me torturai l’esprit sans arrêt en repensant à tous les signes qui annonçaient une rupture dans peu de temps.
L’expression qu’elle arborait avait finie de me convaincre et, je m’apprêtais à encaisser les dures paroles que seraient les siennes dans les minutes à suivre.« - Salut ! dis-je pour engager la conversation.
- Salut. »
Elle évitait mon regard. Je décidai donc de la laisser parler.
« - Dis, tu ne trouves pas qu’il y a un froid entre nous ces derniers temps ? Enfin, je sais pas, c’est peut-être parce que je ne fais pas d’efforts… »
Elle avait maché ces derniers mots si bien que j’avais à peine compris ce qu’elle avait dit.
« Oui, j’avais remarqué. »
Que pouvais-je dire d’autre ?
« J’ai l’impression qu’on n’avance pas et je n’en ai plus l’envie. »
Qu’étais-je sensé répondre à ça ?
« Je sais pas… »
Ma voix c’était coupée laissant mon début de phrase en suspension.
« Je n’y arrive plus… »
C’était trop pour moi, il fallait finir cette conversation au plus vite.
« - Tu veux qu’on arrête ?
- Oui. »
Un blanc de quelque seconde s’était installé avant que Laura ne reprenne la parole :
« Je suis désolée, ce n’est pas de ta faute, tu as été génial, c’est moi, je sais pas pourquoi… »
Je ne voulais pas en entendre plus, c’était donc après un dernier regard vers elle que je partie sans un mot, la laissant seule sur le trottoir et m’éloignant d’ici sans vraiment réaliser ce qu’il venait de se passer.Au bout de quelques mètres seulement, je me sentis submergée par la tristesse et la haine, mes jambes me démangeaient et, je commençais à pleurer.
Je me mis alors à courir, vite, très vite.
Je faisais souvent ça lorsque j’étais trop triste ou trop heureux, j’avais besoin d’évacuer ces émotions par un effort physique.
Au bout d’une dizaine de minutes je repris conscience et je remarquai que mes larmes avaient cessé de couler.
j’arrêtai donc ma course et me mis à marcher normalement. Comme à mon habitude je sortis mon casque de mon sac pour le mettre sur mes oreilles afin d’écouter de la musique tout en rentrant chez moi.
Mais, cette fois ci, ce n’était pas pareil. Je ne ressentais rien. En temps normal je ressentais toutes les émotions traduites par ces chansons, elles me motivaient et me poussaient à aller de l’avant même si je n’en avais pas l’envie. Aujourd’hui j’étais vide. Pas le moindre sentiment ne passait à travers cette muraille que je venais de dresser autour de mon cœur et ma tête. Mon regard était semblable à celui que j’avais autrefois, avant que Laura entre dans ma vie. Je me rappelais cette comparaison que m’avait faite une amie de l’époque : « le néant ».
La déprime m’avait donc gagnée si vite ?
Oui, je voyais bien que toute forme de motivation m’avait quitté, je me trainais dans ces rues sans le moindre but.
Avec elle toujours à mes côtés je n’avais pas pris conscience que je n’étais rien sans son sourire et sa joie de vivre.
Je pensais simplement que j’étais guérit et que je pourrai enfin profiter de chaque journée avec enfin un objectif en tête.
Ce n’était que des illusions.Et puis, soudain, une pensée me vint, coupant court à mes sombres idées.
Dans une bonne heure mes grands-parents allaient arriver dans mon appartement et nous allions sortir en famille, probablement à vélo, afin d’aller faire un tour de cette magnifique ville qu’était Paris.
Le soir nous allions certainement manger tous ensemble : Mon père, ma mère, mes frères et sœurs, ainsi que les 2 nouveaux arrivant.
En y pensant je compris que je n’avais pas le droit de me laisser aller, j’avais encore une chose à faire en gardant ma bonne humeur.
C’était en quelque sorte ma dernière mission ici-bas, le dernier évènement auquel je devrais participer avant de m’en aller, un genre de salut.
Je pris donc sur moi une dernière fois, relevant ma tête et mes épaules, j’étais désormais revenu sur une démarche correcte et je partis en direction de ce qui serait ma dernière après-midi.

RuptureWhere stories live. Discover now