New Jersey, USA, 14 avril 2019
— Merde ! crie David quand il se réveille avec un mal de tête violent et des gouttes de sueur froide qui couvraient son front.
— Merde ! répète-t-il bêtement alors qu'il se redresse dans son lit et fixe l'obscurité de la chambre à coucher. Cette noirceur semblait se refermer sur lui au fur et à mesure qu'il respirait. Il a vu dans son cauchemar les yeux de son père, vitreux et caverneux.
David soupire et se tient la tête dans les mains. C'était le même rêve. Le même souvenir qui ne fait que le hanter depuis des années. Éveillé ou endormi, ce cauchemar le poursuivait.
Il n'avait pas besoin qu'on lui rappelle ce jour catastrophique. Cette journée l'avait changé, comme elle aurait transformé n'importe qui. Après le meurtre de son père, il est devenu un étudiant modèle. Il a fini ses études universitaires avec mentions. Il a continué pour obtenir son doctorat en archéologie et suivre les traces de son paternel.
Oui, cet incident tragique avait eu un impact sur lui, à coup sûr, mais pas forcément dans le bon sens.
David balance ses pieds nus sur le bord du lit et les place avec précaution sur le plancher de bois frais. Il ferme les yeux et respire profondément, en essayant de tenir en équilibre. Revoir ces images le secouait toujours. Marcus Brown, l'ami de la famille Holloway qui a assassiné son père de sang-froid avant de disparaître. C'est comme s'il s'était volatilisé dans l'air. David a espéré que le meurtrier ne soit pas mort. Reprendre la vie à cet assassin était un plaisir qu'il voulait se garder.
Arrivé dans la cuisine, David sort un verre en cristal du placard. Il était trop tôt pour le café. Trop tôt pour être réveillé, de toute façon. Mais il sait ce qui l'aiderait à se calmer. Il saisit la grande bouteille de Buchanan posée sur le comptoir et s'en verse une généreuse quantité. Il avale la boisson dorée d'un seul trait. La chaleur familière qui irrigue son estomac lui donne une sensation de réconfort. Un sourire grave se dessine sur son visage.
L'alcool est devenu un ami étrange, pour lui, au cours des dix dernières années. Au collège, il avait bu comme la plupart des gamins le font; le week-end, aux fêtes et ainsi de suite. Lorsqu'il a déménagé seul dans un appartement et a dû faire face aux soirées de solitude, aux cauchemars et aux souvenirs, la boisson est devenue son alliée. C'est comme si elle était devenue un bonnet de nuit, un simple verre de bourbon pour l'aider à se réchauffer avant de dormir. Puis cela s'était transformé en gin-tonic au souper. Puis un coup de vodka au déjeuner. Et finalement, ses journées entières ont été avalées par la boisson. Il en avait besoin : au réveil, un coup le matin était nécessaire... un verre avant d'aller au travail... puis, une gorgée avant chaque classe à enseigner.
Ce n'est que le moment où il a perdu connaissance pendant une de ses propres conférences qu'il s'est rendu compte qu'il avait un problème. Il a été chanceux de n'avoir été que suspendu plutôt que viré. Ses supérieurs lui avaient « suggéré » d'aller dans un centre de désintoxication. Et il l'avait fait. Et il avait été sobre pendant environ un an.
Puis, les cauchemars ont recommencé. Maintenant qu'il revoyait son père dans les méandres de ses nuits ensanglanté sur le plancher de son bureau, David avait besoin de boire. Il avait besoin d'engourdir son cerveau. Mais il pensait avoir gardé ce vice sous contrôle. Juste un ou deux verres. Quelquefois, trois. Mais jamais quatre. À moins que le cauchemar ne soit extrêmement terrible... Il faut le reconnaitre, des fois, ses mauvais rêves l'étaient vraiment. À plusieurs reprises, il a vu ses deux parents le fixer avec des yeux blancs et froids comme le marbre.
Un grand frisson l'assaille et il se verse un autre verre de whisky. Il l'examine dans la lumière feutrée de la cuisine. Il aurait pu facilement reposer le verre, jeter le liquide ambré dans l'évier. Il aurait pu le faire, s'il avait voulu. Mais il n'y avait aucun mal à en prendre un deuxième. Aucun mal du tout.
David balance sa tête en arrière et descend la boisson d'un seul trait. Rien ne pourrait égaler cette lueur qui le traversait, cette chaleur réconfortante qui s'est glissée dans son estomac. Il était certain de pouvoir arrêter à tout moment !
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Reliques divines
ActionDavid Holloway assiste à l'assassinat de son père à l'âge de 17 ans. Il est traumatisé car le meurtrier n'est autre que Marcus Brown, l'ami intime de la famille. Quelques années plus tard, David cherche l'oubli dans la boisson et met en péril sa car...
