1 : Veux tu être mon amie ?

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En pleine campagne, là où l'odeur de la boue et du foin règne, une petite voiture rouge descend une route entre deux vallées habitées par des vaches. C'est ma famille. Les Swan. Je m'appelle Anastasia, mais on me surnomme Ana. Ma mère c'est Winifred et mon père Jim.

A l'avant de la voiture, papa et maman allument l'autoradio qui diffuse First Cool Hive de Moby et qui brise le calme de la petite bourgade dans laquelle nous rentrons. Boo, mon labrador au pelage crème, passe sa tête par la fenêtre, ses poils sont balayés par le vent comme sa langue qui pend de sa gueule.

Nous avons décidé de partir de Paris, de quitter la vie citadine pour nous installer au fin fond de la Creuse. Un changement de vie radicale s'imposait. La ville et sa toxicité commençaient à nous ronger de l'intérieur, à détruire l'écosystème en nous, à nous changer en des êtres réduit au schéma "métro, boulot, dodo."

Du haut de mes 20 ans, je suis en pleine recherche de moi-même après avoir abandonné mes études de biologie. Je m'en fiche de quitter la ville pour la campagne profonde car rien ne me retenait là où je me trouvais, la vue de la tour Eiffel me donnait presque la nausée. Que les touristes sont simples d'esprit, ils pensent qu'une tour qui brille la nuit est ce qu'il leur faut pour vivre une vie de rêve, ils se trompent. De loin, elle est certes magnifique, de près, on y voit les crachats des passants et leurs chewing-gums s'étaler sur les parois en fer rouillés.

Papa et maman ont visité une charmante maison de campagne et ont décidé d'y emménager sur un coup de tête. Je ne l'ai vu qu'en photo alors je suis pressée de la voir en vrai. D'après le GPS, on y arrive d'ici une dizaine de minutes. C'est une maison tout en pierre avec un grand étage, trois chambres, deux salles de bains, une grande cuisine, un salon salle à manger et une véranda. La véranda est un critère important pour mes parents, ma mère est artiste peintre et mon père est écrivain et la nature les inspire. Ils aiment regarder à travers les fenêtres, siroter des cafés et des thés sur un balcon. Une véranda avec une vue sur la forêt est tout bonnement parfaite, d'autant plus que mon père écrit des histoires qui font peur.

La nuit, la forêt est différente, elle est austère, mon père n'aura pas de mal à puiser son inspiration entre les cèdres, en regardant les sombres sentiers s'étendre, les bruits de pas des animaux, les cris des renards.

L'horreur est présente dans notre quotidien, il faut apprendre à la voir et à l'entendre et surtout, il ne faut pas la nier.

Nous débarquons sur une petite route proche de l'entrée d'une forêt, la maison s'offre à mon regard, elle est impressionnante. Très rustique et champêtre, elle paraît adorable à première vue mais il est évident que son âme doit s'éveiller la nuit, que le bois du parquet doit craquer, que l'eau dans les tuyaux fasse du bruit.

Je descends de la voiture avec ma simple valise et marche jusqu'au perron, un petit carillon est suspendu proche de la porte d'entrée. Une petite brise le secoue et le métal s'entrechoque libérant un cliquetis qui fait presque froid dans le dos. Boo part en exploration dans le grand jardin qui borde la forêt.

Mon père m'ouvre la porte, le salon est gigantesque mais quelque chose que j'avais déjà vu sur les photos me dérange. Les têtes d'animaux empaillés qui trônent sur les murs, comme des trophées de chasse. Je détourne le regard pour éviter de croiser les yeux luisants d'un pauvre sanglier. Je me balade dans la pièce, tout est plus ou moins vieillot, la décoration semble ne pas avoir évolué depuis les années 50. Je grimpe les escaliers pendant que mes parents déchargent la voiture de leurs effets personnels. Nous avons décidé de voyager léger, nous n'avons pris aucun meuble et avons laissé le maximum de choses dans notre ancien loft parisien.

Le bruit de mes pas dans les marches d'escalier résonne dans toute la maison, traverse les murs. Je me rends à l'étage et je vois une porte entrouverte, c'est sans doute un signe qui montre le chemin de ma future chambre. Je m'y rends et en effet, cette pièce deviendra ma chambre, c'est décidé. Elle est grande, voisine à la salle d'eau et un immense lit double trône au milieu de la pièce. Une coiffeuse en bois blanc fait face au lit aux côtés d'une commode de la même couleur. Je passe mes doigts délicats sur les meubles, la poussière voltige dans l'air et s'écrase sur le sol en traversant un rayon de lumière.

Ma poupée Chucky (Fan Fiction)Stories to obsess over. Discover now