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Le poing de Madame Bauche s'écrase sur la table, mon coeur lâche et je sursaute.

- Réveilles toi Alyssa ! hurle-t-elle.

Elle tape une dernière fois sur ma table avant de tourner les talons et retourner à son bureau. Sa voix est stridente et ses escarpins claquent de manière insupportable sur le sol.

- Arrête de rêver et concentre toi sur le cours.

Mais ses cours ne m'intéressent même pas, ni cette matière d'ailleurs. J'ai l'impression d'être une étrangère qui a du mal à s'intégrer, tous autour de moi ont l'air submerger, ils boivent les paroles de cette prof. Elle est jeune, belle et élégante, ils ont tous la bave qui coule aux commissures.

- Pour ce week-end, annonce-t-elle, vous allez écrire une histoire sur le thème de votre choix, minimum 4 pages à me rendre au format papier.

J'apprécies pas particulièrement écrire, ma vie est si monotone, chaque jours ressemble au précédent ce qui fait que je n'ai pas vraiment développé d'imagination. La sonnerie retentit et la pièce si calme se transforme en énorme vacarme, j'ai un mal de crâne puissant qui me ralentit dans chacun de mes mouvements. Les élèves se lèvent tous d'un coup, moi je reste sur ma chaise, la tête dans mes mains. Madame Bauche me fait signe de partir, je soupire. C'était ma dernière heure de cours, et heureusement, je n'aurais pas supporter une minute de plus la voix stridente de cette femme. Je mets mes écouteurs, prends une cigarette et franchis le portail du lycée. Elena m'attend juste devant, elle me tends un briquet. Elena et moi nous connaissons depuis la primaire, elle a beaucoup d'amis, est très jolie et intelligente. Le genre de fille parfaite qu'on voit dans les séries romantiques. Elle sort depuis quelques semaines avec Arthur, un autre garçon aussi populaire qu'elle. Je ne l'apprécie pas beaucoup, j'ai l'impression qu'il est avec elle seulement par intérêt, comme s'il attendait quelque chose de sa part pour ensuite fuir. Cette haine est réciproque, selon lui, Elena ne devrait pas trainer avec moi ce n'est pas bon pour son image publique. Je l'emmerde de toute façon. Il s'approche d'elle, met son bras autour de sa taille et se mord les lèvres avant de l'embrasser. Je lève les yeux au ciel quand il me regarde, Elena elle, sourit en plongeant dans son regard.

- On se voit à la plage demain ? me demande-t-elle.

- Ouai carrément ! Tu viens avec ton toutou ?

Arthur me lance un regard noir, Elena rigole, je fais de même.

-Haha non ! Il reste ici lui, répond-elle en lui faisant un bisou sur sa joue droite.

Je vois bien qu'elle est totalement amoureuse de lui et ça me fait peur. Elena a toujours enchainer les petits copains, non pas qu'elle aime ça, mais elle a un grand besoin d'affection, elle déteste se retrouver seule, elle a besoin d'une figure "protectrice" c'est ce qu'elle m'a dit un jour quand son ex l'a quitté, elle était terrifiée à l'idée de se retrouver seule. Elle est tombée amoureuse de chaque garçons avec qui elle est sortie et eux, se servaient de cette opportunité pour lui faire des choses qu'elle regrette amèrement aujourd'hui et ils ont tous fini par la tromper. Je finis ma cigarette et eux, retournent en cours. Je rentre chez moi à pied. Il fait chaud mais c'est supportable. J'écoute de la musique classique, ça me fait voyager, penser à autre chose. J'aime le printemps, surtout que là où j'habite, il fait déjà beau. Avec Elena on habite pratiquement à côté et surtout, à 10 minutes de la plage c'est ça qui est le plus intéressant. L'année dernière, on adorait faire des soirées plages avec tout le groupe, on buvait, on dansait, c'était incroyable. On se voit tous un peu moins en ce moment, ce que je regrette, mais quand l'occasion se présente on essaie de se voir le plus souvent possible. Je mets à peine 20 minutes pour atteindre mon chez moi, mes parents sont divorcés, je vis avec ma mère qui est hôtesse de l'air, ce qui fait qu'elle est souvent absente. Je me retrouve donc seule dans mon appartement, mais ça ne me dérange pas plus que ça, je m'y suis habituée. Je me prépare des pâtes et m'installe devant la télé. Je mets une stupide télé-réalité, je n'aime pas ce genre d'émission, mais ça m'évite de réfléchir, je me contente de regarder. J'ai l'impression de me retrouver au collège quand je regarde ça, les disputes inutiles, les cris. Je m'empresse de finir mon plat, je m'allonge sur mon lit et regarde le plafond. Aucunes lumières n'est allumées, excepté des leds mi bleu, mi violet. J'adore regarder mon plafond blanc, ce n'est pourtant juste qu'un plafond, sans aucune expression, mais quand je le regarde je pense à tout et à rien, je réfléchis aux erreurs que j'ai pu faire, aux changements qui s'opèrent. J'essaie de ne pas rester trop longtemps inerte à le fixer sinon je sais que je peux vite déprimer, je me relève alors d'un bond, ce qui me vaut un léger mal de crâne. Je m'adosse contre mon mur qui est collé à mon lit et prends mon ordinateur. Je réfléchis alors à l'histoire que Madame Bauche nous a donné à faire pour le week-end, j'envie d'une force les élèves qui ont de l'imagination. Comment écrire une histoire de minimum 4 pages en à peine deux jours ?! Mais je dois m'y mettre dès ce soir, demain je dois aller à la plage avec Elena. Je prends mon courage à deux mains et commence mon introduction ;

"Il était une fois"

Rien que le début est pathétique, je n'ai plus l'âge d'écrire une histoire qui débute de la sorte. Je soupire et me laisse tomber en arrière et je me retrouve en tête à tête avec mon plafond blanc. Je suis affreusement fatiguée, je cherche milles excuses pour éviter de faire mon travail, mais déjà que mes notes laissent à désirer, si je ne fais pas ce travail je suis sûre de rater mon année. Peut-être que je pourrais m'accorder une petite sieste de 10 minutes et ensuite commencer mon histoire, oui, je vais faire ça juste 10 minutes.

je t'en prie, ne m'oublie pas.Stories to obsess over. Discover now