Par définition, la 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 est le fait de n'être engagé dans aucun rapport social quel qu'il soit. Mais selon la vie, la 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 est une sensation d'isolement, parfois choisie et souvent subie. Il nous est alors possible de nous sentir parfaitement seul au milieu d'un groupe d'amis, d'une foule ou dans notre propre famille.
Cette 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 là est la pire de toutes. 𝑬𝒍𝒍𝒆 peut provenir du sentiment d'être incompris ou non-écouté. On se demande alors si l'on est en décalage avec le reste du monde, si l'on est réellement né au bon endroit. On ne trouve pas la place qu'il nous faut pour exister, on s'égare et se perd en 𝑺𝒂 compagnie.
La 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 s'infiltre alors dans notre corps par nos oreilles, en nous murmurant que tout est de notre faute, que nous aurions du être autre chose, quelqu'un d'autre, quelqu'un de mieux. Que nous aurons constamment l'impression d'être un étranger, un acteur passif de notre propre vie.
La 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 s'applique sournoisement à nous démontrer que nous n'arriverons jamais à nous faire entendre et qu'après tout, notre présence vaut la même chose que notre absence.
Ensuite, 𝑬𝒍𝒍𝒆 creuse dans nos entrailles, jusqu'à arriver au niveau du cœur qu'𝑬𝒍𝒍𝒆 s'amuse à broyer entre 𝑺𝒆𝒔 grandes mains. On souffre, on souhaite alors s'exorciser, faire sortir ce mal-être en le crachant. Mais la 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 est tenace, 𝑬𝒍𝒍𝒆 s'accroche et persiste. La colère prend progressivement le dessus. La rage fait accélérer nos battements déjà trop retentissants. On veut hurler, mordre, pleurer, frapper. Faire du mal. On veut être aperçu, remarqué, lié aux autres. La 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 se nourrit de cette rage et creuse un trou béant dans notre âme.
Que sommes-nous ?
Des ombres ?
Des fantômes ?
De simples reflets dans un miroir ?
... Rien du tout ?
Voilà c'est cela. Rien du tout. Il est impossible d'être quelqu'un si l'on n'existe pour personne.
La 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 a triomphé. 𝑬𝒍𝒍𝒆 a pris toute la place et fait tomber une à une nos faibles convictions. Nous ne sommes plus alors qu'un amas de chairs et de ressentiments. De tristesse et de folie.
La 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 est plus puissante que jamais. Le monde nous semble noir, notre corps vide et le ciel sans vie. Même la lune ne brille plus.
« Tu vois, je te l'avais dit. Tu ne vaux rien. Tu n'es personne. Tu vois ces gens autour de toi. Mais eux, t'ont-ils déjà adressés ne serait-ce qu'un regard ? », chuchote-t-𝑬𝒍𝒍𝒆. Non, bien-sûr que non.
La 𝐕𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞́ rejoint alors la 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 dans son ballet diabolique. 𝐄𝐥𝐥𝐞 s'impose à nous comme une évidence tellement douloureuse qu'𝐄𝐥𝐥𝐞 nous brûle de l'intérieur. La haine autrefois portée sur les autres change de cible et nous pousse à nous détester.
Qu'avons-nous fait pour mériter ça ? Pourquoi la vie est-elle si injuste ? Pourquoi le monde est-il si mal construit ?
La 𝐕𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞́ et la 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 se félicitent, victorieuses. Elles se pensent alors indétrônables. Surpuissantes.
Jusqu'à ce qu'une main vienne défaire une à une les couches de noirceur qu'Elles ont lentement déposées, pour ensuite faire exploser la coque sombre et opaque autour du cœur pour lui rendre sa liberté.
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À travers l'acier
Roman d'amourToutes les existences sont liées les unes aux autres. C'est ce que Luna avait compris ce lundi matin, en se rendant à son lycée. Elles s'affectent mutuellement, laissant généralement des traces plus ou moins profondes en chacun de nous. Mais que se...
