Je me souviens encore du soleil brûlant sur ma nuque et mon dos. J'essayais, tant bien que mal, de me faire une place parmi la foule. Les rayons m'aveuglaient tant ,que je ne discernais que des silhouettes autours de moi . Leurs tenues faites de toiles blanches ou brunes leurs collaient à la peau et dans leurs mains la plupart portaient des jarres décorées d'or et de pierres précieuses , ils attendaient se moments depuis longtemps, ils l'attendaient tous. Je sentais les regards de certaines familles peser sur moi , mes cheveux blonds dénonçant l'étranger que j'étais , leurs chuchotements indiscrets devenaient de plus en plus oppressant , j'accélérais le pas ayant peur de me faire encore plus remarquer que cela , priant pour que mes poursuivants m'aient déjà perdu depuis longtemps. Les enfants c'étaient tous pressés à l'entrée du palais de bronze et de pierre, leur impatience se manifestaient par des cris , des rires et des bousculades. Après quelques instants , le grondement des portes d'argent retenti et les chuchotements se sont tus , le peuple se divisa en deux parts égales laissant une allée déserte devant l'entrée. Les pas rythmés des protecteurs de la cité de Del résonnaient a l'unisson laissant les regards impressionnés des jeunes de la cité dorée rivés sur eux . Les guerriers se mirent le long de l'allée et dans un bruit sonore, ils s'arrêtèrent tous de se déplacer frappant leurs lances sur le sol craquelé par le soleil .
Mon regard fut interpellé par des plaintes dans la foule et remarqua les deux hommes que j'évitais depuis un bon moment a quelques mètres de moi . Le visage dur et les cheveux crasseux , ils poussaient tout le monde a leur passage . Je me dirigea le plus discrètement vers les premiers rangs dans une tentative désespéré mettant ma capuche de couleur ocre. Le bruit des tambours retentissaient dans la place , les musiciens frappaient en rythme alors que les différents hauts placés de la cité dévalaient les hautes marches parés de simples habits de lin blancs ainsi que de broderies en fils d'or qui ornaient leur tunique traditionnelle.
Ma tête tourné vers le sol, retenant presque ma respiration , je sentais mon cœur s'accélérer de minute en minute . Je n'avais pas mangé depuis deux jours au moins , dormis peut être une heure ou deux chaque nuit . Le sol devenait flou, le brouillard s'installait autour de moi. Je mis mes mains sur mon visage, j'ai fermé mes yeux et pris une profonde respiration comme elle me l'avait appris . Sa voix légère transperça mon esprit ,
" - À la cité de Del,
Les blés dansent,
Les oiseaux chantent,
À la cité de Del,
Les maisons sont dans le ciel,
Les fontaines ruissellent
D'or et de damoiselles,
À la cité de Del ,
Le Bonheur appartient a celui qui vient
Au-delà des forets de pins ,
Où les hirondelles tracent leur chemin
Et que les dunes de sables de Del
Fasse apparaître l'immortelle ...
AHH ! S'IL VOUS PLAÎT ! AHHH ! "
J'ouvris les yeux espérant effacer ses souvenirs saccadés de mon esprit. Le bruit des tambours avait cessé, et le vent emplit la cité d'or et de bronze.
De longs voiles blancs de lins poussés par les courants d'air chaud du pays interpelérent mon regard. On entendait a peine les bruits de ses pas souples sur les pavées recouverts de sables . Elle se déplaçait avec délicatesse dans l'allée déserte ou les gardes dévoués s'agenouillaient un à un a son passage. Ses jambes dévêtues, n'étaient couvertes que légèrement par les voiles de lin et sur une de ses cuisses étaient soigneusement entouré,les traditionnels rubans dorés montant à ses hanches puis le long de ses seins à ses épaules laissant apparaître son ventre fin et tendu. Sa tête porté par son cou fin et digne orientait vers le bout de l'allée. Ses cheveux châtains ondulés, caressaient son dos jusqu'aux creux de ses reins et se balançaient au rythme de ses hanches. Ses mains fines vint au niveaux de ses yeux perçants, semblables à d'étincelantes pierres d'ambres, réajustant une mèches de cheveux doré. Elle était d'une beauté incomparable et de toutes les femmes que j'ai pu connaitre, aucune d'elle n'avait qu'un semblant de sa splendeur.
Elle s'arrêta à ma hauteur dans l'allée sableuse, ses long tissus de lins flottaient encore dans le vent et ses yeux pénétrèrent les miens, pleins d'intensité. Son regard magnifique m'observait , et j'ai cru pendant un instant, un simple instant ,qu'une étincelle presque surnaturelle avaient jailli de ses yeux ambres. Le vent glissa ma capuche sur ma nuque , le peuple entier était a genoux dans un silence sacré. J'étais le seul encore debout ,les pieds ancrés comme du ciments dans le sable et son regard indescriptible sur moi. Gracieusement ,elle tourna son buste sorti d'un bijoux lui tombant au creux de sa poitrine vers moi, faisant voler quelques'une de ses mèches de cheveux.
J'entendis des grognement derrière moi et avant même que je puisse comprendre les deux hommes qui me poursuivaient me plaquèrent au sol, me faisant manger le sable. Je ne perdis pas une seule seconde avant de me débattre et de leur cracher au visage. L'un deux m'assomma d'un coup au visage, le gout du sang se répandit sur mes lèvres gercées, me faisant pousser un bruit roque.
" - Cyedale !" ( Cesser !) s'ecriat-elle, sa voix puissante se propagea dans la Cité en écho.
Mon envie de fuir prit le dessus, alors que les deux ivrognes étaient interpellés par sa voix dominatrice. De mes deux mains, je pris du sable sur les pavés et le jeta au visage de mes assaillants ,les faisant lâcher prise . J'eus seulement le temps de me sortir de leur emprise pour ensuite sentir le fracas de mon crane sur les pavés. Ma vue devint floue un instant ,me faisant voir double au pied de la Reine et un son aiguë emplit mes oreilles meurtries par le choc. Le mécontentement de la Reine se fit ressentir par un signe de désapprobation , demandant a son fidèle de retirer sa semelle de cuir de mon visage, plein de sable et de sang. Le soldat me mit a genoux devant-elle et derrière moi, mes deux poursuivants qui eux étaient déjà, au pied de la Reine. Racontant les plus belles excuses qu'ils pouvaient formuler ,mais cela avait l'air de l'agacer ,encore plus que leur présence.
" - Cyedale ! " répéta-elle avec la même autorité qu'elle avait fait preuve, et leurs voix se sont tues
Je me ressaisis quelque instant , me redressai pour enfin voir son visage, mais aussitôt je sentis ma tête déjà lourde par les différents chocs et se faire encore une fois bousculer par la main du garde me la faisant garder vers le sol.
" - Brako boy maï zayaneo al dissra ? "(Combien de fois je dois le dire ?)
Je ne comprenais pas ce qu'elle disait, mais sa voix menaçante dans le silence religieux de la cité aurait pu se faire entendre par delà les dunes.
Après quelques secondes, je pus enfin me relever , le sol tanguait autour de moi et dans ma bouche le goût poisseux de sable et de sang séché me donnait la nausée.Je me tenais debout au milieu de la place , les jambes engourdies , le peuple me dévisageant et la Reine ,face a moi attendant que je la regarde. Mes yeux se posèrent sur elle, et je ne pus sentir qu'un frissons, comme une plume me caressant le corps. Son regard brun et chaud , semblable a des braises, m'envoûtait de minute en minute, je restai muet la fixant intrigué . Ses lèvres roses délicates s'ouvrèrent m'adressant la parole :
" - Esé tetral temyol ? ( quel est ton nom ?)
- Je ne comprend pas ce que vous dites. " Dis-je d'une voix faible.
Elle s'avança d'un pas déterminé vers moi , ses hanches se mouvant sensuellement , ses cheveux se dégageant de sa poitrine laissant apparaitre son décolleté plongeant jusqu'au bas de son ventre
- Netetrae Kayïna, Srekene boyal ciko boy Del ,po ekual , quel est ton nom étranger ? Me demanda -t-elle dans ma langue .
(Je suis Kayïna , Reine de la cité de Del, et toi, quel est ton nom étranger ? )
ŞİMDİ OKUDUĞUN
Kayïna
MaceraQuelles sont les trois principes pour survivre dans la Cité de Del ? Se battre, Croire, et faire de ses rêves une réalité...par n'importe quel moyen. La Cité de Del est un Eldorado, connue de tous et de toutes, convoitée mais inaccessible, seul quel...
