Chapitre 1

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Encore une matinée passée à rêvasser, il va vraiment falloir que je sorte là. J’attrape mon téléphone et regarde l’heure : il est déjà 11h37. Je me lève rapidement de mon lit et me dirige vers la salle de bain. Je ne passe jamais trop de temps dans cette pièce, je prends juste une douche, m’habille et me parfume rapidement. J’ai un peu de monnaie sur moi. Aujourd’hui, je mange dehors (encore), je n’ai pas le courage de faire à manger ce midi et de toute façon je n’ai pas ce qu’il faut. J’irai faire quelques courses plus tard, là j’ai faim.

Je descends les escaliers et je me rends compte que les rues sont remplies. Effectivement il est déjà 12h passé. Ici, c’est une ville moyennement grande, mais à cette heure-ci, tous les travailleurs de jour se précipitent pour aller manger avant de continuer leur journée fatigante. Ma journée à moi ne fait que commencer. Je me rends assez tranquillement jusqu’au fast-food du coin.
Je trouve ces rues assez hypocrites : plein de boutiques pour faire son shopping, les gens sont installés sur les terrasses des cafés et rigolent. Tout ceci donne une impression que le monde est tout beau tout rose mais, quand on ouvre bien les yeux, on se rend compte à quel point il est cruel.  Je continue de descendre la rue, musique dans les oreilles, et finit par arriver. J’entre et une voix m’appelle de loin :

« Ymir ! Encore la flemme de te faire à manger hein ? Je te mets comme d’habitude ne t’inquiètes pas. »

C’est le serveur, je lui fais signe et vais m’installer. Je le trouve assez sympa donc je lui parle quelques fois. Je n’ai même pas à commander, juste à m’installer et patienter. Bon j’avoue, avec ce qu’il vient de me dire je prends conscience que je mange assez souvent ici.                
                                                                        De là où je suis j’aperçois une fille assise seule à une table pas très loin. Je me penche un peu et la voit mieux. Elle mange vite, j’en conclus que c’est Patate Girl. Je ne lui ai jamais parlé mais je l’appelle comme ça, c’est assez simple à comprendre : elle ne mange quasiment que des pommes de terre, peu importe si elles sont sautées, à la vapeur ou en frites, elle ne mange presque que ça.        
                                                                                                                                              Le serveur arrive souriant et pose mon assiette sur la table. Il retourne travailler car plusieurs nouveaux clients l’attendent. Patate Girl, elle, se lève avec son plateau mais laisse ses affaires à côté de sa chaise. Elle ne les a pas oubliés, elle va juste se resservir. En voyant ça quasiment tous les midis, je me demande si elle mange le soir. Je commence à peine mon sandwich qu’elle est de retour avec une assiette remplie. Je ne lui prête plus attention et me dépêche de manger. Je n’ai rien à faire d’important cette après-midi mais je n’aime pas trop prendre mon temps.                                                                            5 minutes plus tard, je finis de manger en même temps que Patate Girl.

Comme je n’ai pas grand-chose à faire cette après-midi, je décide d’en savoir un peu plus sur elle, elle m’intrigue. J’attends qu’elle soit assez loin mais pas trop pour la suivre sans la perdre de vue. Après une bonne dizaine de minutes à la suivre, elle s’arrête dans une boulangerie et ressort avec une part de flan. Décidemment elle mange vraiment bien. Mais quelques rues plus loin, elle entre de nouveau dans un bâtiment : Le lycée Shingeki, je ne la voyais pas vraiment aller là-bas mais les apparences sont parfois trompeuses. Je retourne en ville d’un pas tranquille et vais retirer quelques billets. Je me rends dans un supermarché pas très loin et fais quelques courses. Je ne prends que le nécessaire donc j’en ai à peine pour dix minutes et je m’en tire avec une vingtaine d’euros à payer. Je paye, je sors et rentre chez moi.           
                                                                         Il est à peine 14h et je ne sais pas vraiment quoi faire. Je ne réfléchis pas plus de deux minutes avant de ressortir. Aujourd’hui il y a un grand soleil accompagné d’une légère brise plutôt fraîche alors autant en profiter. Je me rends donc à mon endroit préféré, un petit parc avec un lac. Je dois être la seule à connaître ce lieu paisible, je n’y vois personne pourtant j’y viens assez souvent. C’est compréhensible, les habitants de Shiganshina ont mieux à faire que de s’installer au bord d’un lac et souffler un peu. Cet endroit, je le trouve magnifique et reposant. Je m’avance vers le lac et m’arrête un peu avant le bord. Je m’installe au coin d’un des plus grands arbres de ce parc et regarde les nuages reflétant sur l’eau. Mais après seulement 5 minutes à avoir la tête dans ces nuages, je ne peux lutter et tombe dans les bras de Morphée. 
Ça m’arrive souvent de dormir un peu ici, l’air est pur et je suis tranquille. J’aime bien être isolée de l’environnement actif qui m’entoure. Quand je suis ici, je ne pense plus à rien et me laisse bercer par le son de la nature. Quand je suis ici, c’est l’un des rares moments où je me sens bien. Je plonge dans l’univers des rêves :

Dans cet univers j’ai une belle vie et j’ai tout ce que je veux quand je le veux. Je suis entourée de personnes qui m’aiment et j’ai trouvé ma bien-aimée. Je n’ai aucun problème d’argent étant donné que j’occupe un emploi stable et bien payé. Bref, tout va pour le mieux. Je suis tellement bien dans cet univers que je me réveille bien 3h après mais une fois de retour dans le vrai monde c’est la douche froide.
Je me rends compte que rien n’a changé : je suis toujours seule, je n’ai que le nécessaire et mes horaires de travail sont toujours aussi pourries. Je cherche mon téléphone et regarde l’heure : 17h ? Au moins je serais en forme ce soir. J’attrape une branche suspendue au-dessus de ma tête pour me lever et m’étire rapidement avant de rentrer chez moi.

Après une marche assez rapide pour revenir à mon domicile, je monte les escaliers deux par deux en courant. J’ouvre la porte, entre et me dirige vers ma chambre. Je m’habille de vêtements de sport sans réfléchir et ressors précipitamment. Là, je vais pouvoir m’amuser un peu. Au programme ? Deux heures de course sans pause, comme tous les jours.

La brune et les blonds (Yumikuri)Bağımlısı olacağınız hikayeler. Şimdi keşfedin