Tokyo Goul (Manga)

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Écrit et dessiné par Ishida Sui, Tokyo Ghoul sort en 2011 du côté du Japon, porté par la Shueisha, puis atteint la France en 2013 cette fois-ci édité par Glénat. Prépublié dans le Shuukan Young Jump, c'est donc un manga de type seinen (malgré sa classification en tant que shônen du côté français), qui sera le premier manga d'Ishida et qui connaîtra un franc succès que ce soit du côté nippon ou français. Il est pour ainsi dire aujourd'hui devenu un « classique » de la littérature manga.

Issu d'un premier one-shot appelé Tokyo Ghoul Rize qui remporte le 113ème Grand Prix du magazine Young Jump, Ishida lance la machine Tokyo Ghoul qui raconte l'histoire du jeune Ken Kaneki, étudiant de 18 ans, contraint après avoir fait une mauvaise rencontre de devenir une goule, ces créatures mangeuses d'hommes, ennemi de l'humanité. Ou plutôt, il ne le sera qu'à moitié. À mi-chemin entre les deux, Kaneki va devoir retrouver sa place dans un monde qu'il croyait connaître. Ce ne sera que le début d'une longue descente aux enfers.

Le résumé de l'œuvre peut paraître assez simple et déjà vu, pourtant l'histoire reste captivante du début à la fin. Le coup de crayon d'Ishida est en très grande partie responsable de ça. La tension d'un Tokyo sous couvert de chasse aux goules est clairement retranscrite dès le tome 1 : ambiance assombri le jour avec des immeubles très marqué au dessin, des nuages sombres et un panel de gris-noir bien travaillé, qui jouxte avec un style plus fin mais toujours aussi sombre la nuit ; la scène est posée. Viens s'ajouter à ça deux autres grands points forts d'Ishida dans le dessin : sa façon de retranscrire la folie de ses personnages, ainsi que ses traits aussi bien sauvages que élégants de ses scènes de combats. Dans un manga où des créatures humanoïdes mangent des humains, retranscrire la folie des personnages étaient un des sujets clés pour pouvoir atteindre le point de compréhension et ainsi accrocher le lecteur. Sans cela, le manga aurait perdu en crédibilité, mais aussi en profondeur d'écriture. Contrairement à sa suite, Tokyo Ghoul comprend une juste mesure de folie, parsemé par-ci, par-là qui n'encombre pas la vision d'ensemble de l'histoire pour le lecteur. Il en va ainsi de même pour les scènes de combats. Sachant allier dynamisme et simplicité, Ishida n'a pas peur de dessiner de la castagne et c'est captivant. Les mouvements sont fluides, cohérents et étudiés. Contrairement à d'autres mangas où un personnage peut voltiger sur plusieurs cases (voir pages...), ici Ishida se limite et compresse le mouvement d'un personnage sur une seule case tout en gardant le dessin lisible et compréhensible. Il sait chorégraphier ses combats, même si cela devient quelque peu télégraphier vers les derniers tomes et c'est dans ces moments là qu'il montre sa palette de savoir-faire : le dessin est rapide cadencé, compressé et violent jusqu'au bouquet final qui aboutit la plupart du temps sur une superbe scène figée ; le moment où l'un l'emporte sur l'autre. Évidemment, Tokyo Ghoul n'a pas autant fonctionné uniquement grâce à son dessin. Le travail d'écriture d'Ishida force le respect. Comment faire en sorte que le lecteur s'identifie et s'attache à des êtres mangeurs d'humains ? C'est là le plus gros défi dont à dû se départir Ishida sur cette œuvre et c'est plutôt réussi. On se prend à soutenir aussi bien les membres du CCG protecteur du monde humain, que les goules en proie à leurs faims causant des remous. La magie de cette amour revient en fait au personnage de Kaneki qui est la parfaite plaque tournante de la compréhension des deux mondes et qui en tant que héros du manga est bien évidemment le plus travaillé, que ce soit au niveau de son passé ou de son évolution au fil de l'histoire. Tout tournant à peu près autour de lui, il se fallait d'un héros qui porte l'histoire, mais sans l'être.

Première œuvre complète d'Ishida, Tokyo Ghoul a su se démarquer dans la foule de prétendants que connais le monde du manga, tout en se forgeant une place méritée qu'il saura garder encore pendant un bon bout de temps dans le cœur de ses fans, comme dans celui de ses détracteurs.

Journal de critique d'un OtakuTempat cerita menjadi hidup. Temukan sekarang