---Prologue---

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Dans le monde, l'Amour est omniprésent. À chaque coin de rue, nous voyons des gens s'aimer, comme des amis, comme une famille, et même comme des âmes-sœurs. L'Amour est devenu vital pour certaines personnes. Mais dans mon monde, aimer et ressentir n'importe quelles émotions est une faiblesse. Dans mon monde, nous sommes pour la plupart, des êtres froids, sans ressenti, sans pitié ni empathie. Certains se pensent incapables d'aimer. Je me pensais incapable d'aimer. Dans mon monde aimer est la pire erreur que nous pouvons faire...

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Je marchais lentement derrière le gardien. Le bruit de mes talons claquant sur le sol résonnait dans mes oreilles comme un avertissement. Mes sens étaient en ébullition, faisant attention aux moindres mouvements, aux moindres bruits suspects. L'homme s'arrêta lentement devant une porte et se retourna vers moi. Il m'ouvrit la porte et me fit signe d'entrer.

Mon cœur battait si fort dans ma poitrine que j'avais l'impression que nous pouvions l'entendre résonner dans la pièce. La porte en métal s'était bruyamment refermé dernière moi, me laissant seule avec la personne que je détestais le plus.

- Bonjour Ivy. Quel plaisir de te voir, tu es ravissante. Je suis ravi que tu aies enfin daigné venir me voir. Je ne t'attendais plus.

- Le plaisir n'est pas partagé. Je me serais bien passé de te voir, figure toi.

Je m'avançais vers lui. Il était assis à une table, ses deux mains étaient menottées et posées devant lui. J'allais m'asseoir en face de lui. Ses cernes montraient qu'il ne dormait pas suffisamment. Des creux s'étaient formé sur ses joues, preuve qu'il avait maigrie. Ses cheveux grisonnants étaient rasés très près de son crâne, lui qui les avait toujours longs et attachés en un petit chignon bas. Il n'était pas beau à voir. Ses bras étaient remplis de bleus et de petites entailles.

- Bon, tu te doutes bien que je n'aie pas fait le déplacement pour te parler de la météo. Pourquoi White veut-il me voir hein ? Il doit t'en avoir parlé, vu que vous êtes si proche, dis-je d'un ton plus que sarcastique.

- Mon enfant, je suis ici depuis quelques mois déjà. Comment veux-tu que je sois au courant de quoi que ce soit ? Je n'ai eu aucune visite depuis mon arrivé ici, je suis en zone fermé, je sors de ma cellule uniquement sous surveillance. Donc non, je ne sais pas ce qu'il te veut, me dit-il avec un sourire vicieux sur les lèvres.

- Tu m'es donc d'aucunes utilités. Au revoir... papa.

Une fois sorti de cet endroit de malheur, mon cœur avait repris un rythme normal et je respirais de nouveau. Voir mon père m'angoissais toujours autant. Tout cela pour qu'il ne sache rien. Je soupirais, quelle perte de temps. Je me dépêchais d'enfiler mon casque et d'enfourcher ma moto. Plus je serais loin de cet homme et de cet endroit, mieux je me sentirais.

Une voiture devait venir me chercher dans 10 jours pour m'emmenait voir une vielle connaissance. Je ne savais pas ce qu'il me voulait et cela me rendait nerveuse. J'avais peur qu'il m'annonce une mauvaise nouvelle. Mais si c'était le cas, il ne prendrait pas le soin de m'envoyer un de ses toutous pour me conduire jusqu'à chez lui. Il m'aurait tout simplement appelé.

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Il me restait précisément onze minutes et dix-huit secondes pour passer à l'action, après ça, ma cible quittera sa suite pour aller dîner. J'étais devant un hôtel assez imposant et lumineux, c'était une tour sur une vingtaine d'étages minimum. Une fois dans le hall, je me dirigeais vers l'un des ascenseurs en espérant qu'il soit vide. Bingo ! Je montais alors au douzième étage. Personne n'avait arrêté la cage d'acier lors de son ascension. Je déambulais dans un couloir rouge du sol jusqu'au plafond. Le couloir était plongé dans le silence, toutes les personnes dormant ici étaient probablement parti manger. Quatre minutes. Une fois devant la suite, j'ouvris doucement la porte avant de la refermer derrière moi sans le moindre bruit. Je m'avançais furtivement de quelques pas avant d'entendre ma cible parler.

- Je rentre bientôt, c'est l'histoire de quelques jours encore seulement.

Dommage, tu risques de ne jamais rentrer chez toi.

Une fois sa conversation terminée, il se retourna vers moi et se stoppa net en me voyant.

- Qui êtes-vous et pourquoi êtes-vous dans ma chambre ?

Sa voix trahissait son inquiétude. J'ignorais sa question et m'avançais vers lui alors que lui reculait. Mon visage était neutre, étant habitué à faire ce genre de chose, je n'éprouvais aucune émotion.

- Sortez d'ici ou j'appelle la sécurité !

Tellement cliché et peu original. Aucun ne savait se défendre tout seul. C'était désolant. Une fois assez proche de lui, je lui collai mon arme sur le front. À ce moment-là, je vis la peur passer dans ses yeux.

- Ne fai...

- Supplie-moi !

- Je vous en supplie laissez moi part...

- Trop naïf.

Son corps était maintenant étalé au sol. Une mare de sang commencé à se former sur la moquette grise. Je me retournais alors pour sortir quand je m'aperçus d'une femme à quelques mètres de moi. Elle avait la bouche ouverte et semblait pétrifiée. Je mis alors mon doigt sur ma bouche pour lui dire de ne pas faire de bruit. Elle hocha lentement la tête. Je commençais à m'avancer vers elle et une fois à sa hauteur, je me penchais à son oreille pour lui souffler :

- Tu n'aurais jamais dû sortir de ta chambre. La curiosité est un vilain défaut. Elle causera ta perte.

Avant même qu'elle puisse ouvrir la bouche, son corps jonchait le sol comme celui de l'homme à quelques mètres de là. Je balançais alors une rose noire sur le corps, encore chaud, de l'homme.

Je me dépêchais de quitter la suite avant que la sécurité n'arrive, alerté par les bruits dû aux coups de feu. Une fois dans le couloir, je me dirigeais vers l'ascenseur, celui-ci s'ouvrit sur cinq hommes, tous armés jusqu'aux dents.

- Oh mon Dieu, cet homme là-bas, il... il... il a tué sa femme avant de... de se tirer une balle dans la... la tête, je... je n'ai rien pu faire, dis-je tout en pleurant et en ayant l'air de suffoquer.

- Doucement Madame, vous êtes hors de danger. Nous nous occupons de l'affaire. Veuillez quitter les lieux maintenant.

Une fois dans l'ascenseur et à l'abri des regards, j'essuyais mes larmes d'un revers de main et un sourire apparut au coin de mes lèvres. Tous les mêmes, trois larmes sur le visage d'une femme et le tour est joué.

Je quittais l'hôtel lentement et sereinement. Quand ils comprendront ce qu'il s'est réellement passé, je serais déjà bien loin.

À suivre...

Rose NoireWhere stories live. Discover now