Musique en medias➡️Say so/ terror jr
Lisez la phrase en medias (on voit pas très bien là). Parce qu'elle a son importance dans l'histoire.
« Apprécie ce que tu as »
Carter PDV
Et qu'est-ce que je suis sensé dire là ? Allez-y, aidez-moi parce que je vois pas. « Désolé » ? « Je peux tout t'expliquer, c'est pas ce que tu crois » ? Non surtout pas, c'est une phrase de mari infidèle ça.
Je la regarde droit dans les yeux, et cherche clairement ce que je pourrais dire pour ma défense. Mais rien ne vient.
-Il est à New York, crache-t-elle sèchement en se dirigeant vers l'armoire.
De quoi parle-t-elle au juste ? Ou de qui ?
-Étant donné que tu ne peux pas t'y rendre sans te faire arrêter, je vais y aller à ta place. Poursuit-elle en rangeant ses vêtements dans sa valise.
-De quoi tu parles, bordel ? Demandais-je perdu et soulé qu'elle puisse me parler sur ce ton.
-De Nate.
Attendez. Haha. Elle croit peut-être que je vais la laisser seule avec Nate-fils-de-pute-Graham ? Jamais.
-Tu reposes cette valise et tu te calmes Cara. Ordonnais-je en m'approchant d'elle.
Elle est obligée de relever la tête pour me regarder droit dans les yeux. J'essaie de l'intimidée de part ma taille mais rien n'y fait. Foutue brune.
-Tu m'utilises seulement pour retrouver Graham, n'est-ce pas ? Mission accomplie.
-Comment l'as-tu retrouvé d'ailleurs ? Demandais-je sceptique.
-Je l'ai appelé d'une cabine téléphonique. Commence-t-elle comme si c'était évident. Je lui ai dit qu'il me manquait, que je l'aimais, que je voulais le retrouver et il m'a cru sur parole.
J'ai envie de péter un câble. Je ne veux pas qu'elle l'approche, je ne veux plus qu'il la touche. Le simple fait de savoir qu'il la frappé pendant mon absence décuple ma rage.
Je serre la mâchoire puis serre le poing pour tenter de réguler ma respiration mais putain, j'y arrive pas du tout.
-J'étais au téléphone avec Kelsey. C'est pas le moment de me faire une crise, articulais-je entre mes dents.
-T'es pas obligé de te justifier.
J'avance de plus en plus vers elle mais elle recule. Ah. Donc on joue au chat et à la souris ? Ça me va.
Elle se retrouve prisonnière entre mon torse et le mur et ne me lâche pas du regard. J'aime quand elle me tient tête, ça change de Kelsey qui baisse les yeux quand je la regarde.
-Fais pas ça, ordonne-t-elle moins sure d'elle tout-à-coup.
Je ne l'écoute pas, et pose mes mains contre le mur, de part et d'autre de sa tête. Je me penche légèrement vers elle et attends quelques secondes.
J'ai envie de l'embrasser, vraiment mais je n'ai pas envie de me faire rejeter encore et encore.
-Faire quoi ? La provoquais-je avec un léger sourire au coin des lèvres.
-Ton numéro là. Je le connais par coeur, peste-t-elle en posant ses petites mains sur mon torse pour me repousser.
Mais rien y fait, je ne bougerai pas.
-Je vois pas de quoi tu parles, murmurais-je déterminé à obtenir ce baiser.
Mais tout-à-coup, les rôles s'inversent. C'est moi qui me retrouve hypnotisé par ce vert émeraude. À quoi bon lutter ?
-Fais pas ça, ordonnais-je sèchement n'arrivant pas à détourner le regard.
-Faire quoi ? Demande-t-elle un sourire machiavélique naissant sur ses lèvres.
Mes mains se posent ensuite sur ses hanches, je me rapproche davantage d'elle, supprimant les centimètres qui restent entre nous.
Elle colle alors ses douces lèvres sur les miennes, je réponds à ce baiser et demande accès à sa langue, ce qu'elle accepte immédiatement. J'avais attendu ce moment depuis tellement longtemps, et c'est tellement bon.
Ses mains se posent sur ma nuque et les miennes descendent sous ses fesses. Je la soulève et la pose délicatement sur le lit m'enivrant de son doux parfum. Je dépose une trainée de baiser allant de son cou à son ventre. Elle ne cesse de tirer sur mes cheveux ce qui me fait pousser un petit rire amusé.
Comme au bon vieux temps...
****
21h00.
Je me réveille avant elle visiblement, puisqu'elle est encore endormie, nue sous les draps. Je me lève puis m'étire, j'enfile un pantalon mais décide de rester torse nu, il fait beaucoup trop chaud désormais. Je passe une main dans mes cheveux rapidement puis me dirige vers la cuisine. Mais c'est calme. Trop calme.
Vous sentez cette odeur de problème ? Moi aussi.
-Mais quel homme, je vous jure. Quel corps, quel charisme, quel sourire. Elle en a de la chance Cara, intervient une blonde assise sur le comptoir. Oh, elle a aimé elle aussi, regarde elle t'a griffé tout le long du dos. Poursuit-elle en riant.
Elle me soule. Elle me soule vraiment. Je devrais peut-être aller voir un spécialiste.
-Ça servirait à rien. Je resterai jusqu'à que tu aies trouvé une solution à ton problème.
Je prends ma tête entre mes mains puis me laisse glisser sur le sol. Je veux qu'elle sorte de ma tête putain. Pourquoi elle est là ? Pourquoi elle reste ? Je veux juste vivre normalement.
-Si je suis là, c'est pour t'empêcher de devenir comme ton père. Je suis une image créée par ton cerveau afin de te faire prendre conscience de certaines choses. T'as beau me détester, au final, c'est à toi-même que t'en veux.
Elle a raison. Je dois faire quelque chose, je dois me prendre en main et régler mes problèmes. Je ne suis pas mon père. Et je ne le serais jamais.
De petits gémissements font disparaitre Carry. J'en profite pour me relever et prendre une boisson dans le réfrigérateur. Cara se réveille doucement puis enfile un pantalon et un débardeur avant de passer une main dans ses longs cheveux bruns. Elle s'approche ensuite du comptoir avant de s'assoir dessus. Je me poste ensuite devant elle alors qu'elle utilise ses jambes pour les enrouler autour de ma taille et m'attirer à elle.
Elle me pique ensuite ma boisson et en boit quelques gorgées avant de me la rendre.
-Tu refais plus jamais ça, lançais-je d'humeur taquine.
Pour toute réponse, elle se contente d'arquer un sourcil, perdue.
-J'aime pas qu'on touche à ce qui m'appartient. Ajoutais-je en ramenant la bouteille à mes lèvres.
Pour me provoquer, elle récupère ma boisson et la boit d'une traite. Elle pose ensuite la bouteille vide sur le comptoir tout en me lançant un regard plein de défi.
-Oups. Crache-t-elle avec un sourire au coin des lèvres.
Comme un gamin de seize ans, je me retrouve à la chatouiller comme si tous nos problèmes étaient du passé. Comme si on était pas dans la merde, ce qui est clairement le cas en fait. Mais j'ai décidé de profiter durant ce séjour, alors je réglerai les choses en Inde.
-A-Arrête !! Me supplie-t-elle en riant.
-Alors embrasse-moi.
-Non.
-Alors je continue.
Finalement, elle accepte de m'embrasser tendrement et doucement avant de poser délicatement sa main sur ma joue et de me regarder intensément. Je remarque une lueur étrange dans son regard. Comme si elle se retenait de me dire quelque chose. Comme si elle gardait un secret. Plus important, je remarque qu'elle a remis ces foutues lentilles.
-Je déteste ces lentilles. Crachais-je bougon.
-C'est la deuxième fois que tu me le dis.
-Parce que c'est la deuxième fois que t'en portes, ajoutais-je regrettant de ne pas pouvoir admirer ses iris vertes.
-J'adore ton nouveau tatouage, intervint-elle en caressant ledit tatouage.
J'ai menti dans le jet. Il ne représente pas toutes les personnes qui sont mortes à mes yeux. Il représente quelque chose de beaucoup plus fort, de beaucoup plus profond. Un indice, je n'ai pas choisi La Catrina -qui a des origines latines- par hasard. Je vous laisse réfléchir.
-Je déteste ta cicatrice, complétais-je en attrapant délicatement son bras et en y déposant un baiser sur ladite cicatrice.
-Je déteste...ta nouvelle conquête, ajoute-t-elle en riant.
-Je déteste quand tu t'approches un peu trop de Kallow.
Tout à coup son visage redevient sérieux, sûr, mais conserve ce doux sourire.
-Ne sois pas jaloux. T'es bien le seul à pouvoir m'approcher de si près...et à m'avoir eu dans ton lit forcément.
Je ne peux m'empêcher d'afficher un air fier sur mon visage ce qui me vaut une tape sur l'épaule. Alors Nate ne l'a jamais touché. J'étais con, je sais. Mais ne me jugez pas, je ne suis pas parfait et...et puis merde, je suis con c'est tout.
-J'aurais aimé que tu me rencontres quand j'avais quinze ans...commençais-je pensif avec un léger goût de regret dans la bouche, tu m'aurais adoré.
-Mais c'est le Carter de maintenant que j'aime, répond-elle avant de reposer furtivement ses lèvres sur les miennes.
Un énorme sourire prend place sur mes lèvres.
-Pourquoi souris-tu bêtement ?
-T'as dit que tu m'aimais, répondais-je en imitant un gamin de cinq ans ce qui lui provoque un rire qui m'enivre à chaque fois.
****
Nous avons passé la soirée à jouer à notre nouveau petit jeu « Je déteste /J'adore » qui consiste -comme vous l'aurez deviné- à dire ce qu'on déteste ou ce qu'on adore chez l'autre.
J'aurais pu passé ma vie à parler de tout et de rien avec elle parce que je sais que je n'aurais plus l'occasion de rire comme ça une fois mon retour en Inde.
Cuba était devenu notre refuge, notre havre de paix, notre échappatoire.
Ce séjour m'a permis de savoir exactement ce que je voulais. Je veux qu'elle devienne ma femme, Cara Katherine Cross, je veux qu'elle soit la mère de mes enfants, je veux mourir à ces côtes, veiller sur elle pour le restant de mes jours.
Mais pour cela, je vais devoir me rendre.