Je comprends que ma journée est condamnée exactement sept minutes après avoir franchi les portes du lycée.
— Blake.
Je ferme les yeux.
Non.
Il est trop tôt.
Je refuse.
Je continue de marcher.
— Alia Blake.
Cette fois, je m'arrête au milieu du couloir.
Maya, à ma droite, laisse échapper un soupir dramatique.
— Sept minutes, murmure-t-elle en regardant l'heure sur son téléphone. Je pensais qu'on tiendrait au moins jusqu'à neuf heures.
Eden, de l'autre côté, hausse les épaules.
— Moi j'avais parié avant huit heures vingt.
Je pivote lentement.
Liam Bertley se tient quelques mètres derrière nous.
Évidemment.
Chemise blanche légèrement retroussée au niveau des avant-bras, pantalon sombre et sac posé négligemment sur une épaule, il a cette manière insupportable de paraître parfaitement réveillé alors qu'il est huit heures douze du matin.
Ses cheveux bruns sont légèrement plus longs que l'année dernière.
Je déteste le fait de l'avoir remarqué.
Ses yeux gris-vert se posent sur moi.
Puis sur mon gobelet.
Puis de nouveau sur moi.
Un sourire apparaît au coin de ses lèvres.
Mauvais signe.
— Tu as quelque chose à me dire, Bertley ?
— J'hésite.
— Essaie de résister.
— J'allais simplement te prévenir que ton café est ouvert.
Je baisse les yeux.
Une demi-seconde trop tard.
Mon pied accroche la lanière du sac qu'un élève a abandonné au milieu du passage.
Mon corps bascule.
Mon café aussi.
Je parviens miraculeusement à rester debout.
Mon café, lui, termine sa courte existence sur le sol.
Silence.
Je regarde le gobelet renversé.
Puis le sac.
Puis Liam.
Son sourire s'agrandit.
— Ne.
Il lève les mains.
— Je n'ai rien dit.
— Ne ris pas.
— Je ne ris pas.
Ses épaules bougent.
Je pointe un doigt vers lui.
— Tes épaules rient.
Cette fois, il éclate franchement de rire.
Je le déteste.
Je le déteste tellement.
— Ça commence bien, observe Eden.
Maya sort déjà son téléphone.
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Meilleurs enemis
RomanceAlia Blake pensait savoir exactement à quoi ressemblerait sa dernière année de lycée. Ses meilleurs amis, les cours, les soirées, les examens... et probablement quelques catastrophes dont elle aurait préféré se passer. Une année presque normale. S'i...
