Chapitre 1 :
Encore un anniversaire qu'on ne vas pas fêter, mon anniversaire.
23 ans.
23 ans de solitude et de rejet,
23 ans à affronter la vie, seule.
Ici à la maison, on ne faite pas mon anniversaire. On fête celui de Pablo par contre, mon demi frère. Bien qu'il n'ai que 9 ans, c'est le seul qui me redonne goût à la vie et qui me donne envie de rester encore un peu.
Je caresse doucement ses cheveux alors qu'il s'endort auprès de moi dans mon lit. Il est 5 heure du matin et Pablo m'a vivement réveillée totalement apeuré par le cauchemars qu'il venait de faire. Je n'ai pas hésité une seule seconde pour accepter quand il m'a demandé s'il pouvait rester dormir avec moi. Je ne lui ai pas demandé quel était son cauchemar car je sais très bien de quoi il s'agissait :
Sa mère, une folle dingue qui répétait sans cesse qu'elle regrettais qu'il soit né, ou alors qu'elle aurait dû avorter. Ça a blessé Pablo au plus profond de son petit coeur d'enfant. Et ce pourquoi je le comprend aussi bien c'est parce qu'il a vécu exactement ce que je vis depuis 19 ans, chacun son tour...
Notez l'ironie
Le réveil affiche 9 heures du matin. J'éteins l'horrible sonnerie aiguë qui sort de celui-ci et remarque que le petit corps chaud et tremblant qui était dans mon lit 4 heures auparavant n'est plus là, il a dû se lever. Je sort de mon lit et me prépare psychologiquement aux remarques blessantes que mes géniteurs ne vont pas manquer de me faire part de bon matin. J'enfile une fine veste et sort de ma chambre, je descends prudemment les escaliers pour ne pas tomber et avance vers la cuisine. Il n'y a personne, tant mieux. Je me prépare quelques tartines de pain et de beurre que je mange en peu de temps car j'ai manqué le repas d'hier soir ne me sentant pas vraiment bien. Je bois un verre de lait et pose ce dernier dans l'évier une fois terminé. Alors que je me dirige vers l'escalier une voix m'interpelle. Maman.
- Yüna ? Comment ça se fait que j'ai retrouvé Pablo dans ton lit ce matin ? Je l'ai cherché partout t'aurais pu me prévenir putain
Sa voix est froide et sévère. J'essaye alors de me justifier comme je peux.
- Mais maman il était 5-
sa voix me coupe sèchement.
- Je m'en fou, je t'ai déjà dit d'arrêter de le couver il a bientôt 9 ans. Imagine si tout le monde te protégeait en permanence ! Ce serait invivable !
Ho mais maman si seulement, si seulement on pouvait se soucier de moi au moins une ou, deux minutes? Ce serait le meilleur cadeau d'anniversaire même si je sais qu'on ne le fête pas.
C'est ça, rêve toujours.
Maman sort de la cuisine sans un mots, je fait de même et me dirige vers la salle de bain puis prend une douche. Une fois celle ci terminée je me sèche, enfile un jogging ainsi qu'un tee shirt et me brosse les dents.
Je regarde un court instant mon reflet dans le miroir et voit une simple fille aux longs cheveux d'un brun sombre, légèrement ondulés. Une peau pâle qui me donne envie de vomir, je me dégoute je suis seule. Ma vision se floute dû aux larmes qui commencent à inonder mes yeux. J'essuie ses dernier avec le revert de ma main et sort de la salle de bain.
Je me dirige vers ma chambre et ferme la porte derrière moi, je choisis un livre dans ma bibliothèque et commence à lire ses pages, quelques minutes plus tard, j'entends la porte d'entrée claquer. C'est lui, c'est Manuel.
Manuel est mon beau père, il a rencontré ma mère il y a 5 ans, l'année ou mon père a eu cet accident. Celui qui lui a couté la vie. Maman s'est remarié seulement 6 mois après la mort de papa et je ne lui ai toujours pas pardonné, je trouve ça inhumain et complètement dégueulasse après 10 ans de mariage. Je relativise du mieux que je peut en me disant que sans Manuel je n'aurais jamais connus Pablo, le seul qui compte pour moi à présent.
Manuel m'effraie, il n'est pas doux avec moi et sans vouloir me faire plaindre je suis un peu son souffre douleur. Il n'hésite pas à me taper quand l'envie lui prend, et à vrai dire, à présent je m'y suis fait. De toute façon je n'ai pas le choix, il n'y a personne pour me défendre, et inutile de compter sur maman qui elle s'en contrefou de l'état dans lequel je suis et comme elle dirais si bien : " je ne t'ai jamais désiré Yüna, à quoi bon prendre soin de toi ?"
Comme on dit, parfois les paroles font plus mal que les actes...
- Yüna !
Manuel m'appelle d'en bas, je ferme mon livre puis sort de ma chambre en vitesse, je dévale les escaliers et avance vers la porte d'entrée.
- Oui ? Dis-je d'une voix essoufflée.
- Dépêche toi de me ranger les courses.
Me répond t'il d'un ton las.
Je m'empresse de ramasser les 3 sacs éparpillés sur le sol et me dirige vers la cuisine. Je commence à sortir les aliments du premier sac puis les ranges dans le frigidaire.
- Tu viendras me voir dans la salle de bain quand t'auras fini.
Me dit-il du salon.
- D'accord...
Pourquoi dans la salle de bain ?
Je termine de ranger les courses et me dirige vers la salle de bain comme me l'a ordonné Manuel quelques minutes plus tôt, j'ouvre la porte et entre mais personne n'est à l'intérieur. Je m'assoie alors sur le rebord de la baignoire en jouant nerveusement avec mes doigts, redoutant ce qu'il va se passer.
La porte s'ouvre brusquement 5 minutes plus tard, me procurant un violent sursaut. Manuel rabat la porte derrière lui et s'avance dangereusement vers moi.
10 minutes plus tard :
- Je te préviens Yüna, si tu répète quoi que ce soit je te tue. Ce qu'il s'est passé dans la salle de bain reste dans la salle de bain.
Manuel sort de la salle de bain, me laissant seule, couchée au sol, complètement détruite.
Joyeux anniversaire Yüna.
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IDALGO
RomanceDepuis sa plus tendre enfance, Yüna vit le pire : Des parents violent, assoiffés à l'idée de la voir pousser son dernier souffle, ainsi qu'une solitude presque irréelle, sa vie ne tient qu'à un fil. Après s'être échappée de l'enfer, pensant, pour l...
