Chapitre 1

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Me voilà, comme tous les samedis soir, à m'occuper des petits enfants de Paul et Sabine Pillard. Cela fait 7 mois que je travaille chez eux pour la maudite somme de 9 euros de l'heure. Je ne devrais pas m'en plaindre, ils sont accueillants et ont toujours été une seconde famille pour moi. Mes parents ont toujours été très proches de Mr et Mme Pillard, c'est d'ailleurs eux qui m'ont proposé de garder leurs petits-enfants, et puis j'en ai vraiment besoin de cet argent, c'est pour pouvoir payer mes études à la fac.
J'envoie un ou deux messages à Sabine tout au long de la soirée pour lui dire que tout se passe bien, puis je mets au lit Valentin et Clémentine.
Tout en rangeant la salle de jeux des enfants, je sens, dans la poche arrière de mon jean, mon téléphone qui vibre, c'est Estéban, mon petit ami, nous nous connaissons depuis l'école maternelle. Quand nous avions 7 ans, il a demandé ma main, et m'a fait la promesse qu'à nos 18 ans nous nous marierons...
Je prends alors l'appel et m'assieds confortablement dans la salle à manger.
-Allo, c'est moi, je viens aux nouvelles, à quelle heure reviennent le Pillard ? Je viens te récupérer tu te souviens ? me demande-t-il.
-Ils seront de retour pour 23h30, je peux appeler un taxi pour rentrer, demain tu te lèves tôt... acquiesçais-je
-Non, ne t'en fais pas, je serais là pour 23h. Je t'embrasse.
-D'accord, à tout a l'heure. Je t'aime.
Ce soir, nous aurions dû fêter nos deux ans de relation, mais je n'ai pas pu me désister pour le baby-sitting, dans 2 mois j'aurais réuni tout l'argent dont j'ai besoin, entre le travail à la librairie, les révisions et le baby-sitting, j'ai légèrement délaissé mes amis et ma famille, mais je me dis que c'est pour une bonne cause.
Dans un an, je passerai le bac et le permis puis j'irai à l'université. Par la suite, je pourrais exercer le métier de mes rêves : Professeur des écoles. Tout est déjà tracé, je n'ai qu'à suivre les étapes.

Les Pillard viennent de rentrer de leur cours de danse, je récupère ma veste dans la penderie puis me dirige vers la porte de sortie.
- Bonsoir, comment s'est passé votre soirée ?
- À merveilles, merci. Les enfants ont été sages ? Ils ont été dissipés toute l'après-midi.
- Ils ont été sages comme des images, ne vous en faites pas.
- Tant mieux alors, c'est bien la semaine prochaine pour votre paye ?
- Oui c'est bien ça, à la semaine prochaine alors.
- Bonne soirée à toi, à samedi.
J'enfile alors ma veste puis je marche sous la pluie, pour rejoindre la voiture d’Estéban tandis que Paul m'arrêta.
- Oh Monsieur Pillard ! Que se passe-t-il ?
- Je... J'ai parlé de tes services à un ami du cours de dance, il aimerait s'entretenir avec vous. Vous seriez d’accord ?
- Évidemment, je n'ai plus de batterie sur mon portable, vous pourriez m'envoyez les coordonnées par mail ?
- Aucun problème, à la semaine prochaine Gabrielle !
Je rejoins alors Estéban puis lui débriefe ma journée.
Il me dépose devant le pas de ma porte puis fait demi-tour dans l'allée et s'en va. Je lui ai proposé de dormir à la maison mais sa mère est très malade alors il souhaite rester à ses côtés le plus possible. En plus de ça, il est stagiaire au poste de police, il doit donc se lever tôt, même le dimanche ; ce sont les aléas du métier. Je rentre, il est 01h15, mes parents et Thibault, mon petit frère, sont déjà couchés, je mange un petit encas et après j’irais me coucher. Je m’installe dans la cuisine, seule, je peux enfin me reposer, cette journée a été épuisante. Je monte les escaliers pour rejoindre ma chambre sans aucun bruit puis trouve mon petit frère endormi dans ce grand lit. Je m’y glisse doucement tout en évitant de le réveiller, j’avais dans l’idée de finir ce roman avant de m’endormir ce soir, mais je vais devoir patienter jusqu’à demain…
Et puis non, j’ai réellement envie de m’endormir en sachant que le mariage de Chloé et Colin aura lieu, ce sont les personnages principaux du livre « L’écume des jours » de Boris Vian – l’un de mes auteurs favoris depuis toujours-. Je vais alors dans la chambre d’à côté, pour ne pas réveiller Thibault, munie de mon livre, ma paire de lunettes et ma lampe de chevet, puis m’installe confortablement contre le lit-bateau et continue la lecture là où je m’étais arrêté. 
Je lis, encore et encore, puis au moment où je fermai le livre, je vis l’heure : 7h10. Bien trop tard pour avoir une bonne nuit de sommeil, j'enfile une légère veste, tout le monde dort encore, je descends à la cuisine pour me faire chauffer du lait afin de boire un chocolat chaud comme tous les matins. Je m’installe dans le fauteuil du salon, devant la télévision, puis récupère mon téléphone pour consulter mes mails. J’attends toujours le mail de Mr Pillard, j’en profite pour envoyer un petit message à Estéban et faire un petit tour sur les réseaux sociaux pour connaitre les actualités de la semaine. -rien d’intéressant-. J’entends les escaliers qui grincent, c’est mon père qui vient de se réveiller.
- Gaby -mon surnom depuis tout petite-, ton baby-sitting s’est bien passé hier soir ?
- Oui ça a été. Ça te dérangerait de me conduire au poste de police pour 12h30 ? Je vais rejoindre Estéban pour aller déjeuner.
- ça pourrait se faire oui, laisse-moi juste passer un coup de fil.
- D’accord papa.
Il rentre dans son bureau puis ferme la porte. J’en profite pour aller prendre une douche. Je monte et prépare mes vêtements, j’ai décidé de mettre une robe à fleurs -c’est une première-, avec des petites baskets blanches. Après avoir pris ma douche, je sèche et boucle mes cheveux. Je me maquille légèrement avec un peu mascara et un gloss transparent. Je prends mon sac puis descends rejoindre mon père, il m’attend dans la voiture. Je préviens ma mère que je suis partie et que je ne rentre pas pour diner ce soir puis rejoins mon père.
Il me dépose sur la place, juste en face du poste de police. En fouillant dans mon petit sac, je remarque que j’ai oublié de prendre mon téléphone portable. Comment je vais faire pour prévenir Estéban que je suis ici ? Je rentre donc dans le commissariat -pour la première fois- puis je demande à la gentille dame de l’accueil où puis-je trouver Estéban. Elle me dirige vers une petite pièce avec un insigne sur la porte « Archives ». Je toque puis rentre. Il était là, en train de rechercher dans les archives du commissariat le dossier d’une enquête classé sans suite. Il fut surpris de me voir dans le commissariat.
- Oh ! Que fais-tu ici Gaby ? Je devais venir te chercher dans l’après-midi pour rejoindre les autres non ?
- Oui, mais je voulais que l’on déjeune ensemble pour une fois, pour fêter nos 2 ans, à notre façon. Ça te dérange ? Si tu avais quelques choses de prévu, je peux rentrer et on se voit cette …
- Bien sûr que non, je suis super heureux que tu sois venu, tu peux m’attendre à l’accueil ? J’apporte ça à mon tuteur et je te rejoins.
- D’accord, pas de problème.
Je me dirige vers l’accueil puis il me rejoint 5 minutes après.
- Où veut tu aller déjeuner alors ? me demanda-t-il
- Pourquoi pas aller déjeuner chez Ludo ?
- Tu es devenue fan de ses pâtes à la bolognaise hein ?
- Oh que oui ! Et puis ça fait un petit moment que nous n’y sommes pas allés.
- C’est parti alors ! D’ailleurs j’ai entendu dire qu’il y a des nouveautés sur sa carte.
Nous marchons jusqu’au parking sous-terrain où se trouve la voiture puis nous roulons pour le restaurant de Ludo, c’est un de nos amis d’enfance qui a repris le restaurant de son oncle.
Nous arrivons devant le restaurant, il est malheureusement fermé. Nous avions décidé d’aller manger dans le fast-food du coin mais en arrivant sur le parking, il y avait énormément de monde et ça aurait ruiné nos projets de l’après-midi. Finalement nous sommes allés chez Estéban pour manger une portion de frites avant de partir rejoindre nos amis. Nous devons nous rejoindre à 16h sur la place Beaumarchais, ça fait plusieurs mois que nous ne nous sommes pas vus tous ensemble alors dès qu’on a trouvé un après-midi où nous étions tous disponibles, c’était la joie !

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