Mai 1492. Je ne sais pas vraiment comment c’est arrivé mais me voilà sur un bateau qui pars en expédition vers un soi-disant nouveau monde. C’est assez ironique, un bateau qui vogue vers l’inconnu avec à son bord que des personnes qui n’ont plus rien à perdre. Je m’appelle Peter Johnson, j’ai 17ans et aucune famille qui attend patiemment mon retour ou des lettres de ma part, aucune attache seulement un contrat me liant jusqu’à la fin de ce voyage en tant que marin sur ce navire. Ça fait maintenant 1 mois que nous avons quitté le port, la vie sur un bateau est plus dure que ce que j’avais imaginé… Le manque de sommeil se fait ressentir et les aléas de la météo sont devenus un quotidien parfois éprouvant. Malgré cela je commence doucement à prendre mes marques, le capitaine m’a confié la gestion des stocks d’armes, de nourriture et des médicaments, j’ai beau avoir grandi dans un orphelinat qui ne se souciait guère des enfants qu’ils recueillait, la marâtre qui nous gardait nous a quand même forcé à apprendre à lire et compter, faisant de moi un des rares marins à pouvoir occuper ce poste. Pourtant, ce matin les ennuis commencèrent à arriver et pas des moindres, en me levant j’ai trouvé étalé sur le pont principal le corps d’un de mes camarades, une étrange mousse blanche sortait de sa bouche. D’après le médecin se serait une simple intoxication alimentaire, assez banale sur un bateau où les conditions de vie et d’hygiène sont parfois douteuses. Cependant, on était loin de se douter que se ne serait pas le dernier… Seulement une semaine après le premier décès un autre corps fut trouvé, cette fois dans la cale qui nous fais office de dortoir. Même symptômes, la même mousse blanche au niveau de la commissure des lèvres qui me rappelle d’ailleurs l’horrible Pitbull de la voisine dans mon ancien quartier, ce chien passait ses journées devant le grillage à regarder les passants en grognant comme si ils étaient son prochain repas. L’atmosphère commence à être tendue au sein de l’équipage, certains pensent qu’une maladie est en train de se propager à bord, personnellement je reste un peu sceptique je les laisse croire ce qu’ils veulent mais hélas ce genre de drame est fréquent, ce n’est qu’un enchainement de malchance.
Après deux semaines plutôt calme les plus paranoïaques commencent enfin à se calmer et le trajet retrouve le calme qu’il avait lors de notre départ 2 mois plus tôt. C’était trop beau pour être vrai. Ce matin en me levant j’entends le cri du cuisinier parvenir jusqu’à la cale. Nous avons tous bondi de nos hamac de fortune pour découvrir ce que nous redoutions, encore un… Cette fois c’est le commis de cuisine qui a été touché, toujours avec cette mousse blanche qui maintenant me donne des frissons en la voyant. Je commence tout de même à me poser des questions, trois morts en l’espace d’un mois et cela dans des circonstances assez glauques je veux bien ne pas être le plus chanceux des hommes mais quand même, j’ai de plus en plus de mal à croire à une coïncidence. Les autres ont jetés le corps à la mer, encore un innocent qui ne servira qu’à nourrir les requins, pas très glorieuse comme fin… Comme toujours au coucher du soleil je vais faire un tour au niveau de la réserve de médicaments, le cuisinier se plaint d’un mal de crâne depuis le début de la matinée. Cependant un détail attire mon regard, je suis assez maniaque donc je range les flacons par ordre alphabétique et croissant, en les alignant parfaitement, mais là certaines fioles ne sont pas à leur place initiale j’en suis persuadé. En regardant le carnet de compte que je tiens soigneusement depuis le départ il en manque même deux et pas des moindres, un petit liquide bleuté à base d’opium utilisée comme antidouleur dans les cas graves, sauf que mal dosé ça peut provoquer la mort avec une réaction similaire à une overdose. Maintenant que j’y pense ça paraitrai logique, la mousse blanche et les flacons qui disparaissent, mais cela voudrait aussi dire que se sont pas des morts naturelles, on aurait un meurtrier à bord. Un frisson d’excitement me parcourt alors que cette idée caresse mon esprit, pour un orphelin sans véritable vie et sans avenir l’éventualité d’une chose pareille est une occasion rêvée de mettre un peu de piment dans cette existence morne. Si j’arrive à coincer le coupable je recevrais le respect de mes pairs et leur gratitude, je me voyais déjà récompensé par le capitaine et recevoir les honneurs, « Peter Johnson, le plus jeune capitaine et le plus valeureux ! ». Certains diront que je m’emballe trop vite mais exalté par cette image prometteuse je me dirige avec hâte vers la cabine du capitaine pour lui faire part de mes soupçons. Il me reçut rapidement entre deux lettres à écrire au gouverneur mais ça me fit l’effet d’une douche froide. Il rigola et me tapa sur l’épaule et félicitant mon imagination débordante mais que j’étais seulement un gamin sans expérience avec une soif d’aventure caractéristique des jeunes de mon âge. Il me congédia d’un geste de la main en me conseillant de reprendre mon travail correctement sinon il serait obligé de sévir et je pris le chemin de mon hamac, vexé de ne pas avoir été pris au sérieux.
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Voyage en eaux troubles
Historia CortaNouvelle narrant l'histoire d'un jeune marin orphelin qui va devoir faire face à des événements étranges durant sa traversée et affronter ses démons intérieurs. Histoire courte mais surprenante.
