Une matinée d'avril

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Un jeune homme se tient debout dans la salle du trône. Il apparaît qu'aujourd'hui est le lendemain de son treizième anniversaire.
Comme tous les jeunes hommes durant ce jour précis de son existence, il doit prêter serment d'allégeance à son seigneur local. Il acceptera alors ses responsabilités d'adultes, ce qui marquera son passage parmi ceux ci.

Mais comme beaucoup d'histoires commençant avec l'introduction d'un jeune garçon, celui ci n'était pas comme les autres. Peut on dire qu'il était brave et courageux ? C'est possible. Il n'était cependant pas particulièrement fort, ou intelligent, ou encore doté d'un quelconque don magique.
Ce qui est sûr, en revanche, c'est que c'est un sale petit con. Pas mauvais par nature, il a du mal à accepter les règles, qu'elles soient injustes ou parfaitement logiques.

Ce qui nous conduit donc au début de notre histoire, au moment où le jeune Jaei doit accepter d'arrêter de faire l'enfant.

Malheureusement pour la petite assemblée l'entourant, ce n'était pas du tout dans ses intentions. Ce qu'il s'apprête à faire, il l'a en tête depuis un an, jour pour jour, quand ses parents lui on rappelé que cette cérémonie, ou ce rituel de soumission, comme il préfère l'appeler, viendrait.

Autour de lui, l'ambiance est étrange, incohérente. À la fois festive et oppressante. La célébration de sa maturation en tant que personne; et le rappel de sa place dans la société.
Ses proches, souriants, sont en partie masqués de son champ de vision par les gardes, plus proches, et beaucoup moins amicaux.
Sa famille elle même a hâte de quitter cet endroit pour commencer les véritables festivités.

À cette atmosphère particulière s'ajoute le mélange des époques. La cérémonie traditionnelle, tenue dans l'ancienne demeure familiale du seigneur, s'accorde mal avec les goûts de ce dernier.
Le trône donnant son nom à la salle a depuis longtemps disparu, au profit d'un "simple" fauteuil, changeant tous les ans en fonction du mobilier à la mode de la capitale.
Greffé sur une des lourdes colonnes de pierre, un petit ascenseur fait descendre le seigneur Villiers, tendis que l'ouverture au toit se referme en cliquetant derrière lui.
Fraîchement sortit de l'aéronef l'ayant ramené de chez sa maîtresse, Abraham Villiers replaque ses cheveux en arrière, et réajuste sa veste de haute couture. Les mains jointes devant sa taille, il adresse un sourire à l'assemblée, tandis que les barrières de sécurité de l'ascenseur s'ouvrent devant lui.

Il s'avance vers son fauteuil, suivit par ses gardes mécaniques, dépassant de 2 têtes l'homme pourtant déjà grand. Une fois installé, il entreprend de brièvement s'excuser de son retard. Cependant, il a à peine le temps de prendre une inspiration.

Jaei, bouillonnant immobile depuis plus de trente minutes, passe à l'action.

Avec un jeu de jambes calculé, il glisse vers le garde humain le plus proche, et prend appui sur son torse avec son pied gauche. L'homme est trop surprit pour réagir lorsque sa lance lui est arrachée des mains. S'étant servit de son propre poids, le jeune garçon vacille, mais parvient à retrouver à temps son équilibre. Deux foulées, un long mouvement de son bras droit, et l'arme file vers sa cible.

La lance traverse la pièce sous le regard médusé de ses occupants. Leur yeux s'écarquillent à mesure qu'ils réalisent où elle part se loger. Le seigneur a tout juste le temps de se couvrir le regard.

CLANG !

Clang ? Jaei met une seconde à réaliser l'origine du son surprenamment métallique. À l'autre bout de la pièce, le bras d'acier de l'une des deux onéreuses machines est tendu devant son propriétaire.
Pas une entaille ne témoigne de la tentative du garçon. Tandis que son arme roule au sol pathétiquement, le visage sculpté se tourne vers Jaei. L'automate toise froidement l'inconscient s'étant attaqué à son propriétaire.
Paniqué, il fonce vers un autre garde, pensant pouvoir effectuer une nouvelle tentative.

Mais l'effet de surprise s'est dissipé, et tout se déroule ensuite en une poignée de secondes. Jaei fondant sur un nouveau garde, le précédent l'agrippant par l'épaule, le garçon sortant son couteau, le coup de lance, puis le deuxième.
L'instant d'après, notre jeune garçon gis sur le sol, sans vie.

Au début, personne ne réalise. La scène est trop absurde. Puis les premiers cris sont poussés. Quelqu'un examine le corps, prend son pouls sans trop y croire. Mais c'est finit pour Jaei.

Nasgaria betaWhere stories live. Discover now