Robert se redressa. Il était installé sur son lit de camps. En tournant la tête il regarde autour de lui.
Ici et là on pouvait trouver des canettes, des conserves vides jetées à terre.
Robert soupira... Comment en est-il arrivé là...
Ce matin encore sa journée partait pour être belle. Il venait de gagner à la surprise générale les élections.
Lui ! L'homme le plus maladroit au monde selon ses amis.
À lui les décisions politiques, les poignées de mains aux grands de ce monde...
Il se revoit gravissant les marches du bâtiment présidentiel sous les flashes et les hourras des badots..
Son prédécesseur, un homme à la mine austère, l'avait accueilli sur le perron.
"félicitations! Et bon courage vous en aurez besoin mon vieux..."
Sûrement une remarque de personne jalouse de devoir céder sa place, s'était-il dit sur le coup.
Après la traditionnelle poignée de mains, synonyme de passation de pouvoir entre l'ancien et le nouveau.
Ça y est ! C'était lui le patron !! Enfin !
Il rentra dans le bâtiment, sans oublier de saluer son public.
À l'intérieur, un homme l'attendait.
Robert le salut d'un hochement de tête. Sans un mot, l'homme le conduisit à travers un dédale de couloirs jusqu'à une porte de bois massive.
Là, il toque et une voie répondit d'un ton sec. "Entrez !"
Robert s'avança dans la salle.
Il vit une table avec une valise posée dessus. Derrière la table un homme à l'allure martiale l'attendait. Cheveux coupés courts, uniforme militaire bardé de décorations en tous genres. Pile le type de personne que Robert déteste...
"Bonjour! Vous devez être le conseiller militaire ?" lui lança-t-il.
Hochement de tête affirmatif...
Robert s'approcha de la table. Le conseiller le regarda approcher... Impossible de deviner ses pensées en voyant son nouveau chef...
Enfin... Il se décida à parler. Sa voie était étonnamment douce, en totale contradiction avec ce que son accoutrement laissait présager.
"Bonjour, monsieur. Je suis votre conseiller militaire effectivement. Si je vous ai fais venir aussi rapidement c'est pour une bonne raison..."
Robert ne put cacher son impatience. Cet homme lui tapait déjà sur les nerfs.
"Vous m'avez fais venir. Venez en au fait soldat ! J'ai d'autres choses à faire!"
L'homme haussa les épaules. Il devait être habitué à ce ton de la part du prédécesseur de Robert.
"Très bien... Cette valise contiens notre arme ma plus puissante. Vous n'êtes pas sans savoir que c'est une arme que l'on espère n'avoir jamais à utiliser...
Elle est si puissant que toute l'humanité serait éradiquer en un instant. Seule ce batiment, blindée et 10 mètres sous terre, et le porteur de la valise, resteraient intactes et vivants... "
Robert resta bouche bée... C'était terrifiant. Il se mis à redouter ce bouton, simbole si effroyable de la cruauté humaine.
" d'accord... Et que dois-je en faire ? Je ne vais tout de même pas appuyer dessus par accident..." s'exclama-il décontenancé.
Le conseiller eu un mince sourire...
"Non, j'espère bien que non, Monsieur. Mais il est de mon devoir de vous avertir et de vous présenter cette valise. C'est chose faite. Je vous la laisse. Bonne journée Monsieur et félicitations pour votre victoire."
Sur ces mots, il laissa Robert seul avec la valise après lui avoir adressé un dernier salut militaire...
Robert regarda la valise et le bouton...
" Et qu'est ce que j'en fais moi de ce truc ??"
Il décida de l'emmener avec lui. Il referma la valise en prenant bien soin de ne pas toucher au bouton.
Le soir, il déposa la valise dans son bureau. Il l'avait garder avec lui. Sa première journée en tant que nouvel élu de son pays s'était plus bien passé. Quelques poignées de mains à des employés, un gouvernement annoncé et un repas somptueux pour fêter son élection avec ses proches.
Il s'installa dans son fauteuil et ouvrit la valise. Le bouton était là. Il était rouge. Autour on pouvait lire "attention ! Ne pas appuyer !"
Robert soupira... Ce maudit bouton ne lui était pas sorti de la tête de la journée.
Il était seul dans le bâtiment. Ses amis, conseillers, domestiques... Tous étaient rentrés chez eux. Il se leva. Se dirigea vers la fenêtre qu'il ouvrit. Dehors la nuit commençait à tomber. L'air frais le frappa au visage. Il pris une grande inspiration. Demain il convoquera ce conseiller. Il ne l'avait pas reçu de toute la journée. Ce maudit bouton, il n'en voulait pas ! Il n'avait qu'à dire... NON à ordonner au conseiller de le garder enfermé dans une pièce.
Sa décision prise, Robert décida de se servir un verre. Il avait fait garnir l'armoire à alcool de son bureau. Un bon verre de whisky. Voilà ce qu'il lui fallait pour oublier ce fichu bouton.
Son verre à la main, il retourna à son bureau. La valise repossait toujours ouverte sur celui-ci.
Il referma la valise et parti se coucher...
"Mais il est pourri ton scénario !" hurle le producteur. "je te demande un scénario de film post apocalyptique et tu me sors ce truc ? Je ne veux pas lire la suite"
L'écrivain bredouille...
"mais... Lisez la suite, vous verrez bien... Pitié Monsieur..."
Le producteur le regarde. Il avait ce rictus qui ne pouvait que présager du pire.
"Non ! C'était ta dernière chance ! Tu es viré !"
Sa main s'abat violemment sur la table. Sur celle-ci deux boutons sont visibles. Un vert et un rouge. L'écrivain suit des yeux la main du producteur. Il transpire de plus en plus. Il ne cherche même plus à cacher sa peur.
"Pitié..."
Avec un sourire sadique, le producteur passe doucement sa main d'un bouton à l'autre... Il appuie sur le bouton rouge. Aussitôt, l'écrivain disparaît. Une trappe vient de s'ouvrir sous ses pieds. On l'entend hurler puis plus rien...
"Suivant !" annonça le producteur.
"Coupez !!! Bravo les gars c'est parfait !"
L'acteur qui joue le producteur sourit.
Une trappe s'ouvre là où l'écrivain était tombé. Un homme en sort, un grand sourire sur le visage.
"les gars vous avez été geniaux ! Ce film va nous rendre riches ! Allez, c'est fini pour aujourd'hui. On se retrouvera pour la présentation à la presse. Encore bravo les gars !"
Une fois les acteurs et l'équipe de tournage parties, le producteur du film regarda une dernière fois derrière lui avant d'éteindre les lumières du plateau de tournage. Il était satisfait. Le tournage c'était bien passé et les acteurs avait tout fait à la perfection.
Avec un dernier regard affectueux vers la caméra, il quitta le plateau.
Robert se dirigea vers la porte. Un dispositif de contrôle y était installé. Il appuya sur le bouton qui après un court instant ouvrit la porte. Dans la pièce se trouvait un lit de camp. Au sol de nombreuses canettes et boîtes vides...
Robert s'accroupit et tira une valise de sous le lit. Il l'ouvrit. À l'intérieur, des feuilles de journaux annonçant la disparition surprenante d'un président, aujourd'hui oublié de tous. Aucun mot sur la valise et le bouton évidemment... Il enleva les feuilles qui dissimulait un gros bouton rouge. Il n'avait toujours pas osé y toucher.
Il soupira, referma la valise, la remit sous le lit et parti se coucher.
Dans la nuit, un bruit le réveilla. Il en chercha l'origine. Il semblait provenir de sous le lit. Un cliqueti se fit entendre. Il attrapa la valise et l'ouvrir. Le bouton rouge paraissait se presser de lui même. Est ce son imagination ? Il posa la valise sur le lit et regarda attentivement. Non, le bouton ne bougeait pas. Mais le cliqueti ne cessait pas. Il retourna la valise mais rien....
Robert se gratta la tête... Que se passe-t-il donc... Il se retiens de presser le bouton. D'être enfin débarrasser de son fardeau...
"Oh et puis zut !" il en avait assez de vivre dans la crainte de ce bouton!
Il prit une grande inspiration et appuya.
Le bruit s'accentue alors.
Robert pris peur et se réfugia dans un coin de la chambre. "Maigre protection... " songea-t-il.
À sa grande surprise, une feuille sortie de la valise et le bruit s'arrêta enfin...
Robert s'approcha et attrapa le bout de papier. Il lut:
Félicitations vous avez été le premier à tenir aussi longtemps sans appuyer sur le bouton ! Bonne journée à vous.
Robert fut pris un fou rire irrésistible. Il s'était inquiété pendant tout ce temps pour rien ! Des années à se cacher, vivre dissimulé pour rien !
Il avait envie de rire, de danser!
Il décida de sortir. Il pouvait sortir désormais. Tout ceci n'avait été qu'une vaste blague!
Il se dirigea vers la porte de sa chambre.
Il l'ouvrit et passa le seuil.
