I/ Fin de relation et coming-out

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Je patiente à la lumière d'un lampadaire, le vent glacial de l'Automne me fait frissonner. J'aurais clairement dû prendre une veste plus chaude... mes doigts sont gelés et ne parlons pas de mes jambes couvertes de simples collants fins. J'en viens même à me demander pourquoi je me suis si bien habillée, après tout je compte quitter mon copain. En parlant de lui il pourrait arriver à l'heure, ça fait au moins un quart d'heure que je l'attends, planté au milieu d'une rue où les lumières clignotent comme dans les films d'horreurs.

Une voiture blanche arrive, elle est toujours aussi sale d'ailleurs. Elle ralentie puis s'arrête en face de moi avec un conducteur au visage fermé, inexpressif. Super, je sens que cette soirée va être très longue. Je m'installe et constate que sa main bloque une fois encore ma ceinture... cool, encore plus de chance de mourir. Oui, parce que ce n'est pas comme s'il conduisait bien, chaque virage avec lui au volant est une possibilité d'accident. Je m'accroche donc où je peux pour éviter de me cogner dans chaque recoin de la voiture. Heureusement que le trajet n'est pas très long...

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Quand on arrive devant chez lui, je n'ai toujours pas eu de bonjour, aucune parole n'est sortie de sa bouche. On descend de la voiture et comme chaque fois que je vais chez lui, je vais dans sa chambre et attends tranquillement qu'il revienne de sa douche. Cependant cette fois je ne vais pas m'allonger dans son lit, j'attends debout dans l'idée de lui faire comprendre qu'il ne se passera rien ce soir et même qui ne se passera plus jamais rien entre nous. Un fois revenu, son visage montre bien son étonnement ce qui provoque une ribambelle de questions auxquelles je n'ai absolument pas envie de répondre. Tout en l'ignorant je vais m'assoir sur sa couverture et quand il me rejoint pour monter au-dessus de moi je sors d'un ton sec :

« Non je n'ai pas envie.

- Toi ne pas avoir envie ? La blague, dit-il en essayant de défaire mon soutien-gorge.

- Arrête ça, je n'en ai vraiment pas envie. Et arrête voir de penser ça de moi aussi. »

Je m'extirpe de ses bras et le repousse violement. Il revient de plus belle et réussi cette fois à dégrafer mon sous vêtement. Il profite de ma peur pour glisser ses mains sous ma robe et venir poser ses mains sur ma chair. Il commence à faire des mouvement sur ma peau découverte de mon habit tout en essayant de passer des doigts sur les zones érogènes de mon corps.

« Je t'en supplie arrête ça.

- N'importe quoi je sais que tu aimes, dit-il en essayant d'enlever ma robe.

- ARRETE !! Dis-je en me remettant rapidement assise et en remettant mes vêtements correctement.

- Pourquoi tu es comme ça ? D'habitude tu en redemandes encore et encore. Tu as trouvé quelqu'un d'autre ? Tu as couché avec quelqu'un d'autre peut-être ?! Ou alors tu ne m'aimes plus, c'est ça hein ?

- Non pas du tout. Tu sais très bien que je ne ferais jamais ça. Et moi en effet, je ne t'aime plus. Mais pour raviver tes souvenir, je te rappel que je t'avais prévenu ! Je t'avais dis que si tu continuais à agir comme tu le fais, que tu si tu persistais à être méchant et grotesque avec moi, de me prendre pour un jouet ou une moins que rien, mes sentiments partiraient. Je suis lassé de toi maintenant et je te l'avais clairement annoncé !

- Pfff tu dis vraiment que des conneries, je sais que je t'excite là maintenant, dit-il en essayant de glisser sa main sous mon collant. Tu n'arrives pas à me résister.

- Je n'ai pas constamment envie de toi tu sais ? Il faut vraiment que tu arrêtes de croire que tu es le centre du monde. Pour moi tu n'es plus rien. Je n'ai même plus envie de toi alors fou moi la paix maintenant ! »

Je me lève du lit et me sens tirer à nouveau vers lui. C'est Tom qui m'a attrapé le poignet. Il faut vraiment qu'il insiste ? C'était clair pourtant. Les larmes me viennent automatiquement, il sait très bien que je déteste que l'on me tienne de la sorte à cet endroit. Ça me rappelle vraiment de mauvais souvenirs. D'ailleurs son insistance et sa persévérance est exactement comme ce jour-là. Celui que j'aimerai oublier et qui m'a obligé à renoncer à ce que j'aime.

« Lâche moi putain ! Tu fais exactement comme elle, tu n'es pas mieux que les autres en fait. Ça ne m'étonne pas que chaque fille que tu commences à aimer s'enfuient en courant. Tu es ignoble alors laisse-moi partir maintenant.

- C'est bon j'ai compris. Tu aimes les filles c'est ça ?

- Mais t'es vraiment con ma parole ! Tu sais très bien que j'aime les deux alors ne commence pas à en faire des caisses pour ça. De toute façon je me casse. »

Je prends mon soutif au bout du lit et le range en deux-deux dans mon sac. J'enfile à la va vite mes chaussures et m'enfuie de chez lui rapidement. Il fait vraiment très froid dehors... En plus il y a beaucoup de gens bizarres dans ce quartier. A tel point qu'à chaque fois qu'une voiture ou qu'un groupe de personne passe, une boule de stresse vient s'installer dans ma gorge. J'essaye d'appeler quelqu'un et heureusement une amie répond.

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Dieux soient loués. Je suis rentré en vie et sans embuches. Je remercie grandement mon amie qui est toujours avec moi au téléphone et lui promet de rapidement passer la voir. Dans un élan de fatigue, je me déshabille et me glisse dans mon lit, préférant oublier cette entrevue de ce soir.

 Mes pensées se mêlent m'empêchant de dormir. Je repense à ce qu'il s'est passé il y a quatre ans, quand j'arrivais encore à aimer les filles, quand l'idée d'être avec un homme me répugnait encore. Je me rappelle encore mon stresse le jour où j'ai fait mon coming-out à ma famille après être rentré avec la tête rasé. C'était il y a si longtemps et si peu de temps à la fois. Je ne sais plus quoi penser. J'ai une envie grandissante de retenter le coup avec les filles, de leur laisser une chance ou plutôt de laisser une seconde chance à mon cœur en termes d'amour lesbien. En même temps ça c'est si mal fini la dernière fois... Mais j'ai l'impression que c'est ça qui me manque aujourd'hui, que c'est une femme qui va réussir à combler le vide qui s'est installé depuis quelques temps en moi. S'en est assez des hommes qui me blessent sans arrêt où de mon amour incertain et de passage pour eux. Il faut que j'arrive à de nouveau aimer une femme.

La chaleur de mon corps à rendu ma couette toute chaude. Je m'enveloppe dedans comme dans une chrysalide, je me sens enfin en sécurité. Les rêves prennent place dans mon esprit et me font lentement plonger dans les bras de Morphée.


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