Chapitre 1 - Les premiers indices

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6h30, un homme est retrouvé mort, au coin d'une rue sombre de la ville. L'homme semble être là depuis plusieurs heures. Il porte un long imperméable malgré la chaleur de ces derniers jours. Ce qui reste le plus troublant est sûrement le fait que ses empreintes digitales ne donnent aucun résultat : comme si cet homme n'avait jamais existé. On retrouve cependant, dans la poche de son jean un petit morceau de papier, vieilli par le temps, sur lequel est notée une adresse.

On s'y rend sans tarder. C'est une petite rue du centre ville en face du parking souterrain. La rue Montorge... Cette rue a tout de suite raisonné dans ma tête. Mon père me disait toujours lorsque j'étais enfant d'éviter cette rue mal fréquentée. Des prostituées arboraient les trottoirs et faisaient monter les clients dans un petit hôtel piteux.

La cage d'escalier de l'immeuble est glauque. Très sombre et sale. Sont agglutinés sur le premier palier des sacs et cabas usés, plein de cartons, papiers et plastiques. Les murs sont grisés par la crasse et des fissures mouvantes les crevassent en tous points. Comment savoir dans quel appartement se rendre ? L'allée est composée de 8 logements. Ce n'est pas du grand standing, plutôt populaire voire même insalubre au vu de la cage d'escalier.

On entreprend de faire le tour des locataires en leur montrant, sur notre portable, la photo de l'homme retrouvé mort. Les réactions sont multiples. Elles vont de l'indifférence à la stupeur. Enfin, une jeune femme a reconnu l'homme. Elle dit avoir vu sa photo dans un cadre sur un des murs de l'appartement meublé lorsqu'elle l'a loué. Le cadre depuis, elle l'avait rangé dans un tiroir avec d'autres babioles en attendant que la personne vienne les récupérer si elle le souhaitait. Les autres éléments avec la photo étaient un mouchoir couleur ivoire pliée en quatre portant les initiales TC en majuscules calligraphiques, un pin's de l'amicale des motards d'Allevard et une petite clé au porte-clé plastique orange avec une inscription SG144 RF. Nous emportons le tout dans un sac et retournons voir les résultats de l'autopsie de notre cadavre.

Lorsqu'on arrive à la morgue où travaille Lucien, notre ami médecin légiste. Il est déjà entrain de recoudre son torse. L'autopsie a été réalisée. Apparemment il serait mort d'un empoisonnement aux barbituriques hier entre 22h et 2h du matin. Lucien nous dit aussi qu'il a retrouvé beaucoup d'alcool dans son sang, alcool qu'il aurait ingurgité en même temps que son poison. Lucien a découvert aussi une forte dose de capécitabine, molécule pour le traitement anti-cancer, or aucun marquage montre de traces d'un cancer chez la victime. Il nous confirme que c'est sûrement ce médicament qui a eu comme effet d'entraîner la perte des empreintes digitales.

L'empoisonné de la ruelleHistorias para obsesionarse. Descúbrelo ahora