Chapitre 1: A wedding

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Ce matin-là, sur la rive droite de l’East River à Brooklyn, le 23 novembre, un jeune homme châtain émergea de son lit avec un grognement quand le cri strident de son réveil retentit dans ses oreilles. La journée allait être longue et il n’était que cinq heures du matin. Il se tourna et se retourna pendant quelques minutes dans son lit en gémissant de douleur quand il étendit ses muscles. Il ouvrit péniblement un œil alors qu’un rayon du soleil le transperça le forçant à le refermer immédiatement. Il poussa un soupir de frustration et envoya valser sa couverture alors que l’air frais de sa chambre effleura son corps. Il se releva d’un coup car il n’avait pas vraiment le choix, il avait froid, il était fatigué mais s’il ne se levait pas maintenant, il allait le regretter quand il serait entrain de courir dans tous les sens pour que tout soit prêt à temps. Il glissa ses pieds dans ses chaussons en laine avec de petites têtes d’ours et se déplaça à contre-cœur jusqu’à sa coiffeuse. Elle se trouvait juste en face de sa salle de bain personnel et elle avait beau être composée d’un simple meuble en bois marron et d’une plaque en verre avec un miroir posé dessus, il l’adorait. Il l’adorait et il ne s’en séparerait jamais parce qu’elle appartenait à sa mère. La première chose qu’il faisait tous les matins, avant même d’aller se laver, avant même de manger et avant même de s’habiller, était son soin du visage. Ce rituel quotidien avait une place particulière dans la routine du garçon, c’était un moment de détente et de bien être avant que ses affreusement longues journées ne lui tombent dessus. D’ailleurs, celle qui l’attendait allait surement être particulièrement longue.

Il prit place devant le grand miroir juste au-dessus de la table sur laquelle s’était des dizaines de produits indissociables. Il releva les yeux vers son reflet et observa les traits de son visage. Il avait moins de cernes que d’habitude grâce au maque qu’il avait appliqué la veille et il en fut très heureux. Mais d’un autre côté ses yeux ne brillaient pas. Depuis toujours, la lueur au fond de ses yeux reflétait son état d’esprit, s’il était heureux ou excité, il y avait toujours cette petite étoile au fond de ses pupilles mais pas aujourd’hui. Il n’était pas d’humeur joyeuse, cette journée était juste une obligation, quelque chose dont il avait juste envie de se débarrasser. Il commença par nettoyer son visage avec de l’eau micellaire avant d’appliquer quelques crèmes sur son visage, plus de fois qu’il ne le faisait généralement, pour lui donner l’air plus frais, plus éveillé. Il voulait être parfait car malgré le fait que cette journée ne l’enchantait absolument pas, il refusait d’être moins que sur son trente-et-un. Une fois qu’il fut satisfait de son travail, il se leva et fila dans sa garde-robe. Il choisit méticuleusement ses vêtements même s’il allait se changer un peu plus tard et fila dans la salle de bain.

Il prit tout le temps qu’il fallut pour être sûr qu’il ne reste aucune trace de saleté sur lui. Il frotta toutes les cellules mortes de son corps avec son savon préféré qui sentait la vanille et lava ses cheveux avec son champoing à la noix de coco et un masque aux amandes. Il aimait prendre soin de lui ainsi, il aimait se sentir entièrement propre et il tenait à l’être aujourd’hui. Il s’habilla en hâte et courut dans le salon. Il avait préparé son petit-déjeuner la veille pour perdre le moins de temps possible. Il sortit la pâte à crêpes du frigo avec des fruits et un jus d’orange. C’est comme ça qu’il préférait manger le matin, c’était le petit-déjeuner idéal et il allait s’offrir ce luxe. Il mangea en silence à sa table, appréciant le silence qui régnait dans la pièce. Bientôt ce ne sera plus le cas se dit-il avec une mine triste. Il finit rapidement et lava la vaisselle qu’il avait sorti. Il détestait que quoi que ce soit de sale traine dans son appartement alors il voulait le faire avant de le quitter presque définitivement.

Il avait préparé une sacoche et un sac avec tout ce dont il avait besoin qu’il empoignât avant de récupérer son manteau et ses clés. Il se dirigea vers la porte, l’ouvrit et se retourna une dernière fois pour regarder son appartement. Il n’allait pas revenir là pendant un bout de temps alors il laissa courir ses yeux de manière nostalgique sur les meubles qu’il avait méticuleusement choisi il y a quelques années. Il prit une profonde inspiration et ferma la porte derrière lui. Le froid glacial de New York lui frappa le visage quand il sortit de son immeuble. Il lutta contre le vent jusqu’à héler un taxi. Une fois qu’il fut assis dans la voiture, il s’installa confortablement sur son siège et laissa ses yeux suivre le paysage qui défilait derrière la fenêtre. Il était 6 heures.

Un peu plus loin, de l’autre côté de l’East River, à Manhattan, tout en haut d’un immeuble flambant neuf, dans un appartement qui faisait presque la taille d’une maison de banlieue, tout au fond d’un long couloir, dans une large pièce, une masse de cheveux brun dépassait d’une grosse couette. Cette masse bougea contre les coussins et le jeune homme qui se cachait dessous grogna. Ce réveil si tôt était une vraie torture mais il n’avait pas vraiment le choix, ni pour le réveil, ni dans toute cette histoire. Quand il se leva, il trébucha sur ses chaussures qu’il avait dut laisser tomber sur le sol hier soir. Il faillit s’étaler sur le sol mais se rattrapa à sa commode avant de soupirer bruyamment. Cette journée commençait très mal. Il essaya de se concentrer sur les points positifs et traina du pied jusqu’à la salle de bain. Il se lava un peu mieux que d’habitude et pris le temps de porter attention à chacune des parties de son corps qu’il calculait à peine d’habitude, ses ongles, son nez, ses mains et ses oreilles. Il voulait être aussi parfait que possible. Il s’habilla avec ce qu’il avait sous la main, un jean qui sortait du sèche-linge et un vieux tee-shirt. Il n’était pas d’humeur à bien s’habiller aujourd’hui.

Il alla déjeuner, un chocolat chaud pour se réveiller et du bacon parce qu’il adorait ça. Il ne prit même pas la peine d’accompagner son repas d’un jus ou ne serait-ce qu’un œuf, il n’en avait pas envie. Il tourna sur son tabouret et tomba avec son costume parfaitement plié sur son canapé. Son père avait dû passer hier soir pendant qu’il était dans sa chambre et il avait dû laisser ça pour le grand jour. Il prit soin de le mettre dans un sac sans pour autant le froisser et récupéra le reste de ses affaires avant de filer à l’extérieur. Il était presque en retard. Son chauffeur l’attendait en bas, la longue voiture noire posté devant son immeuble lui fit plus peur qu’autre chose. Cette berline était généralement synonyme de joie, de sortie entre amis, de rencards mais pas pour aujourd’hui. Une fois qu’il sera monté à l’intérieur, il en pourra plus faire marche arrière. Son téléphone vibra dans sa poche et il le sortit pour voir qui cherchait à le contacter et sans grand surprise c’était son père qui lui ordonnait de se dépêcher. Il leva les yeux au ciel et ouvrit la portière avant de se glisser dedans. Il salua son chauffeur qui ne lui rendit qu’un simple demi sourire et se laissa tomber contre le dossier de son siège. Il tourna son téléphone entre les pouces avant d’aller dans sa galerie et de cliquer sur la même photo qu’il regardait depuis maintenant des mois voire des années.

Le châtain arriva à Farhampton deux heures plus tard et il fila directement dans sa loge. L’endroit était presque vide, évidemment, la réception n’avait lieu que dans quatre longues heures. Le garçon sorti avec précaution son costume et le posa sur le lit. Un grand miroir se trouvait au milieu de la pièce et il se plaça devant lui pour s’observer pendant qu’il se changeait. Ça allait prendre des heures pour qu’il soit présentable alors il devait commencer rapidement. Il décida de changer ses sous-vêtements et ses chaussettes par pur précaution, il n’allait pas se changer de toute la journée alors il voulait être confortable et ça impliquait un boxer qui ne comprimait pas ses parties intimes. Il enfila ensuite son pantalon qu’il laissa ouvert pour pouvoir y rentrer sa chemise. Celle-ci était presque transparente alors il décida de mettre un maillot en dessous avant de l’enfiler et de le boutonner un bouton par un bouton. Il la lissa les quelques imperfections avant de la rentrer dans son pantalon et de le boutonner. Il passa ensuite une bonne heure à arranger sa coiffure à laquelle il portait un soin très particulier.

La berline du brun dérapa devant le grand bâtiment blanc qui ne lui inspirait rien de bon. Pour chaque couple qui était passé avant le sien, ce bâtiment représentait aujourd’hui de merveilleux souvenirs mais pas pour lui. Il sortit de la voiture à contre-cœur et encore plus quand le froid s’infiltra dans ses vêtements. Il grimaça et avança vers la grand double porte. La première chose qu’il constata en rentrant fut que l’endroit comportait beaucoup trop de fleur. Elles en étaient presque écœurantes. Il monta les marches de l’escalier en colimaçon une par une jusqu’à atteindre un long couloir où était aligné des dizaines de portes. Il passa devant quelques-unes d’entre elles avant de s’arrêter devant la sienne. C’était dans cette petite pièce qu’il allait passer les quatre prochaines heures et il avait vraiment peur d’étouffer. Il poussa la porte et s’enferma à l’intérieur.

Exactement 3 heures 35 minutes plus tard, deux coups se firent entendre à la porte du châtain. Le garçon fit volte-face et lâcha sa laque sur son lit et se précipita vers la porte. Il passa ses mains sur sa veste pour être sûr qu’il était présentable et regarda une dernière fois son reflet dans le miroir avant qu’une voix ne l’interpelle :

« Fiston, l’appela son père, est-ce que tu vas bien ? »

Le garçon soupira de soulagement et s’empressa d’ouvrir la porte :

« Papa, sourit-il en se jetant dans ses bras, j’avais hâte que tu arrives.

-Je suis désolé, la salle en bas est pleine à craquer et il y avait plein de choses à régler.

-Je vois…

-Hey fiston, murmura l’homme en le serrant un peu plus contre lui, sois honnête…est-ce que tu te sens bien ?

-Oui je…un peu stressé je suppose, répondit honnêtement le châtain.

-Je comprends, mais tu peux toujours tout annuler si tu veux…

-Non, le coupa son fils, je…c’est pour mon bien je le sais.

-Très bien et ben...je te laisse finir de te préparer même si tu es très bien comme ça.

-Tu rigoles, s’esclaffa le châtain, est-ce que tu as au moins vu cette mèche qui dépasse et ce fichu bouton qui refuse de se mettre droit comme les autres ! »

Son père rigola et sortit de la pièce lui laissant le temps de finir. Le châtain laissa échapper des grognements de frustration pendant qu’il se débattait avec tous les défauts qu’il était le seul à voir sur sa tenue.

Un peu plus loin, le brun avait fini de se préparer depuis bien longtemps et était maintenant assis sur son lit, ses jambes bougeant de haut en bas alors qu’il soupirait bruyamment. Il attendait juste que ça passe, il voulait simplement en finir. Trois coups à la porte le fit sortir de sa rêverie et il se leva pour aller ouvrir. Derrière la porte se trouvait son père qui, pour une fois dans sa vie, lui souriait. Richard Anderson était un homme bon mais apparemment, il refusait de l’être avec son propre fils, mais ça allait bientôt changer :

« Père, le salua le brun.

-Comment vas-tu fils ? Tu te sens bien ? Tu es prêt ?

-Oui je…je crois.

-Je suis fier de toi, sourit son père en posant une main sur son épaule.

-Merci, souffla le garçon peu habité à ce genre d’attention de la part de son père.

-Je t’en prie. Tu dois être en bas dans cinq minutes. Et…recoiffe toi, on voit encore tes boucles.»

Blaine perdit son sourire et hocha la tête en signe d’approbation alors qu’il regarda son père s’en aller. Des fois il se demandait si ça vie serait différente si son père était plus doux, plus gentil ou même ne serait-ce qu’un tout petit peu attentionné avec lui. Il se força d’oublier ses idées néfastes et se reconcentra sur son reflet. Il allait le faire, il était prêt, il allait faire le grand saut.

Le châtain tournait en rond dans sa chambre. Il était en état d’alerte, ses sens étaient aiguisés et il était à fleur de peau. Il n’était peut-être pas prêt après tout, peut-être que c’était trop précipité, ou qu’il était trop jeune. Peut-être qu’il n’en voulait pas ce fichu arrangement. Un nouveau coup à la porte le fit sortir de ses pensées et il se retourna. Il vit la porte s’ouvrir lentement dévoilant sa meilleure amie, Mercedes :

« Hey Porcelaine, s’exclama-t-elle avec un sourire pour le rassurer, est-ce que ça va ?

-Oui je…ça va aller.

-Tu es magnifique, le complimenta la jeune fille en lissant un des pans de sa veste.

-Merci, répondit de manière monotone le garçon.
-Il va t’adorer.

-Je l’espère, marmonna le châtain avec un sourire triste.

-Je te l’assure…Je suis venu te chercher parce que ça va commencer et ton père t’attends en bas des escaliers.

-J’arrive. »

La jeune fille lui sourit une dernière fois et s’éclipsa en silence. Le garçon attendit d’entendre le verrou de la porte se fermer pour se retourner vers le miroir et s’inspecter une dernière fois. Peu importe s’il était prêt ou non, il devait le faire. Il n’était pas trop mal ainsi, son costume lui taillait bien, il mettait en valeur sa musculature et mettait en valeur son teint. Mais ces vêtements étaient le dernier de ses soucis. Il avait peur, dans quelques minutes toute sa vie allait basculer mais c’était la bonne décision. Oui, il ne savait pas à quoi s’attendre, il ne savait pas non plus ce qui allait se passer après mais il n’avait pas vraiment le choix. Il prit une grande inspiration et sortit de la pièce. Aujourd’hui, il allait se marier.

Le châtain descendit les escaliers en se forçant à sourire, un faux sourire mais un sourire quand même. Son père le regarda descendre les yeux brillants et le garçon passa son bras sous le sien quand il put l’atteindre. La main de son père se posa sur la sienne pour le rassurer et il bloqua ses yeux sur la porte devant lui. Elle était bien plus grande que lui, impressionnante, effrayante. Il entendit quelques notes jouées au piano s’élevait dans l’air et la double porte s’ouvrit devant lui. La première chose qu’il remarqua quand il put enfin distinguer quelque chose fut le nombre dingue de personnes dans la salle. Une boule se forma dans son ventre et il fit un pas quand son père le tira un peu en avant. Il releva les yeux vers l’estrade devant lui, sur laquelle se trouvait, droit comme un I, son futur mari. De loin, il était de taille moyenne, ses cheveux étaient emprisonnés sous un casque de gel et son costume épousait chacun de ses muscles. Mais ce qui attira le plus son attention fut ces yeux marrons verts avec des reflets dorés qui rencontrèrent les siens. Son souffle se bloqua dans sa gorge et ses yeux s’élargirent, il était absolument magnifique.

Quelques minutes plus tôt, le brun avait salué tous les gens qu’il connaissait avant d’être coupé par son père qui lui avait ordonné de venir se mettre à côté de lui. Père et fils s’étaient alors placé au bout de l’allée et la salle s’était tut. Le brun s’était soudainement sentit mal et il avait failli s’évanouir. Tout le stress inonda son corps et il faillit fuir en courant si son père ne le tenait pas fermement. Sa mère, Pam, vint se placer de l’autre côté et la cérémonie commença. Tous les visages se tournèrent vers lui et la petite famille fit quelques pas vers l’autel. Le garçon sentait son cœur tambourinait dans sa poitrine et même le regard rassurant de ses deux meilleurs amis et témoins n’arrivèrent pas à le calmer. Il monta sur la petite estrade et se tourna vers ses parents pour les saluer. La main de son père se posa sur son épaule et sa mère le prit dans ses bras. Ils lui murmurèrent, tous les deux, bonne chance avant d’aller s’asseoir à leur place respective. Le brun se sentit soudainement démuni et sa respiration se fit courte. Il tourna la tête pour se changer les idées et fixa ses yeux sur la grande double porte qui s’ouvrit lentement.

Il dut cligner deux fois des yeux quand il vit son futur mari entrer dans la salle. Il déglutit difficilement et laissa ses yeux courir sur le garçon. Il était encore plus beau que sur les photos qu’il avait vu de lui et il en avait vu beaucoup. Ses cheveux châtains semblaient flotter au-dessus de son crâne et ils étaient parfaitement stylisés avec de la laque. Sa fine silhouette fendait l’air et son doux visage affichait un petit sourire. Il avait des yeux bleus, il le savait parce qu’ils brillaient sur chacune des photos qu’il avait longuement observé. Sa peau semblait faite de porcelaine et ce costume taillait à la perfection chaque courbe de son corps. Il n’y avait aucun doute, son mari était parfait.

Le châtain bloqua ses yeux dans les siens et le garçon sur l’estrade se sentit perdre pied. Ses yeux étaient d’un bleu glacial, magnifique et perçant se frayant un chemin jusqu’à son âme. Le garçon avança vers lui en continuant de sourire sûrement pour faire bonne figure. Il regarda à droite et à gauche, croisant le visage de ses amis, de sa belle-mère et de son demi-frère. Il monta sur l’estrade à son tour et enlaça son père avant de se relever et de se retourner vers le brun. Le garçon avait de grands yeux écarquillés et le regardait fixement alors que le châtain eut la même réaction en se retrouvant face à lui, si proche de lui. Le châtain faisait une petite tête de plus que lui et le brun semblait minuscule mais ça le rendait très mignon. Les deux garçons s’observèrent pendant quelques secondes, sans rien dire, les yeux plongés l’un dans l’autre. Le châtain inspirait profondément pour se calmer, cherchant du réconfort au fond des pupilles de son futur mari qui se mirent à briller. Le brun se retenait de serrer le garçon dans ses bras, il avait l’air tellement mal et perdu, il voulait juste le rassurer et lui dire que tout allait bien se passer. Leurs pensées respectives furent coupées par le maître de cérémonie qui se trouvait juste à côté d’eux mais auquel ils n’avaient même pas prêté attention :

« Je suis heureux de vous accueillir, mesdames et messieurs, ce 23 novembre, ici à Farhampton afin de célébrer l’union de Monsieur Kurt Hummel avec Monsieur Blaine Anderson. »

Le brun, Blaine tendit soudainement ses mains devant lui, ses paumés vers le plafond, l’incitant implicitement à poser les siennes à l’intérieur. C’est d’ailleurs ce que, le châtain, Kurt, fit et lorsque leurs peaux entrèrent en contact, les deux garçons furent parcourir d’un long frisson. Ils se forcèrent à repousser cette douce sensation et se reconcentrèrent sur l’homme à côté d’eux :

« En tant que maître de cérémonie, c’est avec grand plaisir que je reçois, les futurs époux qui ont choisi la voie du mariage. Un engagement civique et moral qui suppose pour les époux un respect mutuel et un accompagnement de chaque jour. »

Les Iris dorés du brun se relevèrent soudainement quand il prononça ces mots se souvenant tout à coup que cet engagement était définitif, n’était-il pas un peu jeune pour prendre une décision pour la vie. Kurt n’en pensait pas moins, mais en sentant les doigts du garçon seraient ses mains, il esquissa un sourire :

« Je pense pouvoir parler au nom de vos familles, de vos amis et de tous ceux qui vous sont chers et qui sont ici aujourd’hui en vous souhaitant beaucoup de bonheur. Mais chacun sait qu’il y aura aussi des jours d’épreuve et c’est dans ces moment-là que la présence, la communication et l’implication de chacun dans le mariage prendront toute leur valeur et leur importance. »

Kurt hocha la tête en essayant de se convaincre lui-même que c’était exactement ce qui allait se passer. Qu’ils allaient réussir à s’entendre et que même sans amour, ils deviendraient au moins amis, qu’ils arrivaient à se parler librement. Blaine pensait ma même chose et même s’il ne le connaissait pas, il avait l’étrange impression qu’il était quelqu’un de bien, et il ne souhaitait qu’une chose, le rendre heureux :

« Je suis heureux de vous unir et vous félicite chaleureusement. Je vous souhaite une longue vie côte à côte ainsi que beaucoup de bonheur. Alors si personne ne veut s’opposer à cette union, continua-t-il avant de marquer une pause et de se tourner vers Kurt. »

Comme dans tous bon mariage arrangé, les mariés n’échangeaient pas leurs vœux. Même si Kurt aurait bien voulu, il a fait très envie de dire une tonne de trucs à cet instant sortir tout ce qu’il avait sur le cœur mais il opta pour la seconde option. Il ferma les yeux et inspira profondément. Blaine lui sourit et il se détendait à la seconde même, ce garçon avait un pouvoir étrange sur lui :

« Monsieur Blaine Anderson, voulez-vous prendre pour époux Monsieur Kurt Hummel ici présent ?

-Je le veux, souffla le brun en le regardant un peu plus intensément avant de sentir le garçon attraper doucement sa main gauche. »

Kurt se retourna vers son témoin, son demi-frère qui lui tendit l’alliance. Il n’avait pas non plus eu le droit de la choisir même s’il aurait adoré faire le tour de toutes les boutiques de bijoux pour trouver la bague parfaite. Celle-là était un simple anneau en argent. Il fit lentement glisser le rond le long de son annulaire et de l’enfoncer jusqu’au bout. Blaine se sentit soudain basculer dans un autre monde, à partir de cet instant, il appartenait entièrement à Kurt Hummel :

« Monsieur Kurt Hummel, voulez-vous prendre pour époux Monsieur Blaine Anderson ici présent ?

-Je le veux, murmura le châtain alors que Blaine ramena sa main gauche vers lui. »

Blaine attendit que son témoin trouve la bague dans sa poche, il fut d’ailleurs aidé par son second témoin qui se moqua du blond qui grimace. Blaine soupira et attrapa l’anneau avant de le passer au doigt du garçon qui le regarda faire avec admiration. Ce petit rond en argent signifiait bien plus qu’un simple objet :

« Je vous déclare donc mari et mari. Vous pouvez embrasser le marié. »

Oh mince, pensa le châtain, il avait oublié ce passage. Le passage où il devait embrasser un inconnu, un magnifique inconnu. Le brun passa sa langue sur ses lèvres par pur réflexe et se pencha légèrement vers lui. Il ne voulait pas le forcer à faire quoi que ce soit alors il lui laissa le temps de se reculer s’il en avait envie. Mais ce n’était pas le cas, le châtain n’avait pas embrassé quelqu’un depuis presque un an. Et puis qu’est-ce que ça pouvait faire, ils étaient mariés et c’était ceux que faisait un couple marié. Kurt approcha son visage du sien jusqu’à sentir leurs souffles se mélangeaient. Ils fermèrent en même temps les yeux et collèrent leurs lèvres à celles de l’autre. Les mains du brun trouvèrent ses hanches et celles de Kurt se posèrent sur sa poitrine. Blaine avait un goût de café et ça le rendait très attirant tandis que Kurt avait un gout sucré. La combinaison parfaitement.

Les lèvres du brun qui était chastement posé sur les siennes se mirent à lentement bouger, la salive rendant leur échange humide. Le plus jeune pouvait sentir les battements du cœur du brun contre le sien, qui battait aussi vite que le sien tandis qu’ils avaient quasiment arrêté de respirer. La main de Kurt se fraya un chemin jusqu’à sa nuque et le plaqua contre lui. Le brun haleta de surprise contre lui et approfondi leur baiser en attrapant sa lèvres inférieure entre ses dents. Cela surprit tellement le garçon qu’il se figea contre ses lèvres avant de se reculer lentement. Ils rouvrirent doucement les yeux et tombèrent nez à nez, haletant comme s’ils venaient de courir un marathon. Kurt le regarda avec étonnement, et Blaine crut presque qu’il était allé trop loin. Le châtain détourna les yeux et glissa sa main dans la sienne avant de se retourner vers la foule. Le brun suivit le mouvement et des applaudissements se firent entendre.

Les deux garçons se lancèrent un regard entendu et avancèrent dans l’allée en se dirigeant jusqu’à la salle de réception. Ils furent bientôt suivis par le reste de leurs invités et ils se séparèrent une fois que leurs amis respectifs les réquisitionnèrent. Kurt fut emporté par Mercedes et son demi-frère tandis que Blaine rejoignit ses témoins :

« Salut beau gosse, s’exclama un grand blond en le serrant dans ses bras.

-Salut Jeff, rigola le garçon en lui rendant son étreinte.

-Alors ça y est, tu as fait le grand saut. Tu es marié, le félicita le brun en levant les sourcils de manière très bizarre.

-Et ouais Nick, je suis marié, ricana le garçon nerveusement en triturant son alliance.

-Il est mignon, enchaîna Jeff en remarquant son mal l’aise.

-Oui…oui très mignon. »

Les yeux du brun dérivent sur son mari à quelques pas de là qui était encadré de beaucoup trop de son témoin et de la fille qui était venus le saluer un peu plus tôt. Il ne semblait pas malheureux, c’était une bonne chose :

« Félicitations petit frère, sourit un grand brun en posant une main sur son épaule.

-Je ne suis pas ton petit frère Finn, ronchonna le garçon.

-Tu es plus petit que moi, lui fit remarquer ce dernier.

-Sinon, enchaîna Mercedes qui n’avait aucune envie de les entendre débattre sur le sujet, ton mari est à croquer, Kurt bravo.

-Blaine je…je crois oui, il a l’air gentil en tout cas.

-Il a intérêt à l’être, marmonna Finn en lançant un regard noir au brun un peu plus loin.

-Finn, le mit en garde son frère, soit gentil.

-Donc ça va, enchaîna Mercedes, tu te sens bien et tout.

-Je…j’en sais rien…c’était pas aussi terrible que ce que je croyais.

-Tu devrais aller le voir ?

-Oui tu…tu as raison je vais aller lui parler. »

Blaine l’observait toujours de loin jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se retenir. Il avait cette furieuse envie d’aller lui parler, qu’il fasse connaissance et qu’il apprenne à se connaître. Il voulut aller le voir, et l’emmener loin d’ici pour qu’il se retrouve seulement tous les deux. Mais à peine se fut il excuser auprès de ses amis et eut il fait un pas vers le garçon que des membres de sa famille l’arrêtèrent pour le féliciter.

Les deux garçons ne se virent pas avant des heures. A chaque fois que l’un venait vers l’autre quelqu’un se mettait en travers de leur chemin et les empêchait de se voir. Il semblait que l’univers jouait contre eux mais le brun refusait d’abandonner. Le buffet avait été ouvert et la plupart des invités étaient maintenant entrain de manger. La salle était immense et retrouver Kurt au milieu de cette foule n’allait pas être une mince affaire. Il fit le tour de la pièce, regardant dans tous les coins, passant au milieu de personnes qu’il ne connaissait même pas tandis qui cherchait du regard le garçon. Il finit par le trouver en bout de table et un petit sourire apparut sur son visage. Le garçon était entouré de certains de ses amis dont Blaine n’avait pas encore fait la connaissance. Il avança vers eux et tapota doucement l’épaule du châtain qui se retourna avec un sursaut de surprise :

« Blaine, s’étonna le châtain ? Qu’est-ce que tu fais là ?

-Je…M’accorderais tu cette danse, l’interrogea le brun en lui tendant sa main.

-Evidemment. »

Le châtain retint un large sourire et glissa sa main dans la sienne avant de le suivre docilement. Blaine l’entraîna au milieu de la piste de danse ou d’autres couples dansaient déjà. Ils se fondirent dans la masse et le brun prit position devant lui, ses bras se plaçant correctement pour que le garçon vienne danser avec lui. Kurt n’attendait pas une seconde de plus et vint se coller contre lui, emboîtant sa main droite dans la sienne et l’autre sur son épaule. Ils commencèrent à bouger de gauche à droite, lentement, se regardant dans les yeux sans rien dire. Ils tournoyèrent quelques minutes autour de la salle avant que le brun ne puisse plus se retenir :

-Kurt, l’appela-t-il faisant relever le visage du garçon qui se retrouva si proche du sien qu’il crut qu’il allait perdre connaissance, je…j’aimerais apprendre à te connaître si tu m’en laisses l’occasion.

-Bien sûr Blaine…tout ce que tu veux.

-Oh okay cool alors je…on pourrait peut-être commencer par les infos banales comme…quel âge as-tu ?

-21 ans.

-23 ans…qu’est-ce que tu fais dans la vie, enchaina le garçon qui, maintenant qu’ils avaient commencé ne pourrait surement plus s’arrêter ?

-Je fais encore des études…à la NYADA, j’étudie le chant et la danse, un petit peu, expliqua le châtain alors que la bouche du brun faillit s’écrouler sur le sol. Oh et…je travaille à Vogue pour payer mes études.

-C’est tout…, rigola le brun en se rapprochant un peu plus de lui, tu ne pars pas habiter sur une autre planète un jour ou l’autre.

-C’est pas dans mes projets, sourit Kurt en baissant les yeux gêné par l’admiration du garçon. Et toi ?

-Je suis avocat…pour la société familiale, précisa le brun, je défends nos droits.

-Quel genre de droit ? Tu travailles pour défendre des gens ?

-Oh non, pour l’instant je gère seulement les droits commerciaux de l’entreprise, de l’argent et tout ça.

-Ça ne te convient pas, s’inquiéta le châtain.

-Si je…j’ai un salaire à six chiffres et plein d’avantages mais…mon père refuse de me laisser faire plus comme défendre nos droits à la cour.

-Bien sûr mais tu sais…ça peut toujours changer.

-Je ne crois pas que tu connais mon père, plaisanta le garçon.

-Effectivement, approuva le garçon. D’ailleurs je devrais peut-être aller le saluer ou quelque chose comme ça…

-On va le faire, le coupa le brun en posant un doigt sur ses lèvres, mais d’abord j’ai une dernière question…pour l’instant.

-Je t’écoute.

-Pourquoi tu as accepté cet accord ? Tu as eu le choix n’est-ce pas ? »

Ça c’était une bonne question. Une question qui impliquait d’autre question et de longues explications mais Blaine avait le droit de savoir, c’était le point fondamental de ce mariage. Ils avaient, tous les deux, eut le choix, ils avaient accepté et ils avaient tous deux de bonnes raisons. Blaine était curieux, il voulait savoir pourquoi le châtain l’avait épousé, c’était très important pour lui, pour qu’il puisse au mieux le comprendre et déterminer si c’était un supplice pour lui ou juste une obligation. Parce que dans le second cas, il pourrait au moins essayer de rendre ça agréable en devenant son ami, en faisant en sorte qu’il ait la meilleure vie possible avec lui :

« Je…j’avais dix-huit quand mon père m’a demandé si je voulais me marier avec toi pour unir nos deux familles, la seule raison qu’il m’a donné au début c’était que ce serait bénéfique pour son garage et les affaires. Et j’ai dit non…et dans n’importe quel autre cas, mon père aurait laissé tomber et aurait brisé l’accord mais il a insisté. Et je trouvais ça très étrange alors j’ai fini par lui demander pourquoi. Un soir, après qu’il me l’ait redemandé une énième fois, j’ai explosé, je lui ai presque crié dessus et je m’en veux toujours d’ailleurs, et il a fondu en larme devant moi pendant que je débitais toutes un tas de mensonges. La véritable raison pour laquelle il voulait que je t’épouse c’était parce qu’il sait que tu es quelqu’un de bien et qu’il voulait juste que tu veilles sur moi et qu’il me sache en sécurité. Quand il m’a dit ça, ça m’a fait réfléchir et…et je me suis souvenu qu’il avait eu une crise cardiaque l’année dernière et qu’il a failli mourir. Si c’était arrivé, je n’aurais plus personne aujourd’hui et quand j’y repense, il aurait été très heureux de me savoir sain et sauf avec quelqu’un qui ne me fera pas de mal. En contrôlant cette partie de ma vie, il voulait juste faire en sorte de savoir au mieux ce qu’il se passerait de ma vie et partir l’esprit tranquille.

-Je suis désolé Kurt, murmura le brun en passant son pouce sur sa joue.

-Oh non, ne le sois pas…je suis heureux qu’il soit heureux.
-Donc ça va…tu n’es pas trop déçu ?

-Pas le moins du monde, le rassura le châtain avec un sourire. Et toi, pourquoi tu as voulu m’épouser ?

-Oh je…c’est bien moins touchant que ton histoire mais…si tu veux tout savoir, mon père et moi on était très amis quand j’étais petit. On jouait du piano ensemble, on faisait de la boxe et d’autre sortes de sport et on s’amusait beaucoup. Alors j’ai cru que mon coming-out ne changerait rien à tous ça, mais ça n’a pas été le cas. Quand je lui ai dit il a eu l’air scandalisé et après ça…on n’a plus jamais eut la même relation. Il ne voulait plus me parler et on ne jouait plus ensemble. Mais un soir, il est rentré tout content et il m’a demandé de soir avec lui et il m’a proposé cet accord. Au début j’ai failli m’énerver et lui dire que je ne voulais pas me marier avec une stupide fille pour ses affaires. Mais quand il m’a dit que tu étais un garçon je…je me suis dit qu’au fond ce n’était pas une mauvaise idée. Je sais que je ne devrais pas me soucier de ça, de l’avis qu’il avait sur moi ou du fait qu’il ne m’acceptait pas tel que j’étais mais quand j’ai su que si je t’épousais toi il accepterait mon homosexualité, j’ai dit oui. Et ensuite, étrangement, il était plus détendu avec moi, il me reparlait, blaguait avec moi.

-Je suis navré Blaine…, bafouilla le châtain se posant sa tête sur son épaule pour qu’il ne le voit pas

-Non je…je ne regrette rien, tu as l’air de quelqu’un de génial et je me dois d’être honnête, l’avis de mon père compte beaucoup et je te remercie, parce que grâce à toi, je peux épouser un garçon et il est heureux pour moi.

-Je trouve ça triste quand même.

-Pas moi…et tu sais pourquoi ?

-Non, souffla le châtain alors que le brun se pencha contre son oreille.

-Parce que j’ai toujours voulu me marier mais je n’ai jamais su avec qui, et maintenant je sais. »

Le châtain étouffa un rire et se laissa tomber contre lui. Il n’était peut-être pas mal tombé après tout, Blaine, en plus d’être gentil et charmant, il était romantique et Kurt adorait ça. Il adorait les garçons romantiques et gentleman, et le brun semblait en être le parfait exemple. Il sentit les bras de ce dernier s’enrouler autour de lui et son corps chaud se pressa contre le sien. Cette sensation était merveilleuse, sentir quelqu’un le protéger ainsi, lui tenir chaud, c’était rassurant et c’était ça qu’il aimait tant dans les câlins. Blaine pensait presque la même chose, lui aussi adorait les câlins, il aimait sentir le poids de quelqu’un contre lui, respirer calmement, le sentir s’apaiser contre lui. D’ailleurs il aimait aussi faire ça juste avant que son partenaire ne s’endorme, ça lui avait manqué.
Les deux jeunes hommes furent interrompus par le père de Blaine qui les appela. Ils se séparèrent immédiatement rouge de honte et filèrent en direction de leurs parents. La mère de Blaine, son père, celui de Kurt et un autre homme qui ressemblait à un mannequin les attendait avec de grands sourires alors que les deux garçons firent quelques pas vers eux, hésitants :

« Voilà nos jeunes mariés, s’exclama Richard.

-Papa, grogna Blaine.

-Sois pas timide fils, viens là, Burt aimerait te rencontrer. »

Le dénommé Burt était bien plus grand que lui, il était chauve et imposant et il lui faisait peur. Il le regardait avec de grands yeux qui était surement un avertissement. Il savait très bien ce que ce regard voulait dire, il ne l’avait encore jamais vu, mais on l’avait souvent infligé à son frère. Cela signifiait que s’il faisait quoi que ce soit de mal à son fils il le regretterait. Le brun déglutit difficilement et fit un pas vers le père de son mari en puisant dans les dernières onces de courage qu’il lui restait :

« C’est un honneur de vous rencontrer Monsieur Hummel.

-Moi de même, lui répondit Burt en serrant sa main. »

Le garçon grimaça en sentant sa main comprimée la sienne mais essaya de rester digne le plus possible devant son beau-père. Kurt sembla comprendre son trouble et détourna la conversation. Ca fit sourire le brun sans réelle raison, Kurt semblait le connaitre :

« Madame et Monsieur Anderson, c’est un plaisir de vous voir.

-Nous aussi Kurt, sourit Pam en le serrant contre lui, tu as l’air adorable.

-Merci, rougit le châtain peu habitué à ce genre de compliment. »

Le châtain se détacha de l’étreinte et se retourna vers la dernière personne qu’il n’avait pas encore salué. Le jeune homme avait le même air que Blaine, il n’arrivait pas exactement à savoir quoi mais il était là. Il s’avança vers lui et tendit sa main que le garçon serra immédiatement. Il avait déjà vue ce visage quelque part mais il n’arrivait pas à se souvenir où :

« Cooper Anderson, le salua le garçon avec un sourire charmeur.»

Oh mon Dieu c’est là qu’il l’avait vu. Dans cette pub mondialement connue, il faisait la une de tous les magazines et sa chanson était même la sonnerie de son portable. Il serrait la main du grand Cooper Anderson et ses yeux s’élargirent :

« Oh vous…vous êtes le Cooper Anderson.

-En personne. »

Blaine observait leur échange et il sentit soudain une colère inattendue s’emparer de lui. Le châtain semblait fasciné par son frère et ça le rendait nauséeux. Le jeune homme avait toujours eu la capacité de séduire chaque garçon et chaque fille qui croisait son chemin et il détestait ça. Kurt était à lui et le brun était possessif. Il fallait bien se l’avouer, Blaine avait souvent été jaloux de son frère et il était jaloux maintenant parce qu’il plaisait au châtain et ça grever les yeux, mais Kurt était à lui, pas à Cooper, c’était son mari pas le sien. Sa colère prit le dessus et il fit un grand pas jusqu’aux deux garçons les séparant d’un coup en ramenant Kurt contre lui. Leurs hanches se retrouvèrent collés l’une à l’autre et le plus jeune étouffa un halètement de surprise :

« Ouais mon frère est Cooper Anderson on a compris, grogna le brun.

-Tu as raison mon chéri, enchaina sa mère qui le connaissait assez bien pour savoir qu’il était en rogne, c’est ton grand jour et nous avons un cadeau pour toi.

-Oh c’est vrai, réalisa Richard, Burt, ta mère et moi on vous a concocté un petit quelque chose pour votre lune de miel. »

Ça aussi c’était un détail qui lui avait échappé. Kurt rougit de la tête au pied en entendant ce mot et Blaine se tendit. Comment avait-il pu oublier qu’ils allaient passer le prochain mois ensemble seul tous les deux ? Kurt essaya de chasser ses pensées néfastes et ils les suivirent jusqu’à une table qu’il n’avait pas remarqué jusque-là. Le châtain se sentit un nœud se former dans son ventre et même la douce et néanmoins calleuse main du brun qui glissa dans la sienne ne put l’aider à se sentir mieux. Le brun lui était simplement surpris, ils avaient déjà reçu des dizaines de cadeau mais que son père lui en fasse un personnellement c’était pour le moins inattendu :

« A toi l’honneur, l’invita le brun. »

Kurt l’entraina avec lui et ils défirent le papier cadeau ensemble. Le cadeau devait faire environ la taille d’une valise. Quand ils purent en voir un bout, les deux garçons froncèrent les sourcils. Ça ressemblait à un immeuble miniature. Ils firent glisser le bout de papier jusqu’en bas et se retournèrent en même temps vers les adultes en les questionnant du regard :

« Kurt, rigola son père, tu sais ce que c’est quand même !

-Pas…je sais pas trop.

-Blaine, essaya Richard ?

-Euh…ben non.

-Les garçons, sourit Pam en levant les yeux au ciel ! C’est un calendrier de l’avent.

-Mais on est pas en décembre, releva le plus jeune.

-On sait, enchaina le père du brun, mais on pensait qu’un petit cadeau chaque jour durant votre lune de miel.

-Donc c’est un calendrier de lune de miel, les interrogea Blaine ?

-C’est ça, confirma son frère avant de lui faire un clin d’œil, et j’ai mis un petit truc dedans…histoire que vous restiez clean. »

Kurt faillit s’étouffer avec sa propre salive et Blaine se retourna immédiatement vers lui pour l’aider. Il tapota son dos avec la paume de sa main jusqu’à ce qu’il arrête de tousser alors que le plus grand affichait un sourire narquois :

« Est-ce que ça va, lui demanda le brun inquiet ?

-Oui…très bien. Merci pour le cadeau, enchaina le châtain, c’est très gentil.

-Tu me remercieras plus tard, lâcha Cooper un étouffant un rire.

-Coop, le gronda son petit frère qui voyait son mari se décomposer au fur et à mesure des remarques déplacées de son grand frère.

-C’est rien je…je vais bien, le rassura Kurt.

-Il se fait tard non, trancha Blaine pour les sortir tous les deux de ce moment de gêne incontestable ? Il est presque 20 heures, le temps qu’on rentre il sera presque 22 heures alors on devrait y aller. Tu ne crois pas ? »

Les yeux du châtain plongèrent dans les siens et la panique s’empara de lui. Kurt ne savait toujours pas où il allait dormir cette nuit, son père lui avait dit qu’il se pourrait qu’il emménage avec Blaine et même s’il n’avait pas vraiment envie de quitter son appartement, il n’était pas sûr d’avoir le choix. Ils auraient l’air de quoi s’ils étaient mariés mais qu’ils ne vivaient pas ensemble. Mais il n’avait aucune envie de dormir avec le brun et franchement il espérait que leur lune de miel n’en serait pas vraiment une. Il n’avait pas envie de faire quoi que ce soit avec le brun, il avait beau être gentil ce n’était pas une raison pour qu’il lui saute dessus à la seconde même où la porte serait close. Le garçon détourna le regard et se mit à nerveusement fixer le sol. Il n’avait pas trop le choix après tout, c’était ce que son père avait surement prévu, alors il murmura :

« Oui je…on a qu’à rentrer.

-Super. »

Blaine lui sourit tandis que leurs parents emballaient leurs affaires. Ils réglèrent quelques détails, dirent poliment au revoir à tout le monde avant de sortir du bâtiment. Richard, Pam et Burt les attendaient près de la berline de Blaine. Dès qu’il la vue, Kurt crut à un rêve, c’était clairement une voiture de prince charmant, il ne pensait pas qu’un carrosse allait l’amener chez lui. Le châtain repoussa ses pensées et se souvint soudainement d’un détail, il n’allait pas revoir son père avant longtemps, trop longtemps. Il courut prendre son père dans les bras qui le serra contre lui :

« Tu vas me manquer, murmura le châtain en resserrant ses bras autour de son cou.

-Moi aussi fiston, tu vas beaucoup me manquer. Mais tu vas bien t’amuser hein, lui demanda Burt anxieux en le reposant sur le sol ?

-Oui je…je crois. Ça va aller papa ne t’en fais pas, le rassura le garçon.

-Appelle moi dès que tu peux.

-Je le ferais…je t’aime.

-Moi aussi mon garçon. »

Le châtain dû retenir une larme qui coula sur sa joue et renifla. Son père lui accorda un doux sourire et lui mima de s’en aller avant qu’il ne craque lui aussi. Burt avait toujours été comme ça, il faisait en sorte de ne pas pleurer devant lui pour lui faire croire qu’il pouvait rester fort en toute situation. Quand sa mère les avait quittés, son père était aller se cacher dans sa chambre tous les soirs pour pleurer et lui faisait de même dans sa chambre. Il croyait qu’il ne le savait pas mais c’était faux, mais il aimait ça, de savoir qu’il n’était pas le seul à se sentir mal. Et il aimait aussi quand son père était possessif ainsi, qu’il ne voulait pas le laisser partir, c’était réconfortant de savoir qu’il tenait tant à lui.

Blaine observait la scène de loin et trouvait ça adorable. Il n’avait pas vraiment envie de voler le garçon à son père mais c’était le propre du mariage non ? Enfin d’après ce qu’il avait vu dans les tonnes de films romantiques qu’il avait vu. Le châtain revint vers lui et un silence s’installa. Blaine observa ses parents attendant qu’ils réagissent ce que fit, bien entendu, sa mère quelques secondes plus tard :

« Tu va nous manquer chéri, murmura-t-elle en le pressant contre elle.

-Moi aussi…vous allez me manquer, lâcha le garçon en regardant son père droit dans les yeux.

-On te revois à Noël ?

-Nous viendrons, confirma le châtain quand il vit le regard perdu de son mari.

-Nous en serons ravi, enchaina Richard en souriant à son fils.

-Merci…et bien je crois qu’il est temps qu’on y aille, s’exclama le brun en s’éloignant.

-Passez un bon voyage les garçons.

-Merci maman, la remercia le brun. »

Blaine se déplaça jusqu’à la portière de la berline et l’ouvrit avant de se retourner vers Kurt et de lui faire un signe de la main pour l’inviter à entrer. Le châtain le remarqua et se tourna une dernière fois vers son père :

« Au revoir Papa.

-Amuse-toi bien Kurt. »

Le châtain sourit et se dirigea vers le brun. Il le remercia du regard et alla s’asseoir sur la banquette arrière. Blaine se retourna une dernière fois par ses parents et leur accorda un signe de tête avant de se glisser à côté de lui. Il ferma la porte et s’attachèrent en même temps alors que la voiture démarra dans un crissement de pneus.

La première moitié du trajet se passa en silence. Aucun des deux n’osait parler mais Blaine s’inquiétait beaucoup pour le garçon. Il tremblait et reniflait toutes les cinq secondes, et il savait très bien pourquoi. Il était triste ça ne faisait aucun doute, son père devait déjà lui manquer. Il tourna les yeux discrètement vers lui et vit qu’il regardait le paysage défiler à travers la fenêtre. Il faisait noir dehors et quelques flocons de neiges s’écrasaient sur le verre. Un silence inconfortable régnait dans l’habitacle et il cherchait par tous les moyens à le briser. Il baissa les yeux et remarqua sa main trainant sur le cuir. Il n’hésita pas une seconde et vint la frôler avec la sienne. Il ne le posa pas immédiatement dessus mais ce simple contact suffit pour qu’un long frisson parcourt sa colonne. Il prit une inspiration et la descendit jusqu’à ce que leurs peaux se touche. Il serra ses doigts autour de sa main pour lui signifiait qu’il était là. La réaction du châtain fut immédiate, il tourna la tête et ses yeux se figèrent sur leurs mains. Son regard dévia vers le visage du brun qui lui sourit quand ses orbites dorées rencontrent les siens :

« Est-ce que ça va, l’interrogea Blaine ?

-Oui…enfin, se corrigea le châtain, c’est juste que…je n’ai jamais été séparé de mon père aussi longtemps.

-Vraiment ? Jamais, s’étonna le garçon ?

-Enfin…quand je suis parti à New York on a été séparé pendant pas mal de temps mais là c’est différent, je vais le revoir mais…ça va être long.

-Je ferais en sorte que ça ne soit pas le cas. »

Un triste sourire apparut sur le visage du châtain qui détacha son regard du sien et le reporta sur la banquette. Il avait du toucher une corde sensible apparemment et il s’empressa de changer de sujet :

« Et donc…où est-ce que tu habitais avant ?

-Lima, Ohio.

-Oh oui évidemment…, réalisa le brun en rigolant avant de s’expliquer quand il vit le garçon le questionner du regard, je veux dire…on habitait à Westerville alors c’est comme ça que nos parents se sont rencontrés.

-Ça parait logique, sourit le châtain. Et…à quelle école est-ce que tu allais ?

-La Dalton Academy, mon père a refusé de m’envoyer dans une école publique. Et toi ?

-McKinley…c’était pas super mais…ça va.

-McKinley, demanda presque pour lui-même le brun ? Vous aviez une chorale non ?

-Ouais…les New Directions, confirma Kurt avec un petit sourire.

-J’étais le capitaine des Warblers !

-Sérieusement, hallucina le plus jeune ?! Mais on a que deux ans d’écart alors…alors on a déjà concouru l’un contre l’autre non ?

-Non…mais je me souviens de vous, quand j’étais en dernière année vous veniez de former votre club et vous avez gagner les communales alors que vous vous êtes fait voler votre playlist.

-C’est ça, s’écria Kurt hilare, alors en fait…tu m’as déjà vu…avant aujourd’hui ? »

Le brun ne sut pas quoi répondre, il fit semblant de réfléchir pendant qu’il essayait mentalement de se sortir de là. Il ne pouvait pas décemment lui dire qu’il avait passé les trois dernières années a observer une photo de lui dans son téléphone :

« Oui…je crois que je me rappelle de toi. Tu n’avais pas exactement la même coiffure non ? Et tu étais un peu plus petit.

-La puberté, rigola le plus jeune, j’ai pris une dizaine de centimètres depuis.

-Quelle chance.

-Tu sais…moi je trouve que ta taille te rend mignon.
-C’est très gentil. »

Le garçon rapprocha son visage du sien et le regarda avec de grands yeux brillants. Le châtain se sentit soudainement défaillir et détourna les yeux. Être si proche du brun le rendait tout bizarre et s’il se laissait aller, il se serait jeté sur les lèvres du garçon :

« Alors…on a quelques points communs en réalité.
-Je suis sûr qu’on en a plein, sourit Blaine en retournant sa main pour qu’il puisse la tenir correctement. »

Il sentit Kurt se détendre et il put enfin se détendre lui aussi. Ils se reculèrent tous les deux dans leurs sièges. Les deux garçons tournèrent leurs visages vers la fenêtre et laissèrent le paysage les emporter. Leurs mains étaient toujours liées sur le fauteuil et le pouce du brun caressait tendrement le dos de sa main. Ils n’arrivèrent pas avant une longue heure.



A Christmas CharmWhere stories live. Discover now