1 | Le temps d'un orage d'été

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Je suis blanche comme un cachet d'aspirine. C'est un fait et malheureusement, je ne peux rien y changer. À côté de Jayde et sa jolie peau hâlée, je suis si pâle que j'ai l'air d'un rouleau de printemps !

Gênée par mon physique, je reste assise au bord de mon transat, n'osant pas défaire la serviette de bain dans laquelle je me suis savamment enroulée.

En réalité, j'ai honte de l'image que je renvoie.

Il faut dire que depuis ma rupture avec Jeff, la confiance que j'ai en moi a fondu comme neige au soleil. J'admets volontiers qu'il ne mérite pas que je me mette dans cet état cependant, c'est plus fort que moi. Mon humeur ne décolle pas des talons. Je déprime au point que mon teint translucide traduit la tristesse qu'est ma vie.

Mon amie Jayde est adorable. Elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour m'aider à ne pas sombrer. Elle a gentiment proposé de m'embarquer chez ses parents, propriétaires d'un grand hôtel en bord de mer.

J'ai l'habitude d'y aller. C'est d'ailleurs à cet endroit que j'ai rencontré Jeff, son père y tient le bar de la plage. Il connait tout le monde là-bas, et tout le monde le connaît. Jayde et lui sont des enfants du pays.

— Tu verras, tu l'oublieras vite, si tu t'amuses.

— Je voudrais tellement qu'il revienne.

— Il ne reviendra pas Victoria. Je sais que c'est difficile pour toi, mais il ne faut plus espérer.

Jayde a raison, pourtant je ne parviens pas à me défaire de l'idée que tout pourrait recommencer. J'aime toujours Jeff et je refuse de ne plus l'aimer.

Au départ, notre histoire était mal engagée. Il faisait partie d'une bande de copains tous aussi bruyants les uns que les autres. J'ai eu beaucoup de mal à supporter leurs jeux trop puérils. Alors que je somnolais sur ma serviette de plage, j'ai reçu un tas de sable sur la figure. Mon sang n'a fait qu'un tour en voyant son visage hilare. Vexée, je me suis levée d'un bond pour me mettre à sa hauteur. Puis, je l'ai insulté du mieux que je pouvais, avant de lui balancer en retour, une trainée de sable dans sa tronche de beau gosse.

Décontenancé par ma réaction, Jeff m'explique qu'il a trébuché, ce qui a provoqué le voltige du sable vers mon visage. Rien de prémédité d'après ce qu'il prétend encore aujourd'hui. Mon caractère impérieux et moi avons décidé de nous venger, en lui faisant payer cet incident durant quelques semaines.

Finalement, après quelques explications et quelques verres partagés, nous avons commencé à mieux nous comprendre et même, à nous apprécier. Très vite, tout est devenu plus sérieux entre nous. Et à la fin de l'été, nous avons décidé de vivre ensemble. Dès qu'il a pu, Jeff m'a suivi à Paris.

Je me souviens encore de la réaction brutale de mon père: « Tu es à Paris pour faire des études de journalisme, pas pour te précipiter dans un pseudo-concubinage avec un homme qui ne sait rien faire de ses deux mains. Tu vaux mieux que ça Vicky ! ».

Pour Papa, brillant neuro-chirurgien, sa fille unique ne méritait pas de finir sa vie avec un prof d'EPS. Il aurait voulu que je lui présente « Quelqu'un qui pèse », comme il aime dire.

Mais je n'ai jamais suivi ses conseils le concernant, parce que j'ai mon homme dans la peau. Parce que Jeff est divin. Il est blond comme les blés, un peu gringalet c'est vrai, mais tellement craquant ! Son regard bleu lagon semble irréel, Jeff est tout simplement parfait.

Je me rends compte que je suis incapable de parler de notre relation au passé.

En dépit des désaccords parentaux, nous nous sommes fiancés l'été dernier. L'un des plus beaux jours de ma vie. Sa demande a été magique, digne d'une comédie romantique.

LE TEMPS D'UN ORAGE D'ÉTÉ     Historias para obsesionarse. Descúbrelo ahora