Candle

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410 mots

Sad

Fiction générale

Elle marche tranquillement, de plus en plus sereine.

Son souffle fait de la fumée dans la nuit.

Elle sourit bêtement.

Elle se penche au dessus de l'eau, se retenant par les mains.

Les passants ne lui prêtent pas attention.

Elle prend son téléphone, puis le pose soigneusement au pied de la rembarde.

Elle fait claquer sa langue sur son palais.

Ses chaussures ont coûté terriblement cher à son grand-frère.

Elle enlève soigneusement les talons, puis la chaînette autour de son cou.

Elle regarde la bague à son annulaire gauche, puis soupire.

Une larme coule sur sa joue alors qu'elle serre ses mains contre elle.

Elle continue sa tâche et enlève sa jolie bague, son manteau.

Elle est en petite robe, sur le grand pont, en décembre.

Elle sort son briquet de sa poche et commence à allumer les nombreuses bougies installées sur le pont.

Une pour chaque mort ici.

Il y en a neuf.

《- Je hais les chiffres impairs.》Pensa-t-elle.

Elle récupère son téléphone.

Elle appuie un petit moment sur le un.

Ça décroche.

Elle pleure en silence.

- Allô ? Mon ange ?

Elle sourit à l'entente de la voix de sa petite-amie.

Elles allaient se marier.

Elle pleure un peu plus à cette idée.

- Je suis désolée, mon cœur. Tellement désolée.

Sa voix se brise.

- Je dois le faire. Ça fait trop longtemps que je lutte. Je t'aime. Soit heureuse, sans moi. Je te rendrais la vie moins dure.

- Chérie !-

Elle raccroche avant de lancer le téléphone sur ses habits.

Elle pose ses pieds nus sur la rambarde et se lève.

Elle fait l'équilibriste.

Tout ceci n'est qu'un jeu.

Il suffit que son pied dérape et...

Oups.

Dans l'eau.

Oups.

Tombée.

Oups.

Disparue.

Oups.

Partie.

Le harcèlement à propos de sa relation homosexuelle a eu raison d'elle.

Les moqueries et les coups l'ont d'abord achevée avant qu'elle ne le fasse.

À quoi bon vivre ainsi, morte mentalement ?

Autant mourir physiquement aussi.

Pourquoi les humains doivent attendre la mort pour se rendre compte de leurs erreurs ?

L'humain est bête.

L'humain fait souffrir.

Si elle était restée, elle aurait peut-être eu des enfants.

Elle se serait peut-être mariée.

Elle aurait peut-être été grand-mère.

Qui sait ?

Mais c'est trop tard.

Elle n'a plus froid.

Elle n'a plus chaud.

Elle n'a plus mal.

Elle ne pleure plus.

Il y a dix bougies sur le pont.

La flamme de la dernière vient de s'éteindre.

Il y a dix bougies.

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