Le vent fouettant mon visage, les mauvaises herbes égratignant mes jambes, je cours en à perdre haleine à travers ce bois qui est devenu ma seule solution. Zigzaguant entre les arbres pour semer mes poursuivants, faisant par la même occasion fuir les animaux nocturnes que cette forêt abrite. Je cours en espérant de tout mon être, réussir à trouver l'énergie nécessaire afin de les distancer et me cacher de leurs futures représailles.
Vous devez vous demander qui je suis? Pourquoi fuis je? Qui sont mes poursuivants? Où nous trouvons nous?
Autant de questions pour si peu de réponses. Être dans l'incompréhension n'est pas quelques chose de facile, de même d'être patient n'est pas une vertu que tout le monde possède, c'est pourquoi je vais vous répondre et peut-être que vous comprendrez mieux ma situation.
Je m'appelle Théa Light, oui je sais pas banale comme nom de famille mais c'est tout qui me reste de celle-là du moins ce qu'ils ont bien voulu me laisser. Vous avez bien compris, je suis orpheline. Abandonnée à l'âge de deux ans à l'orphelinat de Mytown par mes propres parents, comme si ils avaient prédis la tâche que je serais, l'erreur d'être en vie, d'être tout simplement moi. Une fille des plus banale, à la vie des moins palpitantes. Une vie qui se résume aux dénigrements des gardiens de l'orphelinat, à la violence subite par mes chers compagnons de galère, à l'humiliation de ne jamais être choisis pour l'adoption par une famille, me trouvant pas assez jolie, pas assez intelligente, trop peureuse.
Je suis faite de pas assez et de trop, je ne suis jamais assez bien pour les autres. Voilà de quoi résumer la jeune Théa.
Mais revenons à nos questions: Pourquoi fuis-je? Comme je l'ai dit, je n'ai pas que des amis même aucun à l'orphelinat. Le groupe qui me violente depuis de nombreuses années maintenant est composé de quatre garçons et d'une fille, c'est eux qui font de ma vie un enfer. Aujourd'hui comme tout les autres jours, ils sont venus me rabaisser que je n'étais qu'une tâche, une erreur qui devait disparaître tout en me frappant pour que cela rentre mieux dans mon crâne d'après eux. Vous vous posez peut-être la question de pourquoi je ne réagis pas tout simplement parce que moi aussi je crois à leurs paroles et à quoi bon me défendre alors qu'ils sont plus forts?
Mais voilà qu'en fin d'après-midi, alors que j'étais dans les jardins, des cris de supplication m'ont interpellé. En me rapprochant de la fontaine, la scène qui se déroula devant moi me laissa perplexe. Un jeune garçon était entrain de se faire plonger la tête dans l'eau de la fontaine par deux des garçons qui me faisait souffrir. Ce petit les suppliait qu'ils arrêtent, il n'avait plus le temps de respirer entre les intervalles qu'ils lui permettaient.
Sans réfléchir, mes jambes me mena jusqu'à eux et dans ce même temps, mes mains poussèrent ces deux idiots dans l'eau. Tellement surpris, ils n'ont pas eu l'occasion de se rattraper et tombèrent la tête la première dans la fontaine.
Oh putain qu'est-ce que j'ai fait ?
Je sais pas ce qu'il m'a pris, ça ne me ressemble pas. D'habitude je trace ma route sans m'en soucier, j'ai déjà assez de problèmes comme ça pas besoin que j'en rajoute. Pourtant je déteste l'injustice mais je ne peux rien y faire, je suis pas en position de force.
Alors pourquoi était-ce différent aujourd'hui ? C'est comme si je n'étais plus moi même.
Le jeune garçon que je venais d'aider me regarder avec des yeux de merlan frit ne comprenant pas la situation, aussi surpris l'un que l'autre par ce qui venait de se passer. Puis son expression changea en une fraction de seconde, passant de la surprise à la peur. En comprenant par les jurons que j'entendais derrière moi, je compris que je mettais jeter dans la gueule des loups.
- Sauve-toi, lui dis-je du bout des lèvres.
Un dernier regard rempli d'émerveillement , il détala aussi vite qu'un lièvre.
Maintenant seule face à mes bourreaux, toute mon assurance dégringola en voyant les regards noirs qui me lancaient.
- Cours
Un seul mot, une seule chance pour sauver ma vie.
Et depuis ce moment je n'arrête pas de courir.
Je cours depuis tellement longtemps. Tellement longtemps que je commence à plus sentir mes jambes. Tellement longtemps, que le ciel se teinte de ses belles couleurs pour nous dire au revoir et à demain pour un nouveau jour, que les derniers rayons de soleil filtrent à travers le feuillage des arbres. Le soleil laisse enfin place à la lune et à l'obscurité de la nuit. Ce moment pourrait être magnifique pour une personne qui saurait apprécier ce moment de sérénité et les simples plaisirs de la vie mais dans mon cas se sera pour une prochaine fois. Mais ce court moment de réflexion se coupa immédiatement par une voix rocailleuse dans mon dos.
- Je te jure Light si on te rattrape, on te fait la peau! Et pour de bon cette fois!
Affolée par ses paroles, je me retourne essayant d'évaluer la distance qui nous sépare. Mes yeux s'écarquillent de frayeur ainsi que la faiblesse de mes jambes et ma respiration s'accélère en constatant qu'ils sont tout proche de moi.
Il faut absolument que je trouve refuge quelque part sinon s'en est fini de moi.
Au détour de grands sapins, le bruit d'une rivière se faisait entendre mais mes yeux fut attirer par tout autre chose, un majestueux saule pleureur. Même dans la nuit, je pouvais imaginer à quel point il était beau avec ces rideaux de feuilles, touchant presque le sol, en le regardant on ne pouvait imaginer le nombre de décennies qu'il avait traversé.
Mon instinct me dicta que c'était lui ma solution, qu'il me cacherait de mes assaillants au milieu de ses feuilles. Toujours en me rapprochant, au pied de celui-ci, entre ces racines, une cavité tout juste assez grande pour m'abriter se dévoila à moi comme si c'était lui qui avait décidé de m'aider.
A peine le temps de me glisser dans celle-ci que mes poursuivants étaient arrivés. Peut-être effrayer par tout ce monde, un jeune chevreuil s'échappa à travers bois.
-Par ici, elle s'enfuit !
Hasard ou pas, le bruit que ce chevreuil a fait en détalant m'a sans doute sauvé la vie en éloignant mes bourreaux.
Un souffle de soulagement s'échappa de moi avant que je me laisse glissée au sol.
C'est ici que je m'endors, éreintée par cette course poursuite et ce trop plein d'émotions, bercée par le frémissement des feuilles dû au vent et aux hululements des oiseaux nocturnes.
Sans même le savoir, ce soir-là ma vie avait pris un tournant à trois cent soixante degrés.
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The Legend Of Aurora
FantasyUn monde où la tristesse et le sang coulent à flots où la guerre déchire des familles entières depuis des générations. Un monde où le chaos règne depuis plusieurs siècles. Une ancienne légende, vieille du temps où Aurora respirait le bonheur, rac...
