Step into the woods

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Il est 14h30, il fait 11°C. On vient à peine d'arriver à l'entrée de ces bois qui dégagent un air mystérieux. Je distingue une odeur boisée purifiante, et cette marche commence tout doucement à m'apaiser, à me faire sentir à un endroit que je trouve accueillant. Nous croisons plusieurs personnes qui se promènent, qui courent le long du sentier que nous sommes en train d'emprunter, encore formé de pavés de pierres. Au fur et à mesure que mes pieds pénètrent un peu plus loin, un peu plus en profondeur, vers l'entendu paysage de ces troncs gigantesques qui fondent l'horizon, je me sens bien. Je prends une grande respiration pour me dégager de toutes les énergies toxiques de mon quotidien, dans le but de m'en purifier. 1, 2, 3, je respire et prends conscience du doux contact de l'air sur ma peau, de l'humidité qui est agréable, de la présence rassurante de mes deux amis et de leurs intentions, qui résonnent dans les miennes. Je prends conscience également de la liberté qui m'envahit le coeur par ses sensations apaisantes, par le bruit des feuilles qui s'entrechoquent dans le vent, et par le goût onctueux du moment présent. 1, 2, 3, j'expire et je relâche vers le ciel toutes les pensées, toutes les tensions, mentales ou musculaires, tous les soucis que je me suis représenté jusque-là, que je laisse bien derrière moi. 

Une fois quelques pas marchés en direction des fins fonds, nous décidons, moi et mes amis, d'escalader le grillage qui nous sépare des sentiers naturels de la forêt, sur lesquels nous nous élançons avec joie. J'ai du mal à monter la pente boueuse qui se situe derrière le grillage et je ne manque pas de glisser vachement plusieurs fois, ce qui suscite le rire sur chacun de nos visages, y compris le mien. Nous regardons au loin afin de trouver un endroit où nous pourrions nous sentir suffisamment tranquilles que pour nous poser avec la couverture et les quelques provisions que nous avions pris la peine d'emmener. Nous marchons un petit peu jusqu'à ce que nous arrivions près d'une souche d'arbre. Nous décidons de jeter l'encre à cet endroit  et nous roulons un ou deux joints d'herbe dans la foulée, pour détendre nos esprits vagabondes. Je connecte le téléphone à l'enceinte qui me renvoie un bruit strident pour me faire part que la connection avait été bien établie, je bois une gorgée d'eau, je fume une ou deux taffes avant de passer le bédo à mon voisin puis je prends la décision de sortir le sachet qui contenait les cartons du champignon ergot de seigle (autrement dit "LSD"). Cette après-midi s'annonce d'être prometteuse avec 4 cartons de LSD dosés à environ 120 micrograms. Nous décidons de commencer chacun par un demi carton,  que je m'empresse de découper. Chacun pose son carton sous sa langue, nous attendons 20 secondes, puis nous l'avalons. La surprise se fait attendre... 

Je peux sentir l'acide remontant le long de ma gorge et le processus qui peu à peu se met en place. Nous avions trente minutes devant nous...

PerceptionsWhere stories live. Discover now