Nous sommes en 2020, l'année où le préfet de Mayotte a annoncé la pandémie du Covid 19 sur le territoire.
À la télé ou partout sur internet, on voyait des milliers de morts ou de nouveau cas en Asie. Le virus se répandait comme une traînée de poudre, puisqu'il est arrivé dans l'océan indien.
Personne ne s'attendait à cela, comme la plupart des Mahorais, on se disait qu'il viendrait jamais ici.
J'étais avachie sur mon lit en train de caresser mon chat, lorsque j'entendus au journal, le couvre-feu et l'interdiction de sortir sans le port du masque. Tous les établissements scolaires, restaurants... seront fermés.
Au début ça m'amusait car je n'irais plus au collège. Chose qui m'aurait inquiété parce que j'étais en plein examen du brevet.
Mais désormais, c'était l'enfer, désolé, mais rester enfermé dans une maison avec la cacophonie, n'était pas chose facile.
Ainsi mes journées ce résumaient ainsi : ménage, lire, réviser, m'occuper de mes frères et sœurs puis cuisiner. Franchement je donnerais tout pour pouvoir sortir un peu.
Je n'avais pas de téléphone pour m'éloigner de la réalité, mais au moins les livres étaient là. Je passais la plupart de mon temps à lire et j'imaginais un monde sans pandémie.
Sérieusement, mais ce virus faisait peur à tout le monde y compris les grand-parents. Le simple fait de sortir dehors, glaçait leur sang. Donc, personne n'osais rentrer chez l'autre.
D'ailleurs, fut un jour où moi-même j'ai commencé à paniquer.
Moi : Quelqu'un aurait aperçu maman ?
Demandai-je à mes sœurs qui dessinaient.
Les enfants : Elle est sortie !
Moi: Où ça ! Alors que c'est dangereux de sortir dehors !
« carrément à ce point, on est en guerre ou quoi ? » intervient mon subconscient.
Elle ne me répondent pas et se contentent plutôt de se concentrer sur leur gribouillage. Je fais les cent pas et me pose un tas de question, soudain la porte s'ouvre.
Ma mère rentre habillée en... ninja... carrément. Directement elle désinfecte ses mains. Je ne sais pas si je dois rire ou juste rester ankylosé.
(Elle s'appelle marie, chef de la maisons et aussi ma confidente, On est comme des sœurs. Je lui dis tout... enfin presque.)
Moi : maman... mais... c'est quoi cette tenue ! Tu es un agent infiltré!
Dis-je d'un ton enjoué.
Marie : Ne soit pas bête, tu ne suis pas les informations ou quoi! Depuis le couvre-feu, les cas ne cessent d'augmenter donc je me protège.
Ma mère porte un masque, des gants, des chaussettes et un salouva (tenue traditionnelle mahoraise)
Bref, elle est couverte de la tête au pieds. Je trouve cela exagéré mais efficace vu son âge.
La journée se termine bien, enfin presque car l'ordinateur de la maison ne marche plus. Il ne manquait plus que ça.
Papa : Il faudrait acheter un autre!
(Mon père, alias Alain, toujours aux ordres de ma mère comme tout le monde dans cette maison. C'est un homme calme, gentil, vieux ... et aussi meilleur papa.)
Marie : non il serait peut-être temps d'acheter un téléphone à Florence.
Je vous le dis, elle gère ma mère.
Lorsque j'entendis cela, je sourie en pleines dents. Enfin un téléphone rien qu'à moi.
Marie : tu lui mettra la connexion comme ça nous pourrions suivre les nouvelles !
Alain : Bien chérie !
Après cela, je suis allé me coucher avec des rêves plein la tête.
Le lendemain, après mon ménage, j'ai lus un livre et passer du temps avec les enfants. Comme convenu, mon père m'achète le smartphone.
Je le déballe rapidement et commence à télécharger des applications telle que : messenger, snap...
Je me crée un compte Facebook en ajoutant des filles... que des filles c'est ce que je pensais aussi.
J'annonce la nouvelle à ma meilleur amie Hanna:
Moi : Coucou ma pétasse !
Hanna : Oui ça va ma salope !
Oui je sais, les surnoms sont un peu exagérés mais entre copine on se comprends.
(Hanna et moi, on se connaît depuis la sixième, c'est ma deuxième confidente, douce, gentil et avec un sacré caractère. Petit conseil : ne la chercher pas.)
(Elle est petite de taille, cheveux crépu courts, yeux marrons et très belle.)
Moi : Devine qui à un nouveau téléphone!
Hanna : Oh, c'est pas vrai, ton chat !
Moi : Haha mdrrr... non, c'est moi !
Hanna : Ah oui, félicitations ! Je suis contente pour toi ! D'ailleurs, tu pourras même te trouver un copain !
Eh oui, je ne suis jamais sortie avec personne et pour être honnête, les garçon ne m'intéressent pas. Mais pour ma copine, c'était une mission de me caser avec un mec.
Moi : Lol, je n'ai pas le temps pour ses conneries! Mon cœur appartient à kakou
(le nom de mon chat )
Hanna : Ouais, c'est ça, tu verras ma salope!
Écrit-elle en mettant des emoji smileys puis on papote d'autre chose. J'annonce la nouvelle à mes grandes soeurs et frères qui vivent en métropole.
En fin de journée, ma mère me propose de regarder les news.
Les nouveaux cas me font froid dans le dos, surtout celui de la première adolescente morte du coronavirus. Elle se prénommait Julia.
(paix à son âme).
Ce soir-là, je n'arrive pas à dormir, la mort de cette jeune fille me fait prendre conscience de la gravité de la situation. Jusqu'à ce soir, c'étaient les vieux et les vieilles qui décédaient de cette maladie, mais maintenant les jeunes aussi.
Je scroll alors sur Messenger afin de penser à autre chose. Et le DM d'une fille au cheveux bruns attire mon attention. Je l'accepte et on commence la discussion.
''sur Messenger''
Elle : Bonsoir ça va!
Moi : Bien et toi!
Elle : Bien ! Tu t'appelles comment !
Moi : Florence et toi !
Elle : Nasser !
Quoi, c'est une blague, je reste coi et commence à paniquer. Attends c'est un mec...
Coucou moi c'est Florence, j'ai 15 ans. Je suis grande de taille . j'ai les yeux marrons et cheveux noirs crépus. Je vis à Mayotte avec mes parents ainsi que mes deux sœurs et mon frère.
J'espère que ma chroniques vous plaira, car c'est à partir de là que tout va commencer.
Attachez bien votre téléphone... mdrr
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Bisous
