"La vérité se venge, et quiconque la hait ou la méprise tôt ou tard sera sa proie. "
Citation de Victor Cherbuliez,
L'aventure de Ladislas Bolski
1
Je me présente. Je m'appelle Jeanne et je serais votre narratrice principale tout au long de ce roman. Je suis en terminale au lycée Jean Moulin à Ladiville. J'habite seule avec ma mère depuis que je suis toute petite. Théoriquement j'ai un père, bien que celui-ci ne donne signe de vie qu'à l'occasion par SMS. Mon paternel n'a jamais vraiment manifesté d'intérêt, ni d'affection envers moi. Donc il fait le strict nécessaire, juste l'histoire de dire... De plus, n'ayant jamais osé lui demander de pension alimentaire, ma mère doit travailler toute la journée pour subvenir à nos besoins. Elle me manque parfois mais je commence à avoir l'habitude depuis le temps. Heureusement j'ai Sarha, ma meilleure amie que j'ai l'impression de connaître depuis toujours. Sarha est comme une sœur pour moi. Et je ferais tout ce qui est nécessaire pour être là pour elle et la protéger, quoi qu'il arrive.
Ce récit que je m'en vais vous narrer est son histoire. C'était un mois après la rentrée que ses secrets de famille ont commencé à refaire surface tels des cadavres ressurgissant du passé. Et c'est en ce même mois d'octobre, que notre chère petite ville de Ladiville allait connaître une vague de meurtres inédite. Plus d'une douzaine de personnes allaient être tuées ou portées disparues en l'espace d'à peine un mois.
2
Le mois d'octobre était ma période de l'année préférée. J'adorais cette atmosphère automnale macabre et dérangeante. J'aimais m'en imprégner. Moi et ma meilleure amie, Sarha, on avait pour habitude, depuis qu'on se connaissait, de s'y prendre au moins un mois à l'avance pour définir le choix des costumes et notre emploi du temps, qui était souvent bien rempli le jour d'Halloween. En plus c'était notre dernière année au lycée, alors se devait être mémorable. Nous étions en cours de mathématiques. Aucune de nous deux n'avait ni la bosse, ni l'amour des maths. Alors pour nous occuper nous nous étions plongées dans les préparatifs de cet événement tant attendu. Néanmoins cela ne fut pas du goût du professeur, vous vous doutez bien. Celui-ci nous avait surpris à dessiner des costumes et à écrire des textes dignes d'un film d'horreur. Alors il nous a gentiment invité à participer à une séance de retenue qui aurait lieu le mercredi de la semaine suivante. Et cerise sur le gâteau. Beverly Aubry, hashtag la déléguée de classe la plus populaire et crainte de l'école. Nous a gracieusement humilié à l'heure du repas. Je vous le résumerais l'échange que nous avons eu en quelques phrases:
"- Alors les filles, on m'a dit que vous avez été collé. Je vois que votre statut social ne vole pas haut. Vous vous prenez pour des rebelles n'est-ce pas ? Sachez que ce n'est pas avec vos attitudes que vous pourrez intégrer une bonne fac, vous êtes destinées à l'échec ! Bye les cas soc'!
Ce à quoi j'ai répondu avec le ton le plus aimable possible au vu des circonstances.
- Quand on aura besoin de tes conseils et des opinions sur la question on te sonnera Beverly, en attendant tu peux te les carrer là où je pense !"
Ce qui nous a valu peu de temps après un lynchage verbal dans les couloirs juste avant la reprise des cours. On a l'habitude de ce genre de choses. Avant que l'on soit ami, Sarha et moi, j'étais surnommé "Jeanne d'Arc", car j'avais eu le malheur de parler à un de mes amis imaginaires en classe quand j'étais petite. Et Sarha était "Casper le fantôme"car à l'avis général, elle était transparente aux yeux du monde. Je salue l'imagination que ces jeunes gens désœuvrés surent utiliser afin de nous gratifier de ces surnoms au combien originaux. Nous étions les bizarres, les exclus, les parias, et aujourd'hui les ratés. Les étiquettes ont la vie dure, surtout dans le milieu professionnel et scolaire. Et j'ai parfois l'impression que les gens n'arrivent pas à vivre sans. Comme s'ils avaient besoin de tous ranger à l'intérieur des petites cases de leurs cerveaux exigus, pour pouvoir mieux appréhender le monde et les relations sociales. En ce qui me concerne je m'en passais très bien, et je ne me souciais guère des étiquettes que les autres avaient la satisfaction intérieure à me donner. J'ai connu Sarha durant ma dernière année au collège. Je venais de déménager ici, à Ladiville, et je ne connaissais personne, mais il ne m'a pas fallu longtemps pour discerner les rôles sociaux que chacun jouait au sein de la classe, Sarha était la discrète et solitaire du groupe. Les gens qui sortent des normes m'attirent, je m'identifie à eux. Alors j'ai commencé à faire connaissance avec cette jeune fille aux cheveux châtains, ce qui n'a pas été une mince à faire. Néanmoins j'étais obstiné, alors j'ai persévéré. Et quand elle a enfin fini par s'ouvrir à moi, nous étions devenues les meilleurs amis du monde. Néanmoins aujourd'hui, le lynchage verbal de Beverly et de ses sbires, avait eu l'air de l'affecter plus profondément que d'habitude. On a même dû sécher le cours de littérature de Mr Edison, cours que l'on affectionnait profondément, surtout Sarha. Nous sommes donc allée nous réfugier dans les toilettes individuelles, qui se trouvaient au deuxième étage pour être tranquille, car elle ne pouvait s'arrêter de pleurer. Ses larmes coulaient de ses yeux tels une source intarissable et incontrôlable de tristesse. J'essayais de la calmer, mais elle ne pouvait s'en empêcher.
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ENSEMBLE
ParanormalBienvenue à Ladiville, petite ville française autrefois tranquille, jusqu'au jour où un tueur en série mystérieux décide de s'y installer. Deux meilleures amies, Jeanne et Sarha verront leur amitié mise à rude épreuve. Amitié, mensonges et vengeance...
