Introduction

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20h30, 47 rue de la Charité , commissariat de police Lyon 2ème :


- Mademoiselle, je voudrais vous voir seul à seul. Cette histoire a assez duré, il est temps de mettre certaines choses au clair.

- Je n'ai rien à vous dire.

- Arrêtez un peu ! Suivez-moi de suite dans mon bureau avant que je n'en passe aux mains !

La prenant par le bras, il l'amène sans ménagements dans son bureau.

 Aujourd'hui, les affaires ne se sont pas déroulées comme prévu. C'est énervant. Tout ça pour une petite erreur de ma part. J'aurais dû être plus prudente, je vais encore l'inquiéter. Pauvre gosse, à attendre seule à l'appartement...

- Que voulez-vous savoir ? soupira-t-elle baladant son regard dans la pièce.

- Ce que je veux savoir ? répète-t-il bêtement. Tu me demandes vraiment ça ?! Où est cette petite pétasse avant que je te bute ?! Hein ?! Dis-le moi avant que je tire ! crie-t-il son arme sur ma tempe. Tu n'aurais jamais dû la prendre avec toi ! Elle est à moi, tu comprends ça ?! 

- Je ne te dirais rien connard, répondit-elle avant de lui cracher au visage. 

Elle affiche un air menaçant, déterminée à ne rien lâcher. 

Il s'essuie et la gifle avec ardeur. 

- Fais tes prières petite salope. Tu mérites même pas de vivre. Ça devrait être ça la justice de nos jours...

L'homme prétentieux n'hésite pas à placer un sourire couvert de démence. Mais, sans dire un mot, le regardant droit dans les yeux, l'humanité l'ayant quittée, face à son destin elle sourit. La femme ferme les yeux, gardant à l'esprit le visage flou de sa protégée depuis deux mois.

Les minutes coulent dans le couché du Soleil. La vie dans les rues ne se doute de rien. Les arbres continuent à fleurir. Le vent siffle doucement et les oiseaux chantent une mélodie. Macabre. 

Le rouge du Soleil devient plus menaçant encore. La noirceur des routes goudronnées montre le chemin de la mort.  La chaleur étouffante de ce soir donne un goût amer à tous les passants qui viennent admirer leur confort. Sous les lumières des réverbères, la paix et la guerre deviennent la balance du monde. 

Sans crier gare, au milieu de nulle part, un bruit sourd se fait entendre et résonne dans les rues. Eux ignorent, marchent et se taisent. Les pigeons volent dans l'air, libres dans une vague de frissons. 

Elle ouvre les yeux et prie. Inspire. Souffle. Ses paupières prendront le dessus.

Adieu gamine. La prochaine qu'on se revoit, tâche d'avoir des rides et des cheveux blancs. J'espère qu'il y a assez d'argent dans le tiroir... Casse toi et oublie-moi, je ne veux pas de pitié envers moi, ni de haine envers les autres. Casse toi, je ne me veux pas dans ta mémoire pour le restant de tes jours. Je n'ai pas été prudente, c'est de ma faute. Laisse les adultes gérer ça. Et si tu m'aimes, t'as intérêt à te barrer sale petite conne. Espèce de... petite conne. Pourquoi... tu agis toujours comme une petite conne ? Il faut toujours... que tu aies le dernier mot... hein ?

Arrête un peu, tu veux bien ?  Arrête... de me donner envie de vivre...

Lana...

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⏰ Last updated: Sep 05, 2021 ⏰

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La TulipeWhere stories live. Discover now