Chapitre 1- Layana

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Point de vue: Layana

J'ai toujours eu un instinct de merde. A chaque fois que je pence que le coup va arriver par la droite, je m'en prend une par la gauche. 

Mais jamais, jamais je n'aurais pu imaginer que le coup viendrais de lui.  De ma chaire, de mon sang. Je me suis prise la plus grosse gifle de ma vie en ce vendredi 17 février. J'ai tout perdue. J'ai eu droit à un aller sans retours en enfers. "Bienvenido en infierno hermanita".

Et aujourd'hui je me retrouve dans une situation des plus traumatisante. Enfaîte je sais que je ne m'en remettrais jamais. Aucune personne normalement constituée ne pourrais se relever d'un tel cauchemars. Alors je sais que je suis morte. Layana Murillo comme ont la connaissait est morte. Elle ne pourras plus jamais fermer les yeux sans revoir cette ombre. La pire qu'elle ait dut affronter. Comment continuer de vivre après ça ? Je les aient perdus, les deux. Pourtant je savait que Tijuana n'est pas une ville où les gens peuvent vivre heureux. Ici c'est la guerre des gangs. Comme dans tout le pays, la devise chez nous c'est la mort, la drogue, la torture et le viol. Mais généralement on réussi à passer au travers de l'horreur qui se propage autours de nous. La vie n'est pas rose au Mexique. On naît ici alors on sait qu'à un moment on finira noyé dans la violence.

Je pensais que je réussirai à vivre sans jamais recevoir la moindre goûte de ce monde. J'ai eu tord. Tout le monde y passe. A Tijuana tu ne peut pas connaître les gens qui t'entoure. Même si tu te croit dans une famille aimante, protectrice et loin de toute cette horreur, c'est faux. C'est que ta vie est un putain de mensonge. Tout comme la mienne. Si tu crois ça, ça veut dire que comme moi tu vas tomber. De haut, de très haut. Et putain que ça fait mal de tout perdre d'un coup. Son enfance, sa vie, ses amis. La seule personne qu'il me reste c'est moi même. Par ce qu'à lui jamais je ne pourrais lui pardonnerai. JAMAIS!

Comment il  pu me faire ça? Pas à moi. Je ne suis pas assez forte pour surmonter cette histoire. Je suis en colère et j'ai peur. La tristesse elle est partie depuis une semaine déjà. Mais la peur, elle elle est toujours là. Elle me bouffe de l'intérieur. Et putain que je ne me suis jamais laissé faire. Je me suis toujours battue. Par ce que c'est comme ça quand on est une femme et qu'on naît au Mexique. Les hommes ici ont tout les droits sur nous. Mais pas sur moi. Je me suis toujours dit ça. Jusque à  Vendredi ou c'est un homme qui m'a tuer. Une balle dans la tête... dans la tête de mon père.

J'ai jamais eu de mère. La première m'a abandonné à la naissance. Elle est partie quand j'avais quelques jours. J'ai vraiment aucun souvenir de cette femme dont j'ignore même le visage car je n'ai jamais vu de photo d'elle. Mais j'imagine que je lui ressemble. Puisque je n'ai aucun trait de mon père. Excepté mes cheveux qui sont aussi noirs que les siens.

Ma deuxième mère est morte quand j'avais 7ans. Accident de voiture. Un matin elle était là et le soir même elle était à le morgue. La non plus je n'avais rien vu venir. Mais bon je ne vois jamais rien venir de toute façon. Je vous l'ai déjà dit. J'ai un instinct de merde.

C'est cette deuxième mère que j'ai le plus aimée. Elle m'a élevé avec mon père et m'a aimée. Je le sais, elle me le disait souvent le soir quand j'allais me coucher. "te quiero mi pequeña". Si elle me voyait aujourd'hui je sais qu'elle pleurerait. Elle pleurait tout le temps. Le plus souvent c'était la faute de mon frère...mon frère, Leandro Murillo. Ino se disputait tout le temps avec lui. Et ça finissait toujours pareil, elle partait pleurer dans la cuisine et lui s'enfermait dans sa chambre. Je pense que c'était difficile pour Leandro de voir notre père amoureux d'une autre femme que sa mère. 

Et toi papa... tu pleurerais aussi si tu me voyais aujourd'hui. J'en suis sûre.

Je ne t'ai vu pleurer qu'une seule fois. Je me souviens j'étais tombé dans les escaliers de la maison et en me réveillant à l'hôpital la première chose que j'avais vu c'était cette larme sur ta joue. Juste une. Tu avais eu tellement peur pour moi. Tu avais toujours peur pour moi. Mais tu m'as appris a me battre. C'est toi qui m'a dit qu'à Tijuana on me forcerait à écarter les jambes mais que jamais je ne devrait céder. Jusqu'à présent je m'en suis bien sortie. Je t'ai toujours écouter. Et quand j'ai cassé le nez de ce mec dans le métro par ce qu'il me collait un peut trop je n'avais pas peur. Je suis la fille d'un homme fort alors j'ai été obligé d'être forte. J'ai pris une grande inspiration, j'ai serré mon poing et en y mettant toute ma force et l'élan de mon corps j'ai écrasé ma petite main sur son visage de vieux pervers dégueulasse. Le contact avec sa peau m'a dégoûté. Je me souviens avoir entendu un "crac" sous mes mains. Et ça m'avais fait sourire. Vraiment sourire. Le problème c'est que d'après les lois de se pays de merde, mettre la mains au cul d'une jeune fille de 16ans n'est pas illégal et quand je lui est pété le nez je me suis directement fait arrêté. Papa est venue me chercher au commissariat et à du payer une amande pour ma "violence injustifié". En le voyant je n'ai pas oser le regarder dans les yeux. J'avais l'impression d'avoir fait la connerie du siècle. Je n'ai jamais eu peur de papa, il n'a jamais été violent envers qui que se soit mais j'étais terrorisée à l'idée de l'avoir déçu.  Et pourtant en montant dans la voiture il m'a dit

"dans ce pays les femmes ne sont pas libres, les gens te diront le contraire mais toi qui le vis tu t'en rendra rapidement compte. Et je suis un homme alors jamais je ne vivrais en me posant les mêmes questions que toi. Mais ma fille à moi elle est forte. Ma petite Layana. Tu porte mon nom alors forcément tu es forte et jamais tu ne pourras en douter. Ta famille c'est ta force. Aujourd'hui et demain se sera toi, Leandro, Ino et moi. Tu n'as besoin de personne pour te défendre et ce sale type en est la preuve alors oui tu es forte et je ne t'en voudrais jamais pour ça. Alors non tu ne m'as pas déçu. En revanche je l'aurais été si j'avais appris que tu avais eu peur et que tu ne t'étais pas battue. Layana elle se bat. Tout les jours. Parce que c'est comme ça chez nous. Si tu cesse de te battre rien qu'une seconde alors Layana disparaîtra et ça ça ne doit jamais arrivé tu comprend ?"

Une larme coule sur ma joue. Mais comment je peux encore me battre papa ? J'ai trop mal. Mon avenir à fermé les yeux à l'instant ou tu en a fait de même. Je n'ai plus rien pour vivre. Plus de famille, plus de vie. Je suis morte.

Mais pas enterré...

Alors je continuerais à me battre...

Encore,

Encore.

Par ce que c'est comme ça que tu m'as appris à vivre,

Par ce que ta petite Layana ne doit pas sombrer.

Mon cœur est trop blanc, trop pur, pour ce pays. Je vais me faire bouffer par ce monde j'en suis sûre. Mais même si ça doit arriver je ne me laisserais jamais faire. Et je lutterais jusqu'à ce que mes dernières forces m'abandonnent. Jusqu'à se qu'on me crève les yeux, jamais je ne les fermeraient. Jusqu'à se qu'on me casse les jambes, jamais je ne poserais un genou à terre. Et jusqu'à se qu'on me tire une balle en plein cœur, jamais cette flamme à l'intérieur de moi ne pourras s'éteindre.

Jamais. 

Par ce que c'est ce qu'ils veulent. Blesser et diviser pour mieux régner. Mais moi je m'appelle Layana Murillo. J'ai le visage d'une femme inconnue, les cheveux d'un soldat et l'amour d'une mère. 

Je suis naît au Mexique alors j'ai un caractère à faire trembler les murs, je suis une femme alors je suis belle et forte, je parle espagnol alors je peux aussi être sensuelle. Je suis Layana Murrillo alors je suis une battante.

Mais pour eux qui ont tués mon père, je ne serais qu'une battante. Qu'une écharde dans leurs chaussures qui leur feront hurler de douleurs chaque fois qu'il poseront le pied au sol. Et chaque fois qu'il penseront m'avoir tué pour de bon... je reviendrais. Tant que je ne serais pas enterré je me battrais et jamais, jamais il n'auront le dessus sur moi, sur mon mental et sur mon physique.

J'essuie cette larme qui à coulée sur ma joue. J'ai peur. Bien sur que j'ai peur. Mais si je leur montre alors je perdrais.  

Je me laisse m'écrouler sur le dossier de ce canapé. J'aurais pu trouver cette pièce jolie et accueillante dans un autre contexte. Mais aujourd'hui ça fait exactement 10 jours que mon père et mort. Aujourd'hui ça fait 10 jours que je suis enfermée dans ce salon.

10jours...

10 putains de jours que je suis prisonnière.

10jours...

10jours que je ne pense qu'à deux choses.

mon frère...

Et comment me casser d'ici le plus vite possible.

InfiernoWhere stories live. Discover now