quarante-et-un

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ken ;

Jade est devant moi, elle rit aux éclats avec Naïs et ma sœur.

Moi, malgré le fait que je n'entende rien de leur conversation, je souris.

Même si je suis assis entourés de mes frères, je ne vois qu'elle.

Notre fille tire sur la robe de Jade qui ne s'en rend même pas compte tant elle est captivée par les dires de ma frangine.

Quelques secondes plus tard, j'entends les pleurs de Danaë, et c'est ce qui redonne un peu de sérieux à sa mère, qui la prend de suite dans ses bras, notre fille elle, a désormais un sourire scotché aux lèvres, satisfaite d'avoir eu ce qu'elle voulait.

Elle se met à regarder du haut des bras de Jade le monde qui est présent, et lorsqu'elle rencontre mon regard, elle s'agite dans tous les sens pour que sa mère la lâche, ce que Jade fait, et ma fille se dirige alors vers moi, qui ne la quitte pas des yeux, et une fois devant moi, elle tire sur mon pantalon, pour que je la pose sur mes genoux, ce que je fais.
Mais comme quelques minutes plus tôt, lorsqu'elle se met à regarder autour de la table, elle est attirée par les genoux d'Amine, alors elle se remet à bouger dans tous les sens pour que je la repose sur le sol.

C'est un schéma habituel lorsque Danaë est entourée de ceux qu'elle aime, on en voit de toutes les couleurs avec elle et son caractère bien trempé.

Elle est le contraire de Jade qui peut être calme au quotidien mais avec tout de même de la fermeté.
En fait Danaë, c'est moi, une pile électrique qui sait mener son monde par le bout du nez.

En grandissant, elle a pris les manières de sa mère, dans ses mimiques, elle l'imite sans arrêt, mais physiquement, c'est toujours moi, elle est brune aux yeux marrons, et son teint est légèrement hâlé.

Je suis toujours autant en amour devant elle, elle qui a changé ma vie, et celle de Jade.

Cette dernière est une femme exceptionnelle et gère d'une main de maître son nouveau rôle, elle est une mère irréprochable, aimante, présente, et son côté maternelle me rend encore plus fou d'elle.

Les premiers mois de Danaë ont été pourtant assez dur, on était tout les deux claqués, on se relayait comme on pouvait pour les nuits, et finalement on ne faisait que de se croiser dans le lit.

Mais lorsque la petite a commencé à avoir un rythme, on s'est adapté, et on a commencé à souffler, à apprécier à deux, notre nouvelle vie de parents.
On a dû aussi réadapter notre quotidien, qui est désormais plus rangé, plus organisé, moins volage comme il a pu l'être avant, mais lorsqu'on fait garder Danaë, on vit comme des ados, on s'endort à six heure pour se réveiller à douze, on mange mal et on boit.

Aujourd'hui nous sommes en Grèce, dans la ville de mes ancêtres, avec mes gars, Naïs, mes parents, les siens, ma sœur et enfin mes grand parents.

J'ai craqué, je l'ai demandé en mariage après la naissance de notre fille, j'ai eu trop peur de la perdre cette nuit là, trop peur de ne jamais pouvoir vivre ce moment là, avec elle.

Mais elle m'a répondu non.

Et comme à chaque fois qu'elle dit non, je sais que c'est jamais définitif, alors j'ai attendu quelques jours, puis elle s'est plantée devant moi un matin alors que je venais à peine d'ouvrir les yeux, pour me dire oui.

𝖻𝗋𝗎𝗆𝖾 𝖽'𝖾𝗌𝗉𝗈𝗂𝗋 ; 𝐭𝐨𝐦𝐞 𝐮𝐧 Où les histoires vivent. Découvrez maintenant