Dans la ville de Croix

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Au nord de la France, dans la petite ville de Croix, on peut voir afficher depuis quelques jours : " Chaque enfant ayant atteint l'âge de 7ans doit impérativement travailler dans une mine ".

Bien entendu cette affiche ne s'adressait qu'aux familles pauvres. Et c'est comme ça que moi, Marie Dupond, 14 ans, je m'étais retrouvée à travailler de l'aube au soir dans la mine des frères Snack, un immense et lugubre endroit qui donnait des frissons rien qu'à y penser.

Bien que le soleil fût déjà couché, j'étais toujours sous des galeries qui pouvaient s'effondre à n'importe quel moment. Pour ne pas penser que ma vie ne tenait qu'à un fil, je discutais avec mon ami Eugène sur notre malheur, tout en remplissant ma berline. Hélas, notre contremaître me sépara de lui pour un autre coin de la mine.

Quand je m'approchai de mon nouveau coin de labeur, je sentis que l'air était lourd. J'éprouvais une sensation de malaise dans ce lieu que je ne connaissais point et où je devais miner si je voulais que ma famille puisse vivre et être en sécurité, car tout enfant ne venant pas exécuter sa corvée, voyait sa famille mourir de faim et dans l'horreur.

Alors, bien que ce ne fût pas sans peur, je dus continuer à faire mon horrible corvée. Subitement, j'entendis comme un bruit de bois sous ma pioche, je creusai alors tout autour et découvris une magnifique boîte sculpté, je la saisis et un immense frisson parcouru mon dos squelettique. Je l'ouvris, non sans crainte et y découvris alors un magnifique collier. Son pendentif représentait une splendide croix métallique entourée d'un élégant cobra argenté. Pour que personne ne me le prenne, je le glissai dans ma poche à l'abri de tout regard curieux.

Plus tard, quand j'eus fini de miner et que je fus dans ma mansarde, j'examinai cette étrange et éblouissant bijou à la lueur de ma bougie. On pouvait y distinguer d'étranges symboles. Puis je m'endormis.

Je dus me réveiller avant l'aube pour rejoindre la mine, mais quand je traversai le village je vis que toutes les mines étaient fermées suite à l'absence d'un grand nombre de mineurs. Quand je fus devant celle des frères Snack elle était également fermée. Je décidai alors d'aller voir Eugène pour lui montrer le collier et ses inscriptions.

Une fois que je fus chez mon ami, je le vis allonger dans son lit. Je m'approchai de lui et constatai qu'il était d'une pâleur à faire peur. Je lui attrapai la main et sentis qu'elle était froide comme celle d'un serpent. Il me montra sa morsure et me dit :

"- C'est à cause d'elle que j'ai une forte fièvre, d'après le médecin. Mais dis moi, que viens-tu faire ici ?

- Hier, en creusant dans la mine j'ai trouvée une jolie boîte contenant un magnifique et énigmatique collier. Lui répondis-je.

- Pourquoi ne me la tu pas montrer ?

- Je craignais, qu'en le voyant, on me le vole.

- Est-ce que je peux le voir ?

- Bien sûr ! "

Je lui tendis le bijou et il l'observa attentivement pendant quelques minutes, puis je lui confiai :

"- Regarde derrière, il y a d'étranges symboles.

- C'est une forme d'écriture qu'utilisaient les prêtres pour communiquer entre eux...

- Est-ce que tu sais ce qui est inscrit ?

- Oui, cela signifie : « Le plus beau des serpent est le plus dangereux ».

- C'est très étrange comme citation ... Je te laisse te reposer !"

Sur ces mots je quittai la mansarde d'Eugène. Mais la signification des mots inscrits sur le bijou me tourmentait l'esprit.

Le soir venu, je m'endormis aisément malgré mon frisson de fièvre. Dans la nuit, je sentis que mon oreiller s'agitait. Mes yeux s'ouvrirent violemment. J'entendis la pendule de la grande horloge sonner minuit. Ma fenêtre s'ouvrit brusquement dans un grand fracas puis l'atmosphère devint glaciale. Des perles de sueurs se dessinèrent sur mon front, lorsque je me levai pour fermer mes vieux abat-jour gris, je perdis progressivement ma contenance, le parquet grinçait sous mes pas et le vent hurlait de plus en plus fort. Soudain, je sentis une présence derrière moi. Au moment où je me retournai, je vis, grâce à la faible lueur de la lune, quelque animal vêtu d'écailles luisantes et argentées qui me tournait autour. J'entendis alors un long sifflement mystérieux et indescriptible ! Cette situation était aussi incompréhensible qu'inquiétante...

Le serpent du diableWhere stories live. Discover now