Chapitre I : Nouvelle vie.

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*Sonnerie de réveil*

Ooooooh putain de réveil il sonne toujours au milieu d'un rêve sympa. J'ouvre un œil puis deux et je passe un bras sur le côté droit de mon lit. Je sais même pas pourquoi je fais ça, je sais pertinemment que j'ai passé la nuit seul. Il est 5h pétante et je commence le travail dans une heure. Eboueur c'est vraiment le métier parfait y'a pas à dire, ça nécessite aucunes études et aucun diplômes. A l'heure actuelle tout le monde peut devenir éboueur et puis c'est sans compter tous les trucs marrants et atypiques qu'on peut trouver dans les ordures des gens. Tient pas plus tard qu'hier on a trouvé toute une compilation de cassettes de film de c*l allemands des années 70 80. De temps en temps on trouve des petits trucs rigolos comme ça par accident et ça fais toujours un petit plus contre la monotonie de notre tâche. Enfin bref je me marre pas tous les jours mais au moins le salaire me permet de louer un petit appartement et de pouvoir mieux me nourrir. Les mois s'enchaînent et je me met à penser que mon ancienne vie est désormais bien derrière moi, que je suis enfin arrivé à un train de vie à peu près stable. Seulement, quand je me regarde dans le miroir, ce que je vois a tendance à me déprimer.

Un corps squelettique, d'une blancheur maladive, des cicatrices et des ecchymoses. Je me suis fait tatouer les 2 bras, les mains, un peu le torse, le ventre et une omoplate pour tenter de cacher un peu ces blessures du passé. J'ai les cheveux noirs et plutôt longs, mon visage arbore des traits fins, j'ai les joues creusées et les yeux bleus très clair, ils étaient super bleu quand j'étais gamin et au fil du temps ils se sont éclaircis, on m'a toujours dit que plus je grandissais plus mon regard devenait froid. Je suis percé au nez et aux oreilles. Quand je me regarde comme ça, je me demande souvent s'il y aura une différence visible entre mon corps et mon cadavre ? Je me laisse réfléchir puis je m'habille, j'allume une cigarette et je sors. A peine arrivé au boulot les railleries pleuvent sur moi. Je n'avais jamais travaillé avant mais j'imagine que les blagues récurrentes des collègues font partie intégrante du monde du travail. Je travaille de 6h à 13h.

Après ma journée de taf, je rentre chez moi. Je me fais à manger et en général après ça pour digérer je m'allonge sur mon lit et j'écoute de la musique pendant environ une heure le reste de la journée en général je reste dans mon appartement à lire des mangas ou des bouquins sur les conflits du XXème siècle ou alors je dessine. En fin d'après-midi vers 17 ou 18h j'ai l'habitude de monter fumer sur le toit de mon immeuble et d'y rester observer les couchés de soleil jusqu'à ce que la nuit tombe. En général c'est paisible, je suis seul avec ma clope et ma musique dans mes écouteurs. Quelques fois je croise un de mes voisins qui monte souvent fumer un joint après les disputes avec sa femme. Après ça je redescend chez moi, je me mets à l'aise, j'éteins la lumière et je regarde un film, quand je ne regarde rien, je me mets à penser. C'est ma petite routine journalière.

Enfin 13h, ma journée vient de se terminer, mes collègues ont également fini leur journées et commencent à partir un à un, certains rentre chez eux, d'autre se rendent à leurs deuxième travail et d'autres vont au bar. Je viens de me rhabiller, je dépose ma tenue de travail dans un coin, je branche le câble jack de mes écouteurs et j'amorce le chemin du retour. Je marche 15 20 minutes en écoutant le dernier album de Blitzkid. Je rentre chez moi, je range un peu et je réfléchis à comment occuper mon après-midi. Je balaye des yeux mon appartement et j'aperçois la manette de ma Xbox traîner sur ma table basse, j'hésite un peu. Passer des heures à errer dans les plaines hostiles de Skyrim comme le dernier des puceaux ? ou prendre le risque d'enterrer une troisième manette en lançant une partie sur call of duty ? J'ai pas très envie de jouer finalement, je balaye du regard mon salon pendant encore 5 bonnes minutes et je finis enfin par jeter un œil à mes étagères et mon choix finit par se porter sur un bon vieil album de Marsault. J'adore la plume de ce dessinateur et comme il le dit « ses textes lourds et ses dessins gras », ça va beaucoup plus loin que du simple humour noir, il tacle à merveille cette nouvelle société hygiéniste contemporaine. Je me cale sur mon lit et je commence ma lecture.

Dès les premières planches on peut voir sa sorte de mascotte Eugène entrain fracasser un bobo a coup de parpaing. Je souris déjà en voyant ça même si j'ai lu la bd un paquet de fois ça me fait toujours autant rire. Je me rends compte qu'au fur et à mesure que je lis mon ventre se plaint de plus en plus, j'ai rien avalé depuis hier soir en même temps, je pose ma bd et je vais voir pour me trouver un petit truc pour me caler. Je fais partie de ces gens qui mangent pas beaucoup mais qui ont souvent faim. J'ouvre mon frigo et c'est la que je me rends compte que ça fais 4 jours que je me dis qu'il faut que j'aille faire des courses. Malgré tout je finis par tomber sur un reste pizza à l'ananas. Je sais que personne aime ça mais moi perso j'aime bien et puis c'est un bon atout puisqu'à chaque fois qu'un de mes voisins en commande une par erreur il me la donne. Je mange ça vite fait puis je réenfile mes ranjos et je file aux courses. Je descends les escaliers tout en démêlant mes écouteurs, j'habite au 5ème étage, j'arrive au 4ème et là j'entends une voix stridente venir de derrière moi. Chier...

Mme Perez, la voisine du 4ème qui doit avoir pas plus d'une cinquantaine d'année mais qui a au moins 70 ans d'expérience dans l'art de péter les b*rnes. A chaque fois que je la croise j'aimerais tellement pouvoir lui dire que si son fils de 11ans ne sait toujours pas lire l'heure ni écrire son prénom sans fautes c'est pas parce qu'il est différent mais plutôt parce qu'il est complètement con et que si son mari refuse toujours de l'emmener faire le tour du monde c'est parce que faire le tour d'elle en moins de 80 jours relève déjà de l'exploit. Mais non au lieu de ça je garde mon venin en moi et je l'écoute. « Vous savez quoi j'ai vu ce matin qu'une nouvelle locataire allait s'installer dans l'immeuble.

- Une nouvelle locataire, hmm hmm *je m'en bats les c***lles*.

- Oui, une jeune d'à peu près votre âge, elle avait les cheveux teint en bleu et elle était habillée tout en noir. Je l'ai aperçue porter des cartons au deuxième étage, elle va emménager dans l'appartement de Mr Louchkoff.

- Ah Mr Louchkoff a quitté l'immeuble ? *plutôt une bonne nouvelle ça*.

- Oui , je suis allée toquer à sa porte pour lui souhaiter la bienvenue dans l'immeuble mais elle m'a ignoré. Comme je n'ai pas voulu la déranger alors j'ai glissé un papier sous sa porte pour l'inviter à prendre le café.

- Ah oui c'est pas bête *putain mais ça part loin*.

- Et regardez ce qu'elle a répondu. »

Elle me sort un petit bout de papier de son sac à main et le déplie pour que je puisse lire. Bonjour, je m'appelle Yolanda Perez, je suis votre voisine du quatrième. Je tenais d'abord à vous souhaiter la bienvenue dans l'immeuble au nom de tous les voisins et puis je voulais savoir si vous étiez intéressée de passer chez moi cette après-midi pour le café. 😊

En guise de réponse la nouvelle voisine avait juste écrit « Non » en majuscule, en dessous de l'invitation. Au moins la mystérieuse, a fait le déplacement pour aller lui déposer sous sa porte c'est déjà une preuve de politesse. Elle lui évite de se faire péter une coroner en prenant les escaliers pour aller vérifier si elle avait répondu. Aller ça commence.

- C'est un petit peu cassant c'est vrai *putain il faut que je la rencontre*.

- Je trouve ça assez impoli moi aussi, elle aurait au moins pu me remercier de ma proposition.

- Bon Mme Pérez ce fut un plaisir mais il se fait tard et je suis attendu quelque part. *Allez je tente le tout pour le tout*

- Ah très bien, vous êtes attendu où ?

- Chez le dentiste *mais qu'est-ce que ça peut lui foutre ?!*.

- Ah et vous allez chez quel dentiste ? parce que sinon j'en connais un très bien, il s'est très bien occupé de l'appareil dentaire de Valentin.

- Je vais rater mon bus, aller au revoir. *point de non-retour atteint, maintenant je trace et je me retourne pas*.

- Au revoir, bonne journée à vous.

Oh lutin de bordel de merle moins deux je m'en débarrassais plus de celle-là. Je finis enfin par démêler mes écouteurs je les rebranchent et je me lance une petite playlist sympa pour le trajet.

L'espoir c'est pour les cons.Stories to obsess over. Discover now