l'Orphelinat

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Sombre et froid.

Voilà les mots que j'utiliserai pour décrire l'Orphelinat. Un lieu maudit . Là où tous les rêves d'enfants sont brisés jusqu'à poussière, là où les faibles n'ont pas leurs places. Ils sont martyrisés. Ce sont les faibles qui meurent et les forts qui marchent. Mon père disait toujours ça. Peut-être avait-il raison. Les immenses séquoia ajoutaient de l'ombre sur le petit chemin de terre qui menait à l'orphelinat. Le grand portail de fer rouillé où il y a de cela des siècles il y avait dû avoir une couleur, me faisait face . L'homme derrière moi m'invita d'un geste à approcher. Ce dont en aucun cas je n'avais envie de faire et ce n'est pas la façade lugubre du bâtiment aux volets grinçant qui aurait pû m'y aider. Le vent fouettait le peu de vêtements présent sur mon corps et me faisait trembler d'autant de froid que d'appréhension . Un grande dame aux allures fantômatique s'avançait à grands pas dans notre direction.
Plus elle s'approchait, plus je là distinguait nettement et plus je pouvais dire avec certitude qu'elle était d'une incroyable mocheté . 

Son gros nez crochu surmonté par un grain de beauté jaunâtre, ses petites yeux porcins, sa bouche fixée dans un rictus méprisant ne donnait pas au personnage un minimum de charme qu'elle n'avait pas au départ héritée à la naissance. Des montagnes de dentelle vieillis par temps était accroché de part et d'autre de son espèce de vêtements tiré jusqu'à l'étouffement par un corset digne de la mode du XVIIIe siècle, ses chaussures mi-bottes, mi-talons ne faisait que renforcer son image sévère et pour confirmer cette impression, attachée à sa taille, par une vulgaire ceinture de cuir, se trouvait une cravache .Une cravache. Cet ignoble personnage n'avais donc rien pour plaire ?
Une fois suffisamment près de nous, la dame tendit du geste sec sa main gauche à hauteur du visage de l'homme à mes côté qui s'empressa de la lui baiser.
Sans un regard pour moi elle prit la parole : " Mme Hopkins, enchantée de vous rencontrer." Son ton méprisant me fatiguait.
-" De-de, de même Mme Hopkins !" balbutia l'homme. Pitoyable.
-" Un plaisir." C'était archi-faux mais elle n'avait pas besoin de le savoir.
Elle coula un regard vers moi . C'est pas trop tôt Hopkins ! J'aurais dû être remarqué bien avant ce lèche-botte qui me servait jusqu'alors de responsable légal !
-"Et si nous rentrions ,la demoiselle pourrait prendre froid ?"lança-t'elle d'un ton mielleux.
Tu peux faire ton numéro de femme attentionnée autant que tu veux, ça ne prendras pas avec moi j'ai lu en toi, tu vas attendre qu'il s'en aille puis ton caractère va changer. Tu seras plus froide. Plus sévère. Et tu n'en aura plus rien à carré que je me gèle les miches dehors .
Mais j'ai quand même froid. Alors va y femme guide nous.

Les deux adultes marchaient en avant, me laissant vagabonder dans mes pensées. Je me demandais où je serais si mes parents n'étaient pas mort. Je serais surement dans ma chambre, au chaud, sous ma couette avec ma radio , à écouter mes musiques préférées en caressant mon chat . Ginger.... Mon adorable rouquin....il me manquait énormément et j'aurais donné beaucoup pour pouvoir ne serait-ce que le caresser .
Une rage subite me prit. Mon père ! Tout était de sa faute ! Si il n'avait pas bu ce soir-là je ne serai pas ici à me demander ce qu'il adviendra de mon pauvre chat ! Je l'aime tellement, il est tout pour moi maintenant . Il est ma seule famille.

En marchant les arbres se faisait plus rare, la végétation moins abondantes et me permettait d'apercevoir clairement ce qui serait ma nouvelle adresse pour un temps indéterminé, une bâtisse style Renaissance aux couleurs prune défraîchie . Les volets dont la peinture s'écaîllait claquaient contre la rambarde des balcons et repartait dans l'autre sens une fois cela fait. Des escaliers fissurés par le temps et son non-entretien permettaient d'accéder à l'entrée principale. Sur la gauche un petit portail rouillé ,où était accroché des clochettes qui tintait doucement au grès du vent, menait à un vieux potager en mauvais état, dominé  par un vieil épouvantail tout de vert vêtu qui couvait du regard son petit territoire. Cela me fis vaguement penser à l'épouvantail dans The Wiz, sans comprendre pourquoi.
La grande porte était si abîmée qu'elle semblait porter tout le poids du monde sur ses maigres fondations , Hopkins grimpa les marches de l'escalier et frappa trois grands coups sur le tambour de la porte . Elle sembla y entendre quelque-chose puisque elle nous invita d'un geste à la rejoindre , ce que l'homme à côté de moi fit et ils entrèrent tout deux, me laissant seul. M'approchant lentement tout en jetant quelques regards fréquent derrière moi, il est toujours temps pour rebrousser chemin, ma main saisit la poignée et la serra très fort.
Mes années de bonheur sont derrière moi.J'abaissais la poignée. Pense à ginger. Je tirais la porte, qui grinça. Charmant. L'ouvris en grand . Bienvenue en enfer. Je rentrais, la porte claqua derrière moi. J'étais prise au piège . Je repensais à ce qu'avait dit mon père.

                                                                                         Je ne serais pas faible.

Moi c'est Anna Malagray, récemment Anna, ravie de te rencontrer  . On fait connaissance ? ; )

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Édit: désolé s'il y a des fautes, je débute et même en relisant il doit en rester 😅!!
892 mots ! Pas mal pour un 1er chapitre .

l'Orpheline Where stories live. Discover now