CHAPITRE I : L'aterrissage.

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Des applaudissements se firent entendre. L'avion venait de se poser, après onze heures de vol depuis Paris, sans égratignures ni incidents à l'aéroport de Los Angeles. Pour Agathe, c'était déjà un exploit d'être encore en vie. En effet, sa mère avait beau lui dire que c'était sécurisé, elle n'avait pas confiance pour autant. Comme c'était son premier long vol, elle se disait que son inquiétude était justifiée et que ce n'était pas qu'elle était peureuse mais qu'elle était débutante et qu'elle allait s'habituer. Elle avait cependant bien aimé le trajet, mis à part l'envol et l'atterrissage, et en avait profité pour regarder des films.

L'adolescente colla son front contre la vitre. Elle était là, sous ses yeux, la ville où elle avait toujours rêvé d'aller. Los Angeles se dessinait au loin et les silhouettes de ses buildings n'encourageait pas Agathe à se sentir mieux. Elle avait l'impression d'être une poussière dans cet univers nouveau où elle n'avait jamais mis les pieds. Elle passerait deux mois, deux gigantesques mois dans cette ville dont elle avait tant entendu parlé mais dont elle ne connaissait pourtant rien. De plus, comme si la situation n'était pas assez critique, elle les passerait avec une famille qui lui était complètement étrangère. Il fallait se calmer et respirer. Quand sa mère lui avait proposé de faire fille au pair un été à l'étranger, elle n'avait pas réfléchit une seconde et avait sauté sur l'occasion pour partir en vacances, en Amérique qui plus est! Seulement, elle ne se rendait compte que maintenant, alors qu'elle ne pouvait plus revenir en arrière, de l'ampleur de la chose. A cause des fortes pulsions de son cœur, elle faillit louper l'annonce qui resonnait à présent à travers les micros de l'avion :

"Mesdames et messieurs, bienvenue à Los Angeles. La température extérieur actuelle est de 35°C, il est 10 heures du matin... "

Agathe se leva et attrapa son sac au dessus d'elle, puis suivit le flot de personnes qui se dirigeait vers la sortie. Après avoir récupéré sa valise et fait les formalités nécessaires, elle fini par apercevoir les familles qui attendait les arrivants. Parmi toutes les pancartes, elle chercha des yeux celle où était écrit son nom de famille : "Blanchard", typiquement français. Elle n'eut pas à chercher longtemps, au bout de quelques secondes, elle aperçut une dame au premier rang. Lorsqu'Agathe s'approcha pour se présenter, celle-ci la reconnu tout de suite.

-Hey, chérie ! Tu as fait bon voyage?

L'adolescente avait beau parler couramment anglais, il fallait avouer que l'accent américain n'était parfois pas facile à comprendre.

-Oui, très bon. Je vous remercie de m'accueillir, je m'appelle Agathe, enchantée.

-Je sais, c'est un plaisir.

La dame prit la valise de la jeune fille puis se mit en route, suivi de près par cette dernière.

C'était une très belle femme. Elle était grande et blonde, la quarantaine sûrement mais faisait pourtant plus jeune que certaines femmes de trente ans. A côté, Agathe paraissait insignifiante et minuscule, du moins, c'est ce qu'elle ressentait.

Elles finirent par arriver au parking où la dame se dirigeait vers une Ferrari Testa rosa. C'est seulement lorsqu'elle la déverrouilla qu'Agathe remarqua que c'était la leur. Elle compris tout se suite qu'elle était tombée chez des riches, ou des personnes aisées, pour parler plus convenablement. Était-ce une chance ? Pas spécialement. Elle avait aussi compris que les riches n'étaient parfois pas plus heureux que les pauvres.

La femme mit la valise d'Agathe dans le coffre et celle-ci s'assit à l'avant.

-Vous ne m'avez pas dit comment vous vous appelez, dit-elle timidement.

-Ha, oui! Où avais-je la tête?! Pardon chérie, moi c'est Chalsea, la mère des enfants. Bon, pendant qu'on y est je t'explique aussi comment va se passer ton séjour ici. Demain, James: mon mari et moi partons pour New York en voyage d'affaires. Nous y resterons deux mois, soit toutes les vacances d'été. Toi, tu auras à t'occuper de Willow, qui n'a que dix ans. Elle est diabétique, je te dirais ce qu'elle doit manger spécifiquement et comment lui faire ses piqures. Ne t'inquiète pas, elle peut se débrouiller toute seule pendant une journée ce qui veut dire que tu auras des jours de libres.

Pendant qu'elle parlait, Agathe prenait des notes dans sa tête. Chalsea fit une pause le temps de démarrer la voiture puis continua ce qu'elle disait.

-Michael, quand à lui, tu n'y fais pas attention. Il a vingt-cinq ans et n'est ici que pour les vacances. D'ailleurs nous avons fait appelle à toi car ce garnement ne veut pas garder sa sœur, trop occupé à vadrouiller de fête en fête. D'ailleurs, tu ne le verra que rarement : il dort souvent chez sa copine.

Chalsea continua son exposé sur les règles de la maison et le traitement de Willow jusqu'à ce qu'elles arrivent à destination. Lorsqu'Agathe sortie de la voiture, elle n'en revenait pas ses yeux. Leur maison était une villa très moderne au bord de la mer. Après une courte visite des lieux, Chalsea lui montra sa chambre qui était d'ailleurs plus grande que son appartement. Elle posa ses affaires puis descendit au salon où elle trouva une petite fille sur le canapé, en train de regarder des dessins animés sur l'écran plat. Cela devait être Willow car elle ressemblait en tout point à sa mère. De longs cheveux blonds lui tombaient jusqu'aux épaules, quant à ses yeux, ils étaient assortis à la mer. Elle était en maillot de bain rose et avait du chocolat pleins la bouche.

-Trésor, dit Chalsea en s'adressant à la petite, voici la jeune fille au pair dont je t'ai parlée, elle s'appelle Agathe.

Willow ne bougea pas d'un poil, trop obnubilée par Tom qui poursuivait Jerry.

-Hum... émit elle cependant après un petit moment.

-Bien! Les présentations sont faites! Agathe, ajouta la mère de Willow en prononçant le "th" et en tournant les talons vers elle, fais comme chez toi. Tu peux aller te baigner à la piscine ou à la mer, regarder la télévision... Vraiment, pendant deux mois, cette maison est ta maison!

Elle adressa un grand sourire à l'adolescente avant de se retirer. Agathe resta plantée au milieu du salon à regarder les tableaux au mur pendant un petit moment. Elle adorait l'art et était fasciné par la peinture. Un en particulier retenu son attention. En apparence, il ne voulait pas dire grand chose mais si elle lisait entre les lignes, elle pouvait découvrir tout un monde que le peintre avait créé. Dans ce cas là, ce monde était froid et cruel mais d'une beauté inconsidérable.

Un raclement de gorge la sorti de sa rêverie plus tard. Lorsqu'elle tournat la tête vers la source du bruit, un jeune homme la toisait attentivement, perplexe. Il avait l'air d'être là depuis un moment...

L'amour n'a pas d'âge.  Stories to obsess over. Discover now