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Quand la nuit fut tombée, ma mère est venue me dire qu'elle partait.

Je regardais innocement par la fenêtre.
Et je lui supplie d'aller dormir. Pourquoi elle voulait me lâcher? Elle n'avait pas le droit de s'éteindre.

Elle disait rien, elle se taisait.
Tout son être se taisait. Surtout ces yeux.

          Hier se finit par demain.
                 
Le jour s'installe, et maman n'est plus là.
Je ne sais pas si je dois pleurer les cieux pour me rendre ma mère.

Je sens la présence de sa mort se propager. Mes mains froissent le draps.
J'ouvre la fenetre et la porte de ma chambre pour chasser la présence de sa mort.

Dans les cieux tu peux entendre les sanglots des personnes.

Le ciel nous avait regardé pour voir qui il va retirer. J'avais ouvert grand les bras pour qu'il me voie mais il a préféré prendre ma mère.

Je me suis toujours demandée si il existait un cimetière de personnes mutilées, car maman est remplie de cicatrices ou c'est les cicatrices qui remplissaient maman.

Je ne sais pas, la vérité ne fait que mentir et la vie veut mourir.

Je suis fatiguée de la mort qui ne veut pas de moi et je finis par me demander aussi si elle est fatiguée de moi.

J'en ai assez ce monde mutilé comme ses veines qui étaient assombries.

Comme son être.
        

Je suis la bouche d'un enfant, qui mange sa jeunesse et qui avalera sa vieillesse.

Maman avait fini d'écrire ses poèmes tristes, je crois que c'est pour ca que la mort l'aimait bien, elle aime bien qu'on l'écrive sur des pages meurtries à l'encre de son sang.

J'aimerais tant éplucher le ciel, pour voir si les gens seront à nu. Si ils seront parmi nous sur terre.

Je ressens toujours son sourire mais Dieu seul sait que je ne me souviens plus de comment ses yeux souriaient.

La vie ne me supporte pas et c'est réciproque.
Elle me trouve trop faible, car je n'ai que des vers écrits pour ma mère et non pour elle. 

C'est toujours au passé qu'on se souvient.

Maman m'a toujours dis que 《les mots sont ceux pour lesquels l'on meurt.》

  Toute belle chose s'éteint. Mais je parle quand même avec colère au ciel pour qu'il me rende ma mère.
J'aimerais tant ranimer son cœur, mais le ciel lui n'en a rien à faire.

J'aimerais que l'amour que j'ai demandé à ma mère me soit rendu par le ciel.

 

Avant de partir, elle m'a chuchoté :

《Vivre et mourir c'est la même chose.》

    Le ciel est un cimetière de cœurs morts.

En écrivant, je lui donne mon cœur.
promis, on se retrouvera.

    Prends moi dans tes bras, alors ouvre grand le ciel 'man.

RDCED | OUVRE LE CIELStories to obsess over. Discover now