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L'Ours acculé

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Le lieutenant Owen courait dans les rues, dans le sang et les larmes. La Citadelle était en flamme, à l'image des taudis en pierre et en chaux autour de lui, sa vie s'écroulait. Ces rues qu'il parcourait depuis sa petite enfances, ces personnes qu'il côtoyait depuis des années, tout tombait, brûlait et mourrait. Il maudissait sa lourde cote de maille et son casque pour leur poids. Jamais il n'arriverait a temps aux Grandes Portes. Si elles se refermait avant qu'il ne les atteignent, il était condamné, il serait capturé, torturé puis tué, sans pitié par les hordes sauvages des nains. Les Nains. Jamais il n'avait vu de tels guerriers, fiers, courageux, organisés et forts comme des bœufs! Chaque petit homme en valait dix normaux. Avec de tels soldats à ses ordres, il aurait pu conquérir n'importe quelle contrée! A force de courir il arriva en vue des Grandes Portes, et avec horreur vit les gardes en train de la refermer, criant, agitant les bras dans tous les sens, il essaya d'attirer leurs attentions. A son profond désespoir, ils ne le virent pas ou firent semblant de ne pas le voir et tirèrent les portes, il vit son dernier espoir se refermer, inatteignable. Il courut, atteignit les portes et se mit a tambouriner violemment sur le bois renforcé de plaques de métal, aucune réponse ne lui parvint, ils l'avaient abandonnés, tous, étaient partis. Et alors, il sentit, il sentit, tout au fond de lui, qu'il allait mourir. Qu'il mourrait, sans pitié sont les nains, tout le monde le sait, aucun prisonnier, aucun survivant, personne pour décrire leurs attaques, personne pour préparer les prochains assiégés a se défendre. Alors, en son cœur, quelque chose se brisa, il ne pensa ni a sa femme, ni a son jeune fils, il ne pensa pas, il ressentit seulement une terreur, profonde, bestiale. Il entendit alors des pas, des cliquetis métalliques, des bruits d'armes et d'armures et sentis, dans le sol, les vibrations de milliers de pas en cadence, des milliers de soldats, soufflant, criant, haletant. Ils approchaient et lui était paralysé, incapable de bouger, de penser. Il porta alors la main a son visage, comme pour se réveiller, pour vérifier qu'il n'était pas en train de vivre un cauchemar particulièrement horrible. Il sentit alors, contre la peau de son visage, couverte de sang, de transpiration et de crasse, un objet rond, en métal, froid contre son front chaud. Il regarda l'objet, comme s'il le voyait pour la première fois. Cet objet, sa chevalière, sa bague d'allégeance. Il se souvint alors, de son serment de la vie de bataille, de mort qu'il avait vécu, il se souvint de la mort qu'il avait donné, des vies qu'il avait épargné, il se souvint de son seigneur, un homme bon, qu'il avait juré de protéger de sa vie, cet homme qu'il avait connu enfant, se souvint du respect qu'il éprouvait pour cet homme sage et bon. Il sentit alors la force du guerrier qu'il avait été se lever en lui, il sentit l'Ours vaillant qu'il était, sentit sa rage remonter a la surface de sa conscience et soudain, le submerger, une rage violente, sanglante, irrépressible. C'est lorsqu'il est acculé, que l'Ours est le plus dangereux, quand il n'a plus rien a perdre, lorsqu'il se jette dans la bataille, sans peur sans doute. A cet instant, il releva la tête et vit, autour de lui, l'avant garde naine, le regarder avec férocité, il ne voyait plus en eux les féroces guerriers qui l'avait tant effrayé, il ne voyait plus que des monstres, détruisant tout sur leurs passage, tuant et massacrant tous ceux qu'il croisaient. Il les regarda alors, avec le regard d'un homme prêt a accueillir la mort, mais qui n'abandonnerait pas, le regard d'un guerrier. Le regard d'un soldat, sûr de son trépas. Ses adversaires virent alors la façon dont il les regardait et comprirent qu'ils ne le ferait pas plier, qu'il mourrait en se défendant. Il sentit alors un frisson chez les nains, comme... de la peur! Il porta la main a sa ceinture et sentit alors sa vielle hache a double tranchant, il avait appris a se battre avec, il avait donné la mort avec, elle était couverte du sang des ennemis de sa patrie. Alors avec les réflexes accumulés de dizaines d'années passés sur les champs de bataille, il se releva, faisant tournoyer sa lourde hache haut au dessus de sa tête, même ces nains, ces animaux, furent impressionnés par sa force, quelques secondes avant d'être décapités d'un coup sec. Il abattit ainsi les trois plus proche, alors sans laisser aux autres le temps de réfléchir, il trancha un autre nain en deux, de la tête a l'abdomen, il retira sa hache. Les autres sortirent alors de leur stupeur, et se préparèrent a l'attaquer, un premier s'avança en l'attaquant avec une hallebarde mais il coupa celle ci en un mouvement. il enfonça ensuite profondément sa hache dans la poitrine de son assaillant. Abandonnant sa fidèle dans le torse du nain, il tira sa rapière de sa ceinture et para les attaques perfides de deux autres guerriers. Il para celui de gauche, pour percer celui de droite, a la gorge, le sang en gicla immédiatement, il tomba en hurlant. Alors, l'autre soldat lui planta sa lance courte dans la cuisse, hurlant de douleur, les yeux luisant de rage, il ouvrit la gorge de ce dernier. Il sentit alors la brûlure froide de sa blessure, sa jambe le lançant violemment. Il regarda devant lui, il restait trois soldats de la troupe de nains, il envoya droit vers la tête du premier son premier couteau de lancer, il chercha l'autre a sa ceinture mais ne le trouva pas, il avait du tomber, pas le temps de le chercher, un autre soldat le chargeait, pas le temps de porter la main a sa rapière, il prit la charge du nain en plein dans la poitrine, il ressentit alors ses poumons se vider, et sentit au moins une côte se briser, il vola sur au moins trois mètres et retomba lourdement sur le sol et senti tout le poids de son armure sur lui. affolé il chercha sa rapière mais ne la trouva pas, il chercha précipitamment autour de lui, fouillant frénétiquement le sol de ses mains fébriles et tomba soudain sur une poignée, il palpa l'objet et l'analysa comme étant une épée courte, il l'a prit et se relevant avec difficulté, l'enfonça d'un coup sec dans les entrailles bouillonnantes du nain qui l'avait assaillit, le laissant agoniser au sol, alors, il sentit une lame froide pénétrer avec difficulté en lui. Le dernier nain! il l'avait oublié, il venait de lui enfoncer une lance dans le bas ventre, profondément. Il sentit alors le sang bouillonner a ses lèvres et couler sur sa gorge. Il sentit la mort arriver. Il ne vit pas sa vie défiler devant ses yeux. Il ne vit pas sa famille. Il ne vit pas de lumière. Non. La dernière chose qu'il vit fût le visage hargneux d'un nain, aucun regret dans le regard, seulement du respect pour lui, pour ce qu'il avait fait. Le regard d'un combattant a un autre, Un regard de respect mutuel, de compréhension. Sa vision s'assombrit alors et sa dernière pensée fût qu'une vie de soldat ne pouvait s'achever que dans le sang. Par une mort de soldat.

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⏰ Last updated: Aug 10, 2019 ⏰

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