Nouvelle

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" Chère mamoune,

Je sais que je vais te faire beaucoup de mal. Tu es la seule famille qui me reste et je suis la tienne. Mais j'en peux plus. J'ai besoin de voler. De retrouver toute la famille. Il me manque. Et à part toi il ne me reste plus rien sur ce monde terrible.

Tout a commencé il y a environ un an. Quand nous avons déménagé et que je suis arrivée dans cette nouvelle école. Au début s'étaient seulement quelques petites moqueries sur tout ce qui ne va pas sur moi. Et Dieu sait que rien ne va chez moi. Je suis noire, musulmane, et en plus de tout ça, je suis grosse.

Tu me répètes sans arrêt que je lui la plus belle personne que tu connaisses. Mais toutes les grands-mères dise cela de leur petit enfant. On est la prunelle de vos yeux. Même si vous le pensiez ça me suffit pas. Pendant toutes ces années j'ai réussi à passer au-dessus de toutes ces critiques, de tous ces regards de travers. J'ai réussi à rester debout car j'avais toute ma famille. Vous me souteniez. J'ai arrêté de compter toutes les fois où maman venait me prendre dans ces bras quand j'étais en pleurs en rentrant des cours. Même toi, rappel toi, on se disait toutes les deux que nous déménagions pour se rapprocher de l'hôpital pour papoune. Nous savions au fond que c'était pour que je change d'école.

Je ne peux plus sourire. Faire semblant. Ne pas montrer aux autres qu'ils me détruisent de l'intérieur. Je veux être heureuse et je ne pourrais jamais l'être.

Comme toujours ça a commencé par des regards de travers, des " grosse vache" ou encore des " c'est pour quand l'accouchement?". Puis un jour je ne sais pas pourquoi mais ils se sont dit que ça ne suffisait plus. " Tu me répugnes"... Ce sont les mots qu'elle a prononcé avant de me pousser par terre. Tellement de personnes qui voyaient sans lever le petit doigt. Sans sourciller.

Un mois après la rentrée, je cachais mes bleues. Il faisait encore beau et tu voulais que je vienne à la piscine avec toi. Je ne voulais pas. Je disais que j'avais du travail. J'aurais dû venir avec toi. Montrer à tout le monde que j'avais mal. Redoubler d'efforts encore et encore. Mais je sais que ça ne va jamais s'arrêter. Peut-être que si je t'en avais parlé, tu aurais pu faire quelque chose. Mais j'avais peur qu'il te fasse quelque chose à toi aussi. Ils me poussaient dans les vestiaires. Je tombais, et deux d'entre eux me frapper. Apparemment je les dégoûtais. Beaucoup me disaient que j'étais une erreur de la nature. Et que les erreurs il faut les supprimer pour être mieux.

Pendant des mois, il ne sait plus rien passer. Intérieurement je me disais qu'ils avaient sûrement trouvé une autre victime. J'en suis sûr que tu te rappelles de ce soir. Ont été aller faire des magasins ensemble. Je respirais la joie. Pour la première fois depuis longtemps je pouvais respirer. Je n'avais peur de plus rien.

Mais il y a une semaine, tu m'avais acheté une magnifique robe bleue. Elle magnifique tu ne trouves pas . Elle m'allait vraiment bien, c'était l'une des rares robes que j'arrivais à mettre mes rondeurs. Je n'avais même plus peur de les montrer. Au lycée, il y avait eu cette fille, vraiment très belle qui était venu vers moi. Au début je ne voulais pas lui parler après tout le mal qu'elle m'avait causé. Elle m'avait demandé si pour se faire pardonner elle pouvait m'inviter à une soirée d'anniversaire qu'elle organisait. C'était la première fois. Le soir en arrivant tu m'avais dit : "Tu es magnifique c'est quoi qui te rend de si bonne humeur ?" Je t'avais tout dit, fin juste pour la fête. Tu avais accepté sans hésitation. Je t'aime grand-mère. À cette soirée, il s'est passé énormément de chose.

Quand je suis arrivé tout le monde m'a dit bonjour. Je me sentais aimé. Puis il y a même eu ce garçon. Le garçon le plus beau du lycée. Ce n'est pas un peu cliché tout ça. J'aurais m'en doutais. Il était venu me voir et m'avait murmuré à l'oreille qu'il me trouvait vraiment belle. J'étais euphorique. Il m'a demandé de le suivre. On sait retrouver dans une chambre. Elle était belle avec plein de rose et de paillette. On s'est assis sur le lit et nous avons un peu discuté jusqu'à ce que je sente sa main sur ma joue. Il me disait que j'étais la plus belle créature qu'il n'avait jamais vue. Il m'avait aimé dès le premier regard qu'il avait posé sur moi. C'est romantique non. Il s'est avancé vers moi. J'ai cru que c'était pour m'embrasser donc je me suis avancé aussi. Nos lèvres étaient sur le point de se toucher quand la lumière s'est allumée. Beaucoup de personnes étaient là. Il s'est redressé et m'a dit que même une morue avait l'air mieux à embrasser. Ils ont fait en sorte que je me retrouve dehors. Je reculais j'avais peur. C'est normal quand tu as en face de toi environ 50 personnes devant toi. Quand je me suis retrouvé au-dessus de l'herbe, une fille à crier " maintenant". J'ai cru que mon cœur venait de s'arrêter. D'un seul coup tout le monde m'a jeté de l'eau glacée.

Tu m'avais demandé pourquoi j'étais en pyjama. Voilà pourquoi.

après cette soirée j'étais quand même allé au lycée. Ce jour-là j'étais rentrée à la maison beaucoup plus tôt, " les cours avaient été annulés". En réalité, dans tout le lycée il y avait des photos de moi en train de me changer dans les toilettes. " La grosse trui", " Attention elle prend toute la place". Toutes ces photos avaient été publiées sur un compte Instagram, un compte inconnu.

Cela a été le coup de trop. J'en peux vraiment plus. C'était l'action de trop.

Je t'embrasse fort, je t'aime"

Cheryl est en larmes à la fin de la lettre de sa petite fille court vers sa chambre. Elle n'y était pas. Dans le salon, rien. Dans la cuisine, rien. Dans la salle de bain, la porte est fermée à clé. Elle tape de toutes ses forces sur la porte, aucune réponse...

Je veux te dire que c'est une histoire fictive. Ce que j'ai écrit ne m'est pas arrivé, fin pas tout. Qu'a tu ressenti en lisant ce texte? Malheureusement ce texte arrive à énormément de personnes. Tu es trop gros(se), trop maigres. Tu es trop intelligent(e) ou pas assez. Tu es noir(e). Ta religion ne va pas aux autres. Aujourd'hui tous les prétextes sont bons. On a tous étés une fois harcelé ou harceleur. Voir les deux. Être harceleur ce n'est pas seulement insulter, critiquer, appuyer sur envoyer. C'est aussi regarder, rire, cliqué sur partager... Toi derrière cet écran. Si tu vois des personnes en train d'insulter méchamment une personne aident là. Dit toi quand faisant ça tu as peut-être sauvé une vie.

Pour une fois tu as le droit. Partage ce texte pour sensibiliser le plus de personne.

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